La Côte d'Ivoire tente dans les urnes d'en finir avec la violence

le 11 décembre 2011 à 09h32 , mis à jour le 20 décembre 2011 à 16h37

Dossier : Crise en Côte d'Ivoire

Les législatives qui se déroulaient dimanche dans ce pays sont censées clore le chapitre de la crise post-électorale de 2010-11. Mais la campagne a été meurtrière, et le scrutin est boycotté par les partisans de l'ex-président Gbagbo, jugé par la Cour pénale internationale de La Haye.

[Expiré] Partisans du candidat indépendant Aka Ablokove Charles lors de la campagne des législatives en Côte d'Ivoire (03/12/2011) © AFP / S. Kambou

Au terme d'une semaine de campagne électorale violente, marquée par cinq morts, les Ivoiriens ont voté dimanche pour élire leurs députés. Les opérations de vote se sont progressivement achevées à partir de 17 heures et le dépouillement a aussitôt commencé.

  • Côte d'Ivoire : les pro-Ouattara domineront l'assemblée

    Le parti du président ivoirien Alassane Ouattara a obtenu la majorité des sièges aux législatives du 11 décembre, boycottées par le camp de l'ancien chef d'Etat Laurent Gbagbo.

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  • Devant la CPI, Gbagbo accuse la France

    Lors de sa première comparution devant la Cour pénale internationale, l'ancien président ivoirien, poursuivi pour crimes contre l'humanité commis à la suite de l'élection présidentielle de novembre 2010, a déclaré lundi avoir été arrêté le 11 avril "sous les bombes françaises".

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  • Laurent Gbagbo devant les juges de la CPI

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  • Le mandat d'arrêt de la CPI notifié à Gbagbo, transfert imminent à la Haye ?

    Le procureur général de la Côte d'Ivoire a notifié mardi à l'ex-président ivoirien le mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale, a indiqué à Paris l'un de ses conseillers, Toussaint Alain. Il doit être transféré à La Haye mercredi "au plus tard", a annoncé l'un de ses avocats.

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  • Laurent Gbagbo en route pour la CPI à la Haye

    L'ex-président ivoirien a quitté mardi soir le nord ivoirien et est en route pour la Cour pénale internationale, qui lui a notifié son mandat d'arrêt dans la journée. Il était attendu dans la nuit à la Haye.

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  • Laurent Gbagbo entre les mains de la CPI à La Haye

    L'ancien président ivoirien a été transféré mercredi de Côte d'Ivoire vers le centre de détention de la Cour pénale internationale sur la base d'un mandat d'arrêt délivré il y a quelques jours.

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Le vote était censé mettre fin aux violences, et clore la crise post-électorale de 2010-11. Mais il est boycotté par le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo, jugé en ce moment-même par la Cour pénale internationale. Et son absence pousse ses partisans à juger qu'un tel scrutin n'est qu'une mascarade. Faute d'une figure capable de relever le flambeau dans le camp Gbagbo, la coalition soutenant le président Alassane Ouattara est assurée d'emporter la majorité des 255 sièges de la nouvelle Assemblée.

Participation faible

Les principaux enjeux tournent donc autour de la participation (l'appel au boycott sera-t-il suivi ?) et des risques de débordements et de nouvelles violences. Les bureaux de vote à Abidjan et à Bouaké (centre), ancienne capitale rebelle, affichaient a priori une participation faible, en très net recul par rapport à la présidentielle. Outre le boycott, de nombreux électeurs ne sont pas passionnés pour ces élections, étant davantage préoccupés par l'amélioration de leur condition de vie. "La participation est très faible, mais ce n'est pas une affaire de boycott. Les gens sont déçus car on leur dit d'aller voter et après il y a des bagarres", a souligné un électeur dans le quartier du Plateau, le centre administratif d'Abidjan. "De façon générale, l'élection des députés à l'Assemblée nationale n'a jamais autant mobilisé que (...) les présidentielles. Nous tournons généralement autour de 35%", a souligné le président de la commission électorale Youssouf Bakayoko.

Par ailleurs, aucun incident grave n'a été signalé. Quelque 25.000 membres de forces de l'ordre ivoiriennes, épaulés par 7.000 membres de la mission de l'ONU (Onuci), avaient été déployés dans le pays. A leur côté, pas moins de 150 observateurs internationaux et 3000 observateurs ivoiriens ont été mobilisés pour scruter ce vote à haut risque. Les résultats sont attendus en milieu de semaine. Pour assurer la sécurité des opérations de vote, 25.000 membres de forces de l'ordre ivoiriennes veillent. Ils sont épaulés par 7000 éléments de la mission de l'ONU (Onuci), dont les véhicules blindés se sont déployés dès samedi sur les axes stratégiques d'Abidjan.

La politique de la chaise vide

Il s'agit du premier scrutin depuis un an et des premières législatives organisées depuis 2000 dans ce pays de 21 millions d'habitants, le plus riche d'Afrique de l'Ouest francophone, dont la croissance économique devrait rebondir (+8%) en 2012 après une récession (-6%) due à la crise cette année. Mais pas plus qu'en 2000, les législatives de 2011 ne seront pas le reflet exhaustif des forces politiques. Il y a 11 ans, c'était le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara qui avait boycotté le scrutin, laissant la grande majorité des sièges au Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié et au Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo, avec près de 100 députés chacun. Aujourd'hui, c'est Alassane Ouattara qui occupe le pouvoir ; il s'est installé à la présidence en avril grâce aux ex-rebelles nordistes et aux bombardements de la France et de l'ONU. Il entend par ces élections tourner un peu plus la page, consolider son pouvoir et rétablir un fonctionnement normal des institutions. Mais c'est au tour du FPI, décapité après l'arrestation ou l'exil de ses principaux responsables, de pratiquer la politique de la chaise vide, arguant que les conditions d'un scrutin juste et équitable ne sont pas réunies.

Quelques dizaines de candidats issus du FPI se présentent toutefois sous l'étiquette "indépendant". Mais l'absence d'un parti ayant dominé la vie politique pendant plus d'une décennie, et dont le "champion" a attiré les votes de près d'un Ivoirien sur deux (46%) au second tour de la présidentielle, pourrait peser sur la politique de réconciliation du nouveau pouvoir. Et loin de là, à La Haye, entre 600 (selon la police) et 2000 (selon les organisateurs) partisans de l'ex-président Gbagbo, soupçonné de crimes contre l'humanité, ont manifesté en scandant "libérez Gbagbo !" devant le siège de la CPI, où il est incarcéré depuis le 30 novembre.

le 11 décembre 2011 à 09:32
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