Près de 50 millions d'Egyptiens sont appelés à élire samedi et dimanche le successeur de Hosni Moubarak, renversé par un soulèvement populaire en février 2011. Ils auront le choix entre le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq, et le Frère musulman Mohammed Morsi. Mais la transition vers la démocratie semblait en péril après deux décisions rendues par la Haute cour constitutionnelle jeudi, l'une invalidant les résultats du scrutin législatif pour un vice dans la loi électorale, l'autre permettant à M. Chafiq de rester dans la course en dépit d'une loi interdisant aux figures de l'ancien régime de se présenter.
Des islamistes et des membres des forces politiques issues de la mouvance "révolutionnaire" ont dénoncé un véritable "coup d'Etat" orchestré par l'armée au pouvoir. La mise hors-jeu de l'Assemblée du peuple pourrait permettre au Conseil suprême des forces armées (CSFA) de récupérer le pouvoir législatif. Les Etats-Unis se sont dits "préoccupés" par l'invalidation des résultats des législatives, en ajoutant qu'ils étudiaient les "implications" de cette décision.
Deux jours fériés pour voter
M. Chafiq, arrivé deuxième au premier tour des 23 et 24 mai après une campagne axée sur la sécurité, a multiplié ces derniers jours les promesses de "reconstruire un Etat et une économie modernes", de "lancer des grands projets pour résorber le chômage" et de "garantir les libertés individuelles et de la presse".
L'armée a quant à elle averti vendredi qu'elle ferait "fermement face à quiconque empêcherait les citoyens de choisir le futur président de l'Egypte". Elle a aussi annoncé le déploiement de 150.000 militaires pour assurer la sécurité dans plus de 13.000 bureaux de vote à travers le pays. Conformément à la loi électorale, les deux candidats sont astreints au silence. Pour inciter la population à voter, les autorités ont décrété samedi et dimanche jours fériés.







