Egypte : pourquoi les Frères musulmans restent en retrait

le 24 novembre 2011 à 11h03 , mis à jour le 24 novembre 2011 à 20h05

Dossier : Egypte : et maintenant la présidentielle

La place Tahrir connaît un fragile retour au calme après des journées de heurts qui ont fait des dizaines de morts. Paradoxalement, les Frères musulmans évitent d'ajouter à la tension, à quelques jours des législatives. Voici pourquoi.

[Expiré] Mohammed Mursi, porte-parole des Frères musulmans, lors d'une conférence de presse (février 2011) © AFP / M. Longari

Depuis bientôt une semaine, des dizaines de milliers de contestataires occupent la place Tahrir, au Caire. De violents affrontements opposent régulièrement la police à ces manifestants qui réclament le départ des militaires au pouvoir, malgré la promesse du chef de l'armée d'organiser une présidentielle mi-2012 pour un retour au pouvoir civil. A quelques jours du début, lundi, de législatives cruciales, une trêve conclue entre la police antiémeute égyptienne et les manifestants de la place Tahrir a permis un fragile retour au calme ; mais la tension reste palpable au centre de la capitale, tout comme dans plusieurs villes du pays, où au moins 35 personnes ont été tuées et plus de 2000 blessées depuis le début des heurts. Les forces de l'ordre ont été accusées par des militants et des médecins de viser les manifestants aux yeux avec des tirs de balles en caoutchouc. L'usage massif de gaz lacrymogènes a également été mis en cause dans des morts par asphyxie. Des décès par tirs de balles réelles ont également été signalés par des médecins.

  • Egypte : islamistes modérés contre salafistes

    La deuxième phase des législatives qui s'ouvre en Egypte pourrait bien exposer au grand jour les divisions du camp islamiste, pourtant largement vainqueur du premier tour avec 65% des voix. Les Frères musulmans tentent d'améliorer leur image, quand les salafistes du parti Al-Nour durcissent le ton.

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  • Egypte : les listes islamistes remportent deux tiers des voix

    Avec 65% des voix au premier tour des législatives, les listes islamistes sont très loin en tête avant le début du deuxième tour. Mais le camp islamiste est divisé entre les Frères musulmans et les salafistes du parti Al-Nour, et il tente d'améliorer son image.

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  • Egypte : les islamistes attendent l'annonce de leur victoire

    Alors que l'Egypte attend le résultat des législatives, le parti fondé par les Frères musulmans table sur 40% des voix et se dit en tête du scrutin nominal. Le parti Al Nour, l'une des formations salafistes, espère obtenir jusqu'à 20% des sièges. Mais une coalition ne semble pas à l'ordre du jour.

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  • L'Egypte vote en masse pour les premières législatives post-Moubarak

    Près de 10 mois après la révolution qui a mis fin aux 30 années du règne sans partage de Moubarak, les Egyptiens se rendaient lundi dans les bureaux de vote, pour la première grande étape de la transition démocratique.

    Publié le 28/11/2011 L'Egypte vote en masse pour les premières législatives post-Moubarak
  • Egypte : démonstration de force au Caire avant les législatives

    A la veille des élections législatives égyptiennes, le bras de fer continue. Les manifestants se sont de nouveau massés place Tahrir au centre du Caire, dimanche, afin de presser les militaires de quitter rapidement le pouvoir.

    Publié le 27/11/2011 Egypte : démonstration de force au Caire avant les législatives
  • Mobilisation pré-électorale place Tahrir

    A la veille de l'ouverture de législatives cruciales pour l'avenir de l'Egypte, les appels se sont multipliés pour renforcer les manifestations réclamant le départ des militaires au pouvoir.

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  • Egypte: ElBaradei prêt à diriger un gouvernement d'union nationale

    Mohamed ElBaradei, ancien chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et prix Nobel de la Paix à ce titre, s'est dit samedi prêt à renoncer à ses ambitions présidentielles pour diriger un gouvernement d'union nationale.

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  • Egypte : nouvelles violences place Tahrir

    Les heurts ont fait un mort samedi matin sur la grande place du Caire, lorsque la police anti-émeute a attaqué des manifestants qui avaient campé toute la nuit devant le siège du gouvernement.

