Le pouvoir algérien veut briser les espoirs de changement

Par TF1 News, le 12 février 2011 à 08h06 , mis à jour le 12 février 2011 à 12h33

Après la Tunisie, l'Egypte voit le pouvoir changer de mains ; en Algérie, un appel à manifester ce samedi "pour changer le système" suscite le raidissement du pouvoir. Seuls quelques dizaines de manifestants ont pu franchir les cordons de police. Les arrestations se sont multipliées.

[Expiré] [Expiré] Manifestants faisant face aux forces de police lors d'un sit-in de protestation à Alger (06/02/2011) © AFP / F. Batiche

L'Algérie sera-t-elle gagnée par la contagion égyptienne, elle-même inspirée par la révolution tunisienne ? Ceux qui aspirent au changement dans ce pays veulent le croire. Le pouvoir, lui, s'emploie à briser cet espoir. Des milliers de policiers antiémeutes sont déployés depuis plusieurs heures dans le centre d'Alger pour empêcher la tenue d'une manifestation de l'opposition, qui n'a pas reçu d'autorisation en vertu d'une interdiction en vigueur depuis 2001, et tenter d'éviter une reproduction des récents soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte. L'appel a été lancé par la Coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC). Ce groupement a été créé le 21 janvier par des partis d'opposition, la société civile et des syndicats autonomes, dans la foulée d'émeutes du début de l'année qui ont fait 5 morts et plus de 800 blessés.

Malgré cet important dispositif, une cinquantaine de manifestants, réclamant le départ du président Abdelaziz Bouteflika, sont parvenus à rejoindre la place du 1er mai, dans le centre de la capitale, d'où devait partir le cortège. Les forces de l'ordre ont encerclé les protestataires dont certains brandissaient des copies d'une Une de journal annonçant : "Moubarak est tombé". La police a interpellé quelques-uns des premiers manifestants arrivés en avance. "J'ai le regret de dire que le gouvernement a déployé une force importante pour empêcher une marche pacifique. Ce n'est pas bon pour l'image de l'Algérie", a commenté Mustafa Bouchachi, responsable de Ligue des droits de l'homme. Une tension qui fait craindre des affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants réclamant plus de libertés publiques, un changement de gouvernement et des emplois.

Autorisations refusées, tracts saisis

Signe de la nervosité du pouvoir, à Alger, les forces de police, venues en nombre - entre 25.000 et 30.000 selon la presse - se sont mises à quadriller les rues dès vendredi. Les barrages de police installés aux entrées de la capitale depuis les attentats suicides d'avril et de décembre 2007, revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), avaient été également renforcés dès la veille de la manifestation annoncée. Autre symbole clair : vendredi soir, dans cette même ville, une autre manifestation, organisée semble-t-il à la dernière minute pour saluer la chute du président égyptien Hosni Moubarak, devant le siège du parti d'opposition Rassemblement pour la Culture et la Démocratie, avait été interrompue par un cordon de policiers qui avaient poussé les militants à l'intérieur et procédé à une dizaine d'interpellations.

Outre Alger, plusieurs autres marches ou rassemblements étaient prévus ce samedi à travers le pays. Mais toutes ces manifestations ont été interdites, tout comme dans la capitale. A Oran, à 430 km d'Alger, la wilaya a ainsi refusé l'autorisation de manifester. Situation similaire dans d'autres villes dont, sur la côte est, Boumerdes, Bejaïa, puis, au sud-est d'Alger Tizi Ouzou, principale ville de Kabylie, et à l'ouest, Tipaza, notamment. Enfin dans la principale ville de l'est algérien, Annaba, des tracts appelant les citoyens à participer à la marche avaient été interceptés par les forces de l'ordre ces derniers jours. Une source policière les avait qualifiés de "démoralisateurs" et de menace pour la sécurité des biens et des personnes.

Par TF1 News le 12 février 2011 à 08:06
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11 Commentaires

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  • mireye11, le 12/02/2011 à 15h38

    Il y a très longtemps que cela se fait chez eux........c'est une tactique très ancienne !!!!!

  • 421123, le 12/02/2011 à 14h33

    L'algérie est un pays riche et incapable de s'organiser.

  • yvesfromparis, le 12/02/2011 à 14h25

    Je pense que lalamouche faisait référence aux pays d'europe occidentale, si gérard4807, voulait donner la lecon par exemple aux politiciens francais, espagnols etc, alors lalamouche a parfaitement raison, comparonss ce qui est comparable car c'est débile de comparer la france par rapport a l'égypte car on est pas du tout a plaindre comparer aux peuples magrehbins.

  • bikbikbikette, le 12/02/2011 à 13h42

    Sympa de la "dénoncer".

  • phiphi13, le 12/02/2011 à 13h42

    Si les algériens se révoltent, la répression du gouvernement sera extrêmement dure.... Sans aucune comparaison avec la Tunisie ou l'Égypte ! Les généraux Algériens ne laisseront rien passer.............

  • adamastor1947, le 12/02/2011 à 13h17

    Exactement, n'en déplaise à lamamouche54. Je ne vois pas d'ailleurs à quelle comparaison elle fait référence... la Tunisie est bien plus développée que l'Algérie, quant à l'Egypte, c'est presque kif-kif! Les Algériens qui se prétendent des durs à cuire n'arrivent pas à raccrocher les wagons...

  • slideur, le 12/02/2011 à 13h01

    Même si notre quotidien en France n'est pas tous les jours rose, nous n'en sommes pas au stade de tous ces gens qui eux survivent. Un ami algérien m'a avoué récement que sa femme etait obligée cacher des billets dans des parties intimes pour pouvoir passer la douane sans se faire " racketer" par les douaniers.

  • chrismaz63, le 12/02/2011 à 11h03

    Le Maroc ne serait pas mal non plus...

  • lamamouche54, le 12/02/2011 à 09h48

    Comparez ce qui est comparable s'il vous plait ou c'est manquer de respect à tous ces gens....

  • gerard4807, le 12/02/2011 à 09h37

    La misére appelle la révolution,n'oubliez pas messieurs les politiques de tout bord ,de gauche a droite, en passant par le centre biensur.

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