Les Tunisiens répondent massivement à l'appel des urnes

le 23 octobre 2011 à 20h59 , mis à jour le 23 octobre 2011 à 22h54

Dossier : Transition démocratique en Tunisie

Neuf mois après la chute de Ben Ali, les Tunisiens ont voté en masse dimanche pour élire leur Assemblée constituante. Selon les premières estimations, la participation atteint les 70%. Les islamistes d'Ennahda sont favoris de ce scrutin. Les résultats seront annoncés mardi.

Neuf mois après la révolution qui a chassé Ben Ali et donné le coup d'envoi du printemps arabe, les Tunisiens se sont massivement mobilisés dimanche pour la première élection libre de l'histoire de leur pays, votant avec calme et émotion pour élire une assemblée constituante.
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Preuve de la forte mobilisation d'un peuple avide de démocratie, le taux de participation a atteint 70% des inscrits volontaires, a précisé la commission électorale (Isie), soulignant que l'affluence avait été forte, mais sans pouvoir donner un chiffre pour l'ensemble du corps électoral. Les résultats définitifs, qui devaient initialement être connus lundi, seront annoncés officiellement "mardi après-midi", a-t-il précisé. "On fera de notre mieux. Les gens se sont déplacés massivement. C'est un énorme travail qui nous attend encore", a déclaré la vice-présidente de l'Isie.

Plus de 7 millions d'électeurs étaient appelés à élire les 217 membres d'une assemblée constituante qui devra rédiger une nouvelle constitution et désigner un exécutif, lequel gouvernera jusqu'aux prochaines élections générales. Les électeurs doivent départager 11.686 candidats, répartis sur 1517 listes, présentées par 80 partis et des "indépendants" (40%). Alors que la parité est obligatoire, les femmes ne sont que 7% à mener des listes. Le scrutin était sécurisé par quelque 42.000 militaires et policiers, et scruté par plus de 13.500 observateurs locaux et internationaux. Ouverts à partir de 8 heures, les bureaux n'ont pas désempli. Dès le matin, de longues queues s'étaient constituées devant les centres de vote. Appelés pour la première fois de leur histoire à un scrutin libre et pluraliste, les Tunisiens se sont acquittés de leur devoir électoral dans le calme, et avec une grande fierté dans la capitale comme dans les villes de province. En fin d'après-midi, ni l'Isie ni les observateurs internationaux n'avaient constaté de dysfonctionnement majeur.

Vigilance des partis de gauche
 
Le vent de liberté a profité à Ennahda, parti islamiste durement réprimé sous l'ancien régime, qui a rapidement reconstitué ses réseaux et cherché à rassurer. Son chef s'est réclamé d'un islam modéré proche du parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie AKP, a promis de ne pas toucher au statut de la femme, le plus avancé du monde arabe, et prôné un gouvernement de large union. Incapables de s'entendre pour créer un front anti-islamiste, les grands partis de gauche ont promis une vigilance de tous les instants pour défendre les libertés et le statut de la femme.
 
Crucial pour les Tunisiens, l'enjeu l'est aussi pour le printemps arabe: sa réussite ou son échec enverront un signal déterminant aux peuples qui se sont soulevés dans la foulée de la révolution tunisienne. Londres et Bruxelles ont salué la tenue de ces élections. Coïncidence du calendrier: la Tunisie se rend aux urnes le jour même où son voisin libyen a  proclamé sa "libération totale", trois jours après la mort de Mouammar Kadhafi.
 
L'acte de voter avait perdu tout son sens sous la présidence autoritaire de Habib Bourguiba, le père de l'indépendance (1956) qui s'en est vite dispensé. Il n'était qu'une formalité sous le règne de son successeur Zine El-Abidine Ben Ali, constamment réélu avec des scores défiant l'imagination (99,91% en 1994).

le 23 octobre 2011 à 20:59
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6 Commentaires

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  • ophalos, le 24/10/2011 à 07h50

    Illusions perdues - pas de quoi pavoiser : tout ça pour ça : mesdames quelle désillusion ....

  • zyriab777, le 24/10/2011 à 07h39

    Les islamistes turq de l'akp ont fait de la turquie un pays avec une croissance de 10 % c'est enorme j'espere que la tunisie fera de mêmes ...inchallah

  • odessa_james, le 24/10/2011 à 05h17

    Les bobos avaient raison : après la "libération" démocratique par le fondamentalisme musulman en Egypte, voici venu le tour de la Tunisie de s'émanciper des viles dictateurs laïcs vendus à l'Occident (etc.). Comme il est beau, leur printemps arabe !

  • Albert, le 24/10/2011 à 02h37

    Jentend dire que henada parti islamiste tunisien ce di proche de akp parti islamiste moderé turc pour+ paraitre moderé .la verité cé les turc qui sont alé voire ganouchi en exile a londre pour leur aprendre a consilié islame politique laicité pour ensuite crée akp en turquie bref henada nimite pas akp henada est loriginale de akp parti islamiste turc moderé

  • 421123, le 24/10/2011 à 02h10

    Mesdames: revendez les jeans et attendez-vous au pire...Vous allez connaître une autre Dictature!

  • andre-victor, le 24/10/2011 à 00h28

    La démocratie avec les islamistes ! Ils vont vite déchanter !

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