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Egypte : la révolte gronde contre le pouvoir militaire


le 19 juin 2012 à 11h12 , mis à jour le 19 juin 2012 à 11h14.
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4min
Egypte : Manifestation Place Tahrir au Caire, le 8 juillet 2011.

Egypte : Manifestation Place Tahrir au Caire, le 8 juillet 2011. / Crédits : TF1 News

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AfriqueIslamistes et mouvements à l'origine de la révolte anti-Moubarak appellent à manifester place Tahrir contre la volonté des militaires de rester au pouvoir. Deux jours avant l'annonce des résultats de la présidentielle, le Conseil suprême des forces armées a décidé de garder le pouvoir législatif.

Quel que soit le prochain président égyptien, il aura en partie les mains liées par l'armée. Alors qu'Ahmad Chafiq, dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, et Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans, affirment tous deux être en tête avant la publication des résultats officiels du deuxième tour de l'élection, l'armée s'est, de manière fort peu discrète, octroyée des prérogatives inédites. Le pouvoir militaire, incarné par le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, a publié dimanche soir une "Déclaration constitutionnelle complémentaire". A travers elle, il compte garder pour lui le pouvoir législatif et contrôler d'autres verrous institutionnels au nom de "l'équilibre des pouvoirs". Cette Déclaration stipule en outre que le CSFA garde la haute main sur "tout ce qui relève des forces armées" et lui octroie un droit de veto sur tout article de la future Constitution qu'il estimerait "contraire aux intérêts suprêmes du pays". Les Frères musulmans et les partis de la mouvance "révolutionnaire" ont eu beau parler de "coup d'Etat", le CSFA n'en a pas moins affirmé lundi sa volonté de remettre les clés de l'exécutif au futur président avant la fin du mois. Pour un mandat qui serait en partie vidé de son contenu...

Les prérogatives législatives, assumées par le CSFA après le départ de Moubarak, avaient été transférées un an plus tard au Parlement issu des urnes. Mais la chambre des députés, dominée par les Frères musulmans, a été dissoute samedi au motif d'irrégularités dans le mode de scrutin. Et désormais, face à cette volonté quasi assumée de l'armée de conserver le pouvoir, la place Tahrir, au Caire, se prépare à une journée de manifestation, avec notamment la participation des Frères musulmans. Les appels à manifester ont été lancés par des organisations de jeunes militants pro-démocratie et la confrérie islamiste. Le rassemblement est prévu dans l'après-midi et des cortèges doivent se diriger vers le siège du Parlement, tout proche.

L'assemblée constituante traîne aussi des pieds

Défiant elle aussi les militaires, l'assemblée constituante égyptienne s'est réunie pour la première fois lundi au Caire, dans le bâtiment du Parlement dissous. Elle a choisi pour la présider un juge respecté, Hossam al-Ghariani, qui dirige le Conseil suprême de la justice et la Cour de cassation, et a décidé de se réunir de nouveau samedi. Cette assemblée de cent membres, désignée par le défunt Parlement jugé illégal par la justice égyptienne, est censée rédiger une nouvelle constitution dans le cadre du processus de transition. "On continuera à se réunir, même si nous devons rester sur le trottoir, ou alors il faudra qu'ils envoient contre nous des 'snipers'", a dit le député libéral Mohamed el Saoui, alors que les employés du Parlement avaient reçu pour consigne d'empêcher les membres de l'assemblée d'entrer dans le bâtiment.

Le bras de fer entre les deux parties intervient à deux jours de l'annonce officielle des résultats de la présidentielle égyptienne, qui a profondément divisé le pays et fait redouter de nouvelles tensions. Les Etats-Unis se sont dits lundi "profondément inquiets" des prérogatives que s'est attribuées la junte militaire égyptienne. Washington attend du CSFA qu'il transfère "l'intégralité du pouvoir à un gouvernement civil démocratiquement élu, comme le CSFA l'avait auparavant annoncé", a déclaré le porte-parole du ministère américain de la Défense, George Little. L'Union européenne a salué de son côté "l'étape majeure" de l'élection présidentielle en Egypte mais a appelé au respect de la transition démocratique et estimé que la situation institutionnelle et légale devait être "clarifiée le plus vite possible" après la Déclaration de l'armée.

Commenter cet article

  • vingas : Et allez, encore une petite révolution ....

    Le 19/06/2012 à 15h31
  • kolbb1 : Entre des élus surement critiquables de l'ancien régime, et les islamistes opportunistes aveuglés par la religion, ils ne sont pas sortis de la ...pyramide les Egyptiens. D'autre part , il ne faut pas perdre de vue que le tourisme est très important pour leur économie, si la situation se complique, gare au désastre financier...

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