"La question n'est plus de savoir si Kadhafi va partir, mais quand"

le 12 juillet 2011 à 11h18 , mis à jour le 12 juillet 2011 à 11h38

Dossier : Libye, l'après Kadhafi

Alors que le Parlement doit se prononcer ce mardi sur la poursuite de la participation française à l'opération en Libye, Alain Juppé l'affirme : pour le régime libyen comme pour l'Otan, "la sortie de crise passe par le départ de Kadhafi, ce qui n'était pas acquis il y a deux ou trois mois".

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A suivre sur TF1 News, le discours du ministre des Affaires Etrangères, Alain Juppé, sur la Libye.
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Les contacts entre pays intervenant militairement en Libye et régime libyen durent depuis déjà plusieurs mois. Mais ces discussions discrètes ne sont pas sans effet. Et la position libyenne évolue. "Nous recevons des émissaires qui nous disent : voilà, Kadhafi est prêt à partir, discutons-en", a admis mardi matin Alain Juppé sur France Info. "Tout le monde a des contacts avec tout le monde. Le régime libyen envoie des messagers partout en Turquie, à New York, à Paris".

Après quatre mois d'intervention alliée sous l'égide de l'Otan et en vertu d'une résolution de l'Onu, "les choses évoluent favorablement" sur le terrain et politiquement, a-t-il estimé. "Il y a un consensus sur la sortie de crise et cette sortie de crise passe par le départ de Kadhafi du pouvoir, ce qui n'était absolument pas acquis il y a deux ou trois mois. La question n'est plus de savoir si Kadhafi va partir mais quand et comment". Et de souligner : "Aujourd'hui tout le monde discute avec le Conseil de transition". Illustration de cette dernière remarque, la Suisse a fait savoir mardi qu'elle va envoyer un diplomate à Benghazi, le siège de la rébellion libyenne, afin d'y ouvrir une représentation.

"Impréparation et tardiveté"

Cette évocation d'une possible "sortie de crise" (et sans Kadhafi) intervient alors que, quatre mois après le début de l'intervention alliée sous l'égide de l'Otan et en vertu d'une résolution de l'ONU, le Parlement français doit se prononcer sur la poursuite de la participation française à l'opération. Une consultation formelle rendue obligatoire par la réforme institutionnelle de 2008, qui stipule que toute opération militaire engagée par l'exécutif doit faire l'objet d'un débat assorti d'un vote si elle n'est pas terminée au bout de quatre mois.

A priori, il y a peu de surprises en vue puisque UMP et PS considèrent l'opération contre les forces du colonel Mouammar Kadhafi légitime, dans le cadre de la résolution 1973 de l'ONU : ils devraient voter sa prolongation. Martine Aubry, pour le PS, a quelque peu traîné les pieds mardi matin en soulignant que les députés socialistes voteraient pour la poursuite de la participation française... mais en exprimant "des réserves" sur "l'impréparation et la tardiveté" de l'opération. Les débats parlementaires devraient donc surtout s'orienter sur une analyse des différentes options offertes pour la suite des opérations. 

Intervenir en Libye, combien ça coûte ?

Et là, les avis sont partagés : si quatre mois de frappes aériennes ont considérablement réduit le potentiel militaire libyen et permis aux insurgés de ne pas être balayés, l'absence de troupes de la coalition au sol prolonge la durée des opérations. Certains, comme le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud, prônent la poursuite des opérations militaires. Une vision critiquée par le général Vincent Desportes, ex-directeur de l'Ecole de guerre, qui estime, dans le Journal du Dimanche, qu'il est "temps de trouver un compromis avec les autorités libyennes". Déjà sanctionné pour avoir critiqué la conduite de la guerre en Afghanistan, il considère que "nous ne pouvons plus attendre indéfiniment que le régime de Kadhafi tombe". 

Sur le terrain, l'avancée actuelle des rebelles sur Tripoli à partir des montagnes du sud montre un régime de plus en plus acculé autour de la capitale libyenne. "On voit bien que le régime de Kadhafi est à bout de souffle. Il continue à tenir grâce à quelques fidèles et à ses mercenaires, mais l'issue fait peu de doute. La situation idéale, c'est que cette affaire se termine pendant l'été", estime Axel Poniatowski, président UMP de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale. Autre donnée du problème, et non des moindres en période de crise budgétaire, le coût des opérations  devrait être au coeur du débat à l'Assemblée, puis au Sénat. Pour le budget de l'Etat, le surcoût, selon l'amiral Guillaud, "peut être décomposé en deux parties: la première représente 100 millions d'euros et la deuxième, correspondant au maintien en condition opérationnelle  de nos matériels, ne peut être chiffrée qu'a posteriori. On peut néanmoins l'estimer à 60 millions d'euros". Ce chiffre de 160 millions d'euros est confirmé par la ministre du Budget Valérie Pécresse, pour qui le pays "peut absorber" cet effort.

le 12 juillet 2011 à 11:18
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5 Commentaires

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  • lucifer9068, le 12/07/2011 à 14h54

    Et Juppé il part quand ??

  • cocho49, le 12/07/2011 à 14h25

    Oui ; peut etre avant kadhafi----qui va payer l ardoise ?

  • ev002, le 12/07/2011 à 12h54

    Nous n'avons pas ce problème avec notre Président nous savons qu'il doit partir et nous connaissons la date !

  • highend2, le 12/07/2011 à 12h50

    Je ne suis pas sûr que le "Charles de Gaulle" vole très bien !!

  • mirko71, le 12/07/2011 à 11h40

    Quand on connait le cout d'une heure de vol d'un rafale et du Charles de Gaulle ce chiffre parait bien minime.

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