Kagame en France : entre malaise et réconciliation

le 12 septembre 2011 à 06h33 , mis à jour le 12 septembre 2011 à 10h46

Le président rwandais effectue sa première visite officielle en France depuis le génocide de 1994, destinée à rebâtir une relation encore marquée par le contentieux autour du rôle de la France avant et pendant les massacres.

[Expiré] Paul Kagame © AFP

C'est une visite qui ne fait pas vraiment l'unanimité. Le président rwandais Paul Kagame effectue sa première visite officielle en France depuis le génocide de 1994, destinée à rebâtir une relation encore marquée par le contentieux autour du rôle de la France avant et pendant les massacres. Arrivé dimanche à Paris, le président rwandais a déclaré  dimanche à Paris qu'il travaillait avec Nicolas Sarkozy  pour "voir comment échapper à l'Histoire, pour avancer". "Je suis heureux d'être venu ici, en France, à la suite de la visite du  président français au Rwanda" en février 2010, a déclaré Paul Kagame, lors d'un  discours à la diaspora rwandaise réunie près de Paris sous la surveillance d'un imposant dispositif de sécurité. "Nous travaillons ensemble pour voir comment échapper à l'Histoire, pour avancer", a-t-il affirmé en kinyarwanda, s'attirant les applaudissements du public.

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Cette visite officielle a suscité des remous dans la classe politique et chez les militaires français, toujours accusés par Kigali d'être impliqués dans des massacres de Tutsi il y a 17 ans. Plusieurs anciens responsables militaires ont jugé "insultant" que Nicolas  Sarkozy, qui avait reconnu en 2010 à Kigali une "forme d'aveuglement" de la France pour n'avoir pas "vu la dimension génocidaire" du régime rwandais hutu d'alors, accueille Paul Kagame tant que Kigali maintient ses "graves accusations" à l'encontre de l'armée. Autre signe d'un malaise persistant, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé (poste qu'il occupait en 1994) sera absent pendant toute la visite officielle.
 
"Tourner la page des relations douloureuses"
 
Lundi, Paul Kagame doit donner une conférence avant de déjeuner avec Nicolas Sarkozy. Leur entretien sera consacré "au développement du partenariat  entre nos deux pays et à l'approfondissement de notre coopération", selon  l'Elysée. "On sait bien que cette visite ne fait pas plaisir à un certain nombre de personnes, mais le président a décidé de tourner la page des relations douloureuses de la France avec le Rwanda", avait-on souligné samedi dans  l'entourage de Nicolas Sarkozy.
 
Pour l'universitaire André Guichaoua, "cette visite intervient à un moment  où les deux parties sont en position de faiblesse": Paris, qui "cherche à rompre son isolement dans la région des Grands Lacs", où le petit Rwanda reste un acteur clé, et Kigali, qui se cherche de nouveaux soutiens internationaux alors que ses traditionnels alliés américains se font plus distants. Le régime de Kagame est aussi très critiqué pour des "violations répétées"  des droits de l'Homme par des ONG, qui ont demandé à la présidence française de  ne pas sacrifier cette question sur l'autel de la réconciliation. L'opposition rwandaise a aussi prévu de se faire entendre, en organisant des rassemblements à Paris, notamment mardi matin au moment d'une rencontre entre le dirigeant rwandais et le patronat français.

Kagame pris à partie 

Paul Kagame a été pris à partie lundi à Paris sur la situation des droits de l'homme dans son pays, lors d'une conférence sur le rôle de l'Afrique dans la gouvernance mondiale. Des membres des ONG Human Rights Watch (HRW) et Reporters sans frontières (RSF) ont interpellé le président, citant des cas d'opposants incarcérés ou de journaux fermés temporairement et de journalistes tués ou devant fuir le pays. "Il n'y a que Human Rights Watch qui ne voit jamais de progrès au Rwanda.  Nous allons continuer à faire de notre mieux pour notre peuple", a répondu M.  Kagame lors de cette conférence à l'Institut français des relations internationales (Ifri). "Je ne comprends pas de quoi vous parlez", a-t-il assuré, avant que le directeur de l'Ifri, Thierry de Montbrial, n'intervienne pour ramener les débats sur le thème de la conférence. Paul Kagame est critiqué par des ONG pour des "violations répétées" des droits de l'Homme.

le 12 septembre 2011 à 06:33
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1 Commentaires

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  • alain-paris, le 12/09/2011 à 09h02

    Y a du pétrole au RWanda ? ou alors ils ont besoin de quelques Rafales ou d'une centrale nucléaire ?

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