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  • Egypte : un gouvernement avec des jeunes sous une semaine...

    Kamal al-Ganzouri, nommé Premier ministre par l'armée au pouvoir en Egypte, a affirmé espérer former son gouvernement de salut national "avant la fin de la semaine prochaine", appelant à attribuer des portefeuilles à des jeunes.

    Publié le 25/11/2011 Egypte : un gouvernement avec des jeunes sous une semaine...
  • Egypte : grosse manifestation place Tahrir contre l'armée

    L'appel des manifestants de la place Tahrir à un "vendredi de la dernière chance" est massivement suivi, malgré la nomination d'un nouveau Premier ministre.

    Publié le 25/11/2011 Egypte : grosse manifestation place Tahrir contre l'armée
  • Egypte : l'armée donne des gages, la rue veut des actes

    Les manifestants de la place Tahrir appellent à un "vendredi de la dernière chance", alors que l'armée, tout en excluant de quitter le pouvoir, s'efforce de calmer la contestation en cherchant une nouvelle équipe dirigeante et un possible "gouvernement de salut national".

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  • Egypte : l'armée nomme un ex-Premier ministre de Moubarak

    Alors que les manifestants de la place Tahrir ont appelé à un "vendredi de la dernière chance", l'armée cherche une nouvelle équipe dirigeante. Parallèlement, RSF déconseille aux médias d'envoyer en Egypte des femmes journalistes après l'agression jeudi d'une journaliste de France 3.

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  • Egypte: un ancien Premier ministre chargé de former un gouvernement ?

    Kamal el-Ganzouri, ancien Premier ministre sous le régime de Moubarak, a été chargé par l'armée au pouvoir de former un gouvernement en Egypte, après plusieurs jours de manifestations et d'affrontements.

    Publié le 24/11/2011 Egypte: un ancien Premier ministre chargé de former un gouvernement ?
  • Egypte : la protestation s'amplifie

    Pour la 5e journée consécutive, les incidents se sont multipliés mercredi entre les manifestants qui réclament le départ immédiat de l'armée du pouvoir et les forces de l'ordre.

    Publié le 23/11/2011 Egypte : la protestation s'amplifie
  • Egypte : "L'armée s'est mise elle-même dans une impasse"

    INTERVIEW - Les manifestations contre le pouvoir de l'armée continuent, avec son lot de répression. Se dirige-t-on vers une nouvelle révolution ? Quid des législatives qui doivent débuter la semaine prochaine ? Les réponses de TF1 News avec Pierre Vermeren, historien du monde arabe et maître de conférences à Paris I.

    Publié le 22/11/2011 Egypte : "L'armée s'est mise elle-même dans une impasse"
  • Egypte: flou sur le gouvernement, manifestation massive attendue

    Le Conseil suprême des forces armées au pouvoir a appelé lundi soir les forces politiques à une réunion d'urgence, au 3e jour d'affrontements meurtriers dans le pays. Le gouvernement a démissionné, mais l'armée n'a pas précisé si cette décision avait été acceptée. Le maréchal Tantaoui devait s'adresser à la nation "sous peu", selon la télévision d'Etat.

    Publié le 22/11/2011 Egypte: flou sur le gouvernement, manifestation massive attendue
  • Egypte : démonstration de force des islamistes avant les législatives

    A dix jours du scrutin, des dizaines de milliers de manifestants, en majorité liés aux Frères musulmans, ont exigé que l'armée transfère au plus tôt le pouvoir aux civils et dénoncé un projet accusé de permettre aux militaires de garder des privilèges.

    Publié le 18/11/2011 Egypte : démonstration de force des islamistes avant les législatives
  • Egypte : plus de 10 morts dans des affrontements place Tahrir

    Au moins 11 personnes ont péri dimanche sur la place Tahrir, dont au moins quatre par balles réelles, ont annoncé des médecins dans des hôpitaux de campagne sur cette place du centre de la capitale égyptienne.

    Publié le 20/11/2011 Egypte : plus de 10 morts dans des affrontements place Tahrir
  • Egypte : l'armée au pouvoir face à une nouvelle vague de contestation

    Des heurts ont éclaté dans plusieurs villes du pays ces dernières heures, faisant 20 morts. Les manifestants craignent que l'armée ne rende pas le pouvoir après les élections.

