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Libye : enquête pour complicité de torture visant une société française

Laurent Deschamps par
le 21 mai 2012 à 21h48 , mis à jour le 25 mai 2012 à 18h56.
Temps de lecture
3min
colonel Kadhafi

Image d'archive du colonel Kadhafi / Crédits : TF1/LCI

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AfriqueUne information judiciaire a été ouverte à Paris pour complicité d'actes de torture en Libye visant la société Amesys, filiale de Bull, ont annoncé lundi la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans un communiqué.

Une entreprise française complice du régime Kadhafi ? Une information judiciaire a été ouverte à Paris pour complicité d'actes de torture en Libye visant la société Amesys, filiale de Bull, ont annoncé lundi la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH) dans un communiqué.
 
Les deux ONG avaient déposé plainte avec constitution de partie civile en octobre 2011 "pour des faits commis à travers la fourniture au régime de Kadhafi, à partir de 2007, d'un système de surveillance des communications destiné à surveiller la population libyenne", rappellent-elles. L'enquête a été confiée à une juge du pôle spécialisé dans les crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide du tribunal de grande instance de Paris, Céline Hildenbrandt, a précisé la FIDH. "Nous déplorons qu'il ait fallu attendre sept mois avant qu'une information judiciaire soit effectivement ouverte sur un dossier portant sur des faits aussi graves", a déclaré Patrick Baudouin, président d'honneur et coordinateur du groupe d'action judiciaire de la FIDH, dans le communiqué. "Nos organisations espèrent maintenant que des investigations seront rapidement diligentées, tant en France qu'en Libye, pour établir la vérité des faits et la responsabilité éventuelle de la société Amesys", a-t-il ajouté.

Révélations du Wall Street Journal
 
D'après la FIDH, Amesys, une société d'ingénierie spécialisée dans les systèmes sécuritaires et rachetée par Bull en janvier 2010, a conclu un contrat de mise à disposition de technologie aux fins d'interception de communication, de traitement de données et d'analyses en 2007. Le chef de complicité d'actes de torture avancé par la FIDH se justifie par le fait que le matériel livré "permettait à (l'ex-dirigeant libyen Mouammar) Kadhafi et son régime de placer sous surveillance toute la population libyenne et notamment les opposants et de les arrêter et les mettre en prison où ils étaient torturés", a dit Patrick Baudouin.
 
L'affaire avait été révélée fin août par le Wall Street Journal, qui avait affirmé que Amesys avait équipé fin 2009 le centre de surveillance d'internet de Tripoli avec un système d'analyse du trafic internet (DPI), qui permet de contrôler les messages qui s'échangent, pour éventuellement filtrer voire censurer des "paquets" de données. Pour sa part, Amesys avait reconnu début septembre avoir fourni au régime de Mouammar Kadhafi du "matériel d'analyse" portant sur des "connexions internet", tout en rappelant que le contrat avait été signé dans un contexte de "rapprochement diplomatique" avec la Libye.
 
Une autre plainte, notamment pour violation de la vie privée, avait été déposée à Aix-en-Provence par l'ONG Sherpa l'an dernier. Elle a été classée sans suite en mars à l'issue d'une enquête préliminaire.
 

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  • zenatoo : MEDIAPART RÉVÈLE LE CONTENU DE DISCUSSIONS OFFICIEUSES À PROPOS DE BAGHDADI MAHMOUDI 1 Com(s) 25-05-2012 11:53:09 Le journaliste français Fabrice Arfi affirme dans un article publié sur le site d'information mediapart que l'ancien premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi fait l'objet de pressions à travers son avocat français. Le chef des renseignements libyen et un haut responsable d'Ennahdha auraient rencontré l'avocat dans un restaurant parisien. Les deux responsables auraient proposé la liberté de Baghdadi mahmoudi, avec certaines conditions, en contrepartie de révéler les clefs des comptes bancaires de l'ancien régime. Écoute Francis Arfi Me Mabrouk Korchid, l'avocat de l'ancien premier Ministre libyen demande au mouvement Ennahdha de s'expliquer sur un éventuel accord qui aurait été conclu. Me Korchid estime que si ces informations s'avèrent exactes, la transparence de l'Etat sera remise en question et donnerait un mauvais signe sur l'ingérence partisane dans les affaires de l'Etat. Éco

    Le 25/05/2012 à 15h12
  • jijiadn : Parce que vous n'avez rien compris. Premier contrat en 2007 et jusqu'en 2009 voire 2010 les installations ont été réalisée. pendant cette période, déjà, des arrestations suivi de torture ont été menées par le gouvernement libyen et comme précisé par Amesys "contrat réalisé dans un cadre de rapprochement diplomatique". Un certain nombre de personne savait forcément de quoi il retournait mais