Omar Souleimane, le 6 février 2011. © LCILes participants au dialogue entre le régime égyptien, incarné par le vice-président Omar Souleimane et l'opposition - dont les Frères musulmans - ont convenu dimanche de créer un comité pour préparer des amendements à la Constitution d'ici la première semaine de mars, selon le porte-parole du gouvernement, Magdi Radi. Le comité "comptera le pouvoir judiciaire et un certain nombre de personnalités politiques, pour étudier et proposer des amendements constitutionnels et les amendements législatifs requis", a annoncé Magdi Radi. D'après lui, les participants à la séance de dimanche se sont mis d'accord sur "une transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution". Leur communiqué, lu par M. Radi, propose l'ouverture d'un bureau destiné à recevoir les plaintes concernant les prisonniers politiques, la levée des restrictions imposées aux médias et le rejet de "toute ingérence étrangère dans les affaires égyptiennes". Le texte appelle aussi à la levée de l'état d'urgence, "selon la situation sécuritaire". Dès les débuts de la contestation, Google a mis en place un système de contournement de la censure pour permettre aux Egyptiens d'accéder à Twitter, vecteur de mobilisation. Et c'est un cadre égyptien de Google, Wael Ghonim, qui est devenu l'un des symboles du mouvement. Maintenant la pression, la Maison Blanche a estimé que la poursuite de la mobilisation populaire en Egypte montrait que les réformes politiques n'étaient encore pas suffisantes. Ce cadre de Google, relâché lundi après douze jours de détention, a été accueilli mardi de manière triomphale par les manifestants de la place Tahrir, épicentre de la révolte au Caire. Malgré les avancées politiques et sociales offertes par le pouvoir, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées mardi après-midi dans le centre du Caire pour réclamer le départ du président. Il s'agirait des manifestations les plus importantes depuis le début de la mobilisation. Le président, qui joue l'essoufflement du mouvement de protestation contre lui, a promis une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites. Hosni Moubarak, dont le gouvernement a entamé le dialogue avec une partie de l'opposition ce week-end, parie sur la lassitude. Si la vie reprend son cours au Caire, les protestataires continuent néanmoins d'occuper la place Tahrir. <b> Analyse -</b> Jean-Noël Ferrié, directeur de recherches au CNRS sur l'Egypte, explique que le président Hosni Moubarak, soutenu par l'armée, maître de la situation, n'ira pas plus loin que les avancées déjà annoncées. Malgré l'apparent bonne volonté du pouvoir pour dialoguer et les scénarios imaginant la sortie de scène de Moubarak, le raïs semble toujours accroché à son fauteuil. La contestation populaire était dimanche dans sa 13eme journée. Le président n'aurait pas quitté la tête du Parti national démocrate, le parti au pouvoir en Egypte, rapporte la télévision d'Etat, contredisant des premières informations. Peu auparavant, la télévision avait annoncé la démission du bureau exécutif du PND. Le président américain a laissé entendre vendredi que son homologue égyptien devrait quitter le pouvoir, sans l'appeler explicitement à la démission. L'Union européenne a quant à elle insisté pour que l'Egypte engage une transition "maintenant". Selon LeMonde.fr, le cabinet de François Fillon affirme avoir suspendu les autorisations d'exportations de matériel de guerre vers l'Egypte. Cette instruction aurait été donnée lors d'une réunion le 27 janvier. Au soir d'une nouvelle journée de mobilisation massive en Egypte, Obama a expliqué que les détails de la transition en Egypte seraient déterminés par les Egyptiens. Selon le New York Times, les Etats-Unis discuteraient avec des responsables égyptiens des modalités d'un départ immédiat du président Hosni Moubarak. Ils réfléchiraient à un transfert du pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par le vice-président Omar Souleimane. Comme mardi, plusieurs centaines de milliers de personnes participent dans tout le pays à la mobilisation, baptisée "Vendredi du départ", contre le président. Au Caire, l'armée, présente en force, garantit le calme du grand rassemblement de la place Tahrir. Le pouvoir semble rester inflexible. Dans une interview à ABC, le raïs déclare qu'il en a "assez après 62 ans dans la fonction publique" et qu'il aimerait partir, mais il redoute que l'Egypte sombre dans le chaos s'il démissionnait maintenant. <b> Témoignage -</b> Pierre Grange, notre collègue interpellé et interrogé pendant une quinzaine d'heures jeudi avant d'être libéré dans la nuit, raconte son expérience à LCI. De son côté, Catherine Nayl, la directrice de l'information de TF1, souligne que "les médias du monde entier ne doivent pas céder à l'intimidation". Michèle Fines, envoyée spéciale de TF1 au Caire, constate que l'ambiance sur la place Tahrir est plus détendue que les jours précédents. Mais une nouvelle manifestation doit avoir