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L'Egypte vote en masse pour les premières législatives post-Moubarak


le 28 novembre 2011 à 06h49 , mis à jour le 28 novembre 2011 à 23h06.
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4min
Les Egyptiens ont voté librement pour la première fois après trente années de présidence Moubarak/Image d'archives

Les Egyptiens ont voté librement pour la première fois après trente années de présidence Moubarak/Image d'archives / Crédits : TF1/LCI

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AfriquePrès de 10 mois après la révolution qui a mis fin aux 30 années du règne sans partage de Moubarak, les Egyptiens se rendaient lundi dans les bureaux de vote, pour la première grande étape de la transition démocratique.

Après une semaine de contestation, les élections législatives ont débuté lundi en Egypte, première grande étape de la transition démocratique depuis la chute du président Hosni Moubarak le 11 février dernier. Et la participation est plus importante que prévue, a annoncé le chef de la Haute commission électorale. Les opérations de vote se déroulaient sans problème de sécurité en dépit du contexte politique tendu dans le pays. "Il n'y a pas eu de problème de sécurité jusqu'à présent, Dieu merci. C'était pourtant notre principale préoccupation", a-t-il dit. Il a toutefois fait état de certains problèmes logistiques qui ont retardé le début du vote dans certains bureaux, affirmant que les bureaux concernés  compenseraient ce retard en restant ouverts au-delà de l'heure de fermeture.

Sur place, au contexte alors euphorique du soulèvement populaire a succédé la défiance à l'égard des généraux au pouvoir, dont des milliers de manifestants réclament le départ depuis plus d'une semaine. Près de dix mois après la révolution qui a mis fin aux trente années du règne sans partage de Moubarak, le changement politique tarde à se concrétiser, malgré la promesse des militaires d'assurer la transition vers un régime civil. La frustration a éclaté ces jours derniers lors des rassemblements place Tahrir, haut-lieu de la révolution dans le centre du Caire. La contestation a basculé dans la violence, faisant 42 morts. Sous la pression de la rue, le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis le renversement de Moubarak, a accepté d'accélérer le transfert du pouvoir aux civils, promis d'ici juillet, en organisant l'élection présidentielle avant la fin juin.

Des élections divisées en phases
 
Les élections législatives, dont la première phase est étalée jusqu'à mardi, ont été maintenues malgré les troubles. Les Frères musulmans et d'autres partis islamistes, qui abordent le scrutin avec de fortes espérances, se sont tenus à l'écart des manifestations. Il est difficile de savoir si l'électorat les sanctionnera pour cette raison ou si l'organisation et la discipline des Frères musulmans permettront à leur parti nouvellement formé, Liberté et Justice, de triompher sur la myriade de groupes et de candidats indépendants qui se présentent.

Compte tenu de la complexité du processus électoral, du nombre de partis apparus depuis la chute de Moubarak et du caractère novateur de ces élections dans un pays où les scrutins étaient jusque-là verrouillés, tout pronostic est particulièrement audacieux. Les analystes jugent cependant qu'aucun parti ne sera en mesure d'obtenir une majorité claire. Ils s'attendent à ce que le camp islamiste totalise un score de l'ordre de 40% des voix et les libéraux un tiers. L'élection des 498 représentants de la chambre basse se déroulera en trois phases étalées sur douze jours qui s'achèveront le 10 janvier. Ces législatives seront suivies en mars par l'élection de la chambre haute du parlement, elle-même divisée en trois phases.

Calendrier bousculé

Les élections libres sont une nouveauté dans le pays où les autorités et les forces de sécurité ont truqué les scrutins pendant des décennies en faveur du Parti national démocratique, le parti pro-Moubarak aujourd'hui dissous. Le taux de participation des 50 millions d'électeurs inscrits sera un premier indicateur précieux de l'opinion. La chambre basse du parlement sera le premier organe élu au niveau national depuis la chute de Moubarak, un fait qui à lui seul pourrait lui permettre d'entamer le monopole du pouvoir des militaires. Le général Mamdouh Chahine, membre du CSFA, a néanmoins déclaré que la nouvelle assemblée n'aurait pas le pouvoir de destituer un gouvernement nommé par le Conseil. Mais cette affirmation a été contredite par Kamal Ganzouri, Premier ministre pourtant nommé par l'armée à la tête d'un gouvernement de "salut national" vendredi en remplacement d'Essam Charaf.

Ganzouri, déjà rejeté par les manifestants de Tahrir en raison de son âge - 78 ans - et de son passé d'ancien Premier ministre d'Hosni Moubarak entre 1996 et 1999, n'a pas exclu dimanche soir qu'une majorité parlementaire soit à même de former un nouveau gouvernement. Les militaires avaient d'abord envisagé qu'une fois élue la chambre haute en mars, le parlement choisirait une assemblée constituante de 100 membres chargée d'élaborer une loi fondamentale soumise à référendum, avant la tenue d'une présidentielle. Ce calendrier, qui aurait permis à l'armée de rester au pouvoir jusqu'à fin 2012 ou début 2013, a été bouleversé par les derniers événements.

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  • lucidite : Que c'est touchant de voir toutes ces femmes qui découvrent des urnes, qui votent pour la première fois, et qui plébiscent massivement le parti qui va faire en sorte que ce soit leur dernière fois!

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