    Publié le 21/11/2011 Egypte : l'armée au pouvoir face à une nouvelle vague de contestation
  • Egypte : les violences perdurent, la protestation enfle

    Pour le troisième jour consécutif, les manifestants réclamant le départ de l'armée du pouvoir se sont encore violemment heurtés ce lundi aux forces de l'ordre. Ils appellent à une "marche d'un million" de personnes pour mardi. Le tout à moins d'une semaine du début des législatives.

    Publié le 21/11/2011 Egypte : les violences perdurent, la protestation enfle
  • Egypte : l'armée appelle à une réunion d'urgence des partis

    Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte depuis la chute du président Hosni Moubarak en février, a appelé lundi soir dans un communiqué les forces politiques à une réunion d'urgence, au troisième jour d'affrontements meurtriers dans le pays.

    Publié le 21/11/2011 Egypte : l'armée appelle à une réunion d'urgence des partis
  • Que se passe-t-il en Egypte ?

    Simple accès de colère contre le pouvoir toujours géré par l'armée ou prémices d'une "seconde révolution" ? A une semaine du début des législatives, les incidents de ce week-end au Caire -plus de 20 morts- tombent en tout cas au plus mal pour la transition démocratique.

    Publié le 21/11/2011 Que se passe-t-il en Egypte ?
  • Crise en Egypte : les annonces de l'armée ne calment pas la rue

    Reportage au Caire. En Egypte, les affrontements sont toujours meurtriers entre police et manifestants, place Tahrir.

    Publié le 23/11/2011 Crise en Egypte : les annonces de l'armée ne calment pas la rue
  • Retour des manifestations : qu'en pensent les Egyptiens ?

    Reportage au Caire - A quelques jours des élections législatives en Egypte, de nouvelles manifestations meurtrières ont éclaté place Tahrir. Plus de 20 personnes ont trouvé la mort lors de violents affrontements. Des violences que certains Egyptiens ne comprennent pas toujours.

    Publié le 22/11/2011 Retour des manifestations : qu'en pensent les Egyptiens ?
  • Egypte : la place Tahrir de nouveau à feu et à sang

    Les heurts entre les manifestants hostiles au pouvoir militaire et les forces de l'ordre se sont poursuivis place Tahrir au Caire lundi. Les manifestants réclament la fin du pouvoir militaire qui s'est installé depuis la chute de Moubarak. Lundi soir, le gouvernement a présenté sa démission.

    Publié le 21/11/2011 Egypte : la place Tahrir de nouveau à feu et à sang
Plus d'infos

Face à ces violences meurtrières, le Conseil suprême des forces armées, dans un communiqué publié sur sa page Facebook, a exprimé "ses regrets et ses profondes excuses pour la mort en martyrs d'enfants loyaux de l'Egypte". Dans une prise de position d'une fermeté inédite, le grand imam d'Al-Azhar, plus haute institution de l'islam sunnite, qui siège au Caire, a appelé la police à ne pas tirer sur les manifestants et l'armée à éviter les affrontements "au sein d'un même peuple". Pour leur part, jouant un rôle plutôt inédit d'apaisement, les Frères musulmans se démarquent des manifestants et tentent de ménager l'armée avant les législatives. Un rendez-vous électoral dont ils comptent bien sortir vainqueurs et qu'ils ne voudraient pas voir reporter après avoir espéré des années parvenir au pouvoir.

"Leur objectif est clair, ce sont les élections"

Pierre Vermeren, historien du monde arabe et maître de conférences à Paris I, interrogé en début de semaine par TF1 News, évoquait ouvertement le risque d'un report du scrutin alors "que la sécurité n'est pas assurée dans le pays" et "d'un scénario à la tunisienne", avec non pas des législatives classiques, mais la mise en place d'une Assemblée constituante impliquant un changement de régime. Il soulignait alors : "Même les islamistes, donnés favoris des législatives, n'y sont pas hostiles à la vue de la victoire d'Ennahda en Tunisie". Mais ce serait plutôt un pis-aller, car pour l'heure, les Frères musulmans, considérés comme la force politique la mieux organisée du pays, ont tout capitalisé sur ces législatives, après des décennies de répression et de marginalisation.

Après la chute de Hosni Moubarak le 11 février sous la pression de la rue, la confrérie islamiste a formé un parti politique légal, le "Parti de la liberté et de la justice", pour pouvoir participer ouvertement aux élections, alors que sous l'ancien régime elle présentait des candidats sous l'étiquette d'indépendants. Elle s'est efforcée de lisser quelque peu son image dans la perspective d'une arrivée au pouvoir : ainsi, officiellement, la confrérie ne se prononce plus clairement pour un "Etat islamique", même si plusieurs de ses candidats aux élections ont pour leitmotiv "l'islam est la solution". Et c'est cette ambiguïté même qui inquiète.

"Des relations amicales avec les militaires"

"Les 'Ikhwane' (Frères) ne veulent aucun obstacle aux élections car ils tentent de parvenir au pouvoir à travers ce scrutin", affirme à l'AFP Moustapha Kamel el-Sayyed, professeur de sciences politiques à l'Université du Caire. "Ils sont opposés au départ immédiat de l'armée car cela plongerait l'Egypte dans la tourmente et reporterait de fait les élections", ajoute-t-il. Après le soulèvement de février, plusieurs dirigeants des Frères s'étaient voulus rassurants en affirmant qu'ils ne comptaient pas prendre le pouvoir, mais il semble clair qu'ils n'ont pas l'intention de se faire "voler" l'échéance des législatives qu'ils voient comme la plus importante depuis leur création en 1928. "Leur objectif est clair, ce sont les élections. C'est capital pour eux", abonde Dia Rashwan, expert au Centre d'études politiques et stratégiques Al Ahram.

Kamel el-Sayyed souligne un "recoupement d'intérêts" entre le Conseil suprême des forces armées (CFSA), qui dirige le pays depuis la chute de Moubarak, et la confrérie. "Ils gardent des relations amicales avec les militaires, c'est un choix stratégique qu'ils ont fait pour ne pas retarder les élections", précise l'expert. "Ils évitent la rupture", dit-il, même s'il leur arrive de manifester, comme ils l'ont fait le 18 novembre pour critiquer un projet qui pourrait priver le Parlement du droit de contrôler le budget de l'armée et laisserait aux militaires le dernier mot pour toute législation les concernant. Les Frères sont déjà parvenus au maintien de l'article 2 de la Constitution, qui fait de l'islam la religion d'Etat et des "principes de la loi islamique" la "source principale" d'inspiration de la législation égyptienne. Des dispositions qui sont très critiquées dans les milieux laïcs et chez les coptes, les chrétiens d'Egypte.

le 24 novembre 2011 à 11:03
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5 Commentaires

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  • ewokes, le 25/11/2011 à 05h57

    Ta conclusion me tarde de se réaliser. Vivement que l'échiquier soit rééquilibrer.

  • nka de fes, le 24/11/2011 à 21h16

    Vrai

  • sun2010, le 24/11/2011 à 14h53

    Les Islamistes veulent gagner le pouvoir de manière "démocratique" ainsi aucune entité internationale ne pourra remettre en cause leur légitimité. Ce n'est pas que leur dessein est changé, car leur objectif reste le même, la domination de l'Islam a travers le monde, mais des savants de l'Islam tel que Youssef Al-Qardaoui ( président du Conseil Européen des fatwa et de la Recherche, Président Internationale des savants musulmans) savent que la guerre idéologique ne se gagnera pas par l'épée, mais par la politique. Et c'est également ce qui est entrain de se passer en Tunisie avec le partie Ennadah dont le président Al-Ghanouchi( membre du Conseil Européen des Fatwas, vice-président du Conseil Internationale des savant musulmans) donc un proche pour ne pas dire bras droit de Al-Qardaoui, est entrain de réaliser au Maghreb. Il a d'ailleurs été reçu il y a 2 jours comme un futur président Tunisien par Boutlefika en Algérie. Tous les pions sont entrains de se mettre en place autour d'Israël ....

  • j.bon, le 24/11/2011 à 13h06

    Parce qu'ils tirent les ficelles en sous main et qu'ils comptent bien tirer les marrons du feux

  • untitideparis, le 24/11/2011 à 12h50

    Si il y a bien une question qu'il ne faut pas poser c'est celle-ci car c'est une évidence et ils ne peuvent que remercier l'occident!

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