lieu vendredi après-midi. <b> Exclusif TF1- </b> Regardez sur TF1 News l'intégralité de l'entretien accordé par le secrétaire général de la Ligue arabe et possible successeur d'Hosni Moubarak à Michèle Fines, l'envoyée spéciale de TF1 au Caire. Les envoyés spéciaux des médias français sont devenus des cibles en Egypte, victimes de violences, voire de "lynchages", de la part des partisans du président Moubarak qui les accusent de déstabiliser le régime. Une équipe de trois journalistes de TF1 a notamment été arrêtée jeudi. Le point. La révolte populaire réclamant le départ du président Hosni Moubarak depuis dix jours a viré à l'affrontement armé place Tahrir, coeur de la contestation au Caire, où le bilan des heurts entre partisans et contestataires s'élevait jeudi à au moins cinq morts. Les conditions de travail de la presse étrangère sont extrement difficiles au Caire. Des journalistes ont été battus et une équipe de TF1 a été arrêtée. La suite de l'histoire en Egypte s'écrira sans aucun doute avec les Frères Musulmans. Ce mouvement islamiste est incontournable dans la société égyptienne et compte bien peser dans l'après-Moubarak après des décennies de répression. L'UNESCO s'inquiète tout particulièrement de la dégradation des trésors archéologiques égyptiens. Les pillages dans les musées mettent en danger le patrimoine exceptionnel de ce pays. Face à cette contagion, un pays se sent isolé. C'est Israël. Christophe Pallée, envoyé spécial de TF1 à Jérusalem analyse la situation. En Algérie, des émeutes contre la vie chère ont déjà eu lieu début janvier. Face à une situation explosive, le président Bouteflika a tenté de calmer les esprits en annonçant la levée prochaine de l'état d'urgence en vigueur depuis 19 ans. A Washington, la gêne est perceptible depuis le début de cette crise. L'Egypte est un allié stratégique des Etats-Unis dans la région. Le point sur avec Gilles Bouleau, correspondant de TF1. Les Egyptiennes sont nombreuses à s'impliquer dans cette révolution. Pour elles, cela représente un vent de liberté alors que la société connaît un retour à une rigidité religieuse. Après plus de 10 jours de manifestations, des responsables souhaiteraient une "sortie honorable" pour le président Hosni Moubarak, dont les adversaires réclament le départ immédiat. Les dirigeants des 27 pays de l'UE ont demandé vendredi que la transition démocratique en Egypte commence "maintenant" et menacé à demi-mot de revoir leur aide économique avec ce pays si les violations des libertés publiques se poursuivent. Des centaines de milliers d'Egyptiens sont descendus dans les rues vendredi pour réclamer le départ du président Hosni Moubarak, au 11e jour des protestations marqué par la présence de personnalités politiques sur la place symbole de la contestation au Caire, noire de monde. Les voyagistes français ont prolongé jusqu'au 14 février la suspension de tous les départs de vacanciers pour la Tunisie et l'Egypte. Chaque jour, des centaines de Français rentrent en France. Ils racontent. Plus de 3.000 manifestants se sont rassemblés vendredi dans le centre d'Amman, la capitale jordanienne, pour réclamer des réformes politiques et la liberté d'expression.
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En plus des Frères musulmans, certains des groupes ayant participé aux manifestations depuis le 25 janvier pour obtenir le départ du président Hosni Moubarak étaient présents, ainsi que les partis Wafd (libéral) et Tagammou (gauche), des membres d'un comité choisi par les groupes pro-démocratie ayant lancé le mouvement de contestation ainsi que des figures politiques indépendantes et des hommes d'affaires. C'est la première fois en un demi-siècle que le pouvoir et les Frères musulmans, officiellement interdits et bête noire du régime, discutent publiquement. Ces discussions interviennent après des concessions du gouvernement visant à apaiser les manifestants. Mais plusieurs des groupes impliqués dans le mouvement de contestation ont refusé de participer au dialogue tant que le président Moubarak n'aurait pas démissionné.
Selon l'un des participants, Souleimane a refusé lors de cette réunion un appel de l'opposition à assumer les pouvoirs de Moubarak.
Soutien prudent de Washington
"Nous allons attendre pour juger sur pièces de l'évolution" de ce dialogue, "mais nous avons été très clairs sur ce que nous souhaitons", avait réagi Hillary Clinton, en référence aux appels de Washington en faveur d'un processus de transition transparent, incluant toutes les forces politiques égyptiennes. "Le peuple égyptien espère une transition dans l'ordre qui peut conduire à des élections libres et honnêtes. C'est ce que les Etats-Unis ont toujours soutenu", a dit la secrétaire d'état américaine. "Ce sont les citoyens eux-mêmes et les dirigeants des divers groupes (...) qui détermineront au final si cela correspond ou non à leurs besoins", a encore dit la secrétaire d'Etat américaine.
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