L'attaque a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi à Nairobi : une grenade lancée dans une discothèque de la capitale kényane a fait 14 blessés, tous des Kényans, selon la police. Et les premiers éléments de l'enquête semblent bien pointer une responsabilité des milices shebab. Cet attentat est survenu alors que les Etats-Unis avaient mis en garde ce week-end contre le risque d'attaques contre des étrangers au Kenya, en raison de "menaces crédibles" émanant de ces groupes d'insurgés islamistes somaliens, contre lesquels l'armée kényane a engagé une offensive dans le sud de la Somalie depuis une semaine. Les insurgés somaliens, qui se revendiquent d'Al-Qaïda, ne cessent de menacer le Kenya de représailles depuis lors.
Les shebab, "filiale" d'Al-Qaïda en Somalie
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Publié le 03/10/2011
La discothèque, à la façade rouge et appelée "Mwauras", se trouve dans le centre de Nairobi, un quartier surtout fréquenté par des Kényans la nuit. Après l'agression, l'accès au bâtiment a été bloqué par une dizaine de policiers. Les blessés ont été transférés à l'hôpital national Kenyatta de Nairobi. Selon une infirmière, six d'entre eux souffraient de blessures au visage et à la tête. Les autres avaient, toujours selon elle, des "blessures mineures aux mains et aux jambes".
"Tout le monde courait"
A l'hôpital, des victimes ont raconté la panique dans la discothèque au moment de l'attaque. Lawrence Kioko, chef dans un restaurant japonais de Nairobi, était sorti pour téléphoner avant l'incident. "Quand je suis revenu, j'ai demandé un verre et avant même d'avoir le temps de boire une gorgée, j'ai entendu une forte explosion", a-t-il raconté. "Il y avait un petit objet métallique tombé près de ma jambe et de la confusion partout, tout le monde courait", a-t-il poursuivi. "J'ai réalisé que j'avais du sang sur le visage", a-t-il encore indiqué. "Je suis blessé au visage, aux jambes, je ne sais même pas comment je suis arrivé ici."
Une autre victime, Kevin Otieno, était lui "dans le bar depuis minuit et il n'y avait pas de problème. Il y avait de la musique et tout le monde semblait être OK jusqu'à ce que l'explosion ne survienne", a-t-il dit. "On m'a dit que quelqu'un avait lancé quelque chose à l'intérieur, mais je ne l'ai pas vu", a encore poursuivi ce deuxième témoin. "J'ai de la chance d'être en vie parce que la confusion et la douleur que j'ai sentie après, c'était un enfer."
Jonah Mwangi, vendeur de billets de matatu (bus local), s'était arrêté dans la discothèque acheter des cigarettes et a été pris dans l'explosion alors qu'il venait de décider de rester pour boire un verre. "J'ai immédiatement commencé à sentir une douleur et du sang qui m'éclaboussait", se souvient-il. "On essayait de sortir" mais "parce qu'il n'y avait qu'une entrée, et que l'entrée était si petite, ça a pris beaucoup de temps", a-t-il poursuivi, des bandages tout autour de la tête.
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