Mouammar Kadhafi, interrogé par LCI, 8 mars 2011 (diffusion de l'interview, 9 mars 2011) © LCILe gouvernement de Mouammar Kadhafi a adressé à plusieurs chancelleries une offre de cessez-le-feu immédiat, demandant à l'Onu et à l'Union africaine d'envoyer des observateurs en Libye. Mais cette nouvelle proposition de cessez-le-feu, qui exclut toujours le départ du colonel Kadhafi, laisse les observateurs sceptiques. Elle a en effet peu de chances de convaincre les chefs d'Etat et de gouvernement occidentaux, réunis jeudi et vendredi à Deauville dans le cadre du G8, qui continuent à afficher leur détermination à obtenir le départ de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis bientôt 42 ans.
Photographe de guerre en Libye, il raconte
Le photographe William Daniels a réalisé son premier reportage de guerre en Libye. De retour, il raconte cette expérience très marquante.
Publié le 17/06/2011
L'Espagne a dit jeudi avoir reçu, comme plusieurs de ses partenaires européens, une offre de cessez-le-feu immédiat de la part du Premier ministre libyen, Al Baghdadi al Mahmoudi. "Nous avons reçu le message et notre position est celle du reste de l'Europe", a déclaré un porte-parole du président du gouvernement. "Tout le monde attend un accord avec impatience (...) mais certaines initiatives doivent être prises au préalable", a-t-il ajouté.
Plusieurs offres de cessez-le-feu avancées par Tripoli ont déjà été rejetées par les rebelles, qui exigent eux aussi le départ du "guide de la Révolution". La dernière en date n'a pas empêché les forces gouvernementales de bombarder Misrata, ville de l'Ouest tenue par les insurgés, avec une violence sans précédent depuis plusieurs jours.
Sur le terrain, les frappes sont intenses mais le conflit s'enlise
La ville assiégée de Misrata ne connait par de répit. Elle est sans cesse la cible des tirs d'obus de mortier des forces loyales à Kadhafi. "Le bombardement a débuté aux alentours de 7 heures. Les tirs de mortier sont assez intenses et soutenus, aujourd'hui. Les obus de mortier tombent plus près de la ligne de front que ces derniers jours", a expliqué un combattant rebelle. Mandatée par l'Onu pour protéger les civils de la répression, l'aviation de l'Otan est engagée depuis deux mois en Libye, ce qui n'a toutefois pas permis aux opposants du colonel Kadhafi de s'imposer militairement.
Le conflit semble s'enliser depuis plusieurs semaines, mais les puissances occidentales, déjà engagées en Afghanistan et en Irak pour certaines, n'ont pas l'intention de déployer des troupes au sol pour débloquer la situation. La coalition semble toutefois convaincues que les raids aériens, ajoutés aux sanctions internationales et aux pressions diplomatiques finiront par porter leurs fruits. "On use le régime petit à petit. Les élites se sentent de plus en plus mal à l'aise, des dissensions affectent la haute hiérarchie (...) Ça demande du temps", a ainsi expliqué un représentant du département américain de la Défense.
Mercredi, à Londres, où il achevait une visite d'Etat, le président américain Barack Obama avait assuré qu'il n'y aurait aucune pause dans les pressions exercées sur le régime libyen. "Je suis absolument d'accord sur le fait qu'au vu des progrès accomplis ces dernières semaines, Kadhafi et son régime doivent comprendre que nous ne relâcherons pas la pression sur eux", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre britannique, David Cameron. "Ce sera en fin de compte un processus lent et régulier mais nous serons en mesure de renverser ce régime", a-t-il ajouté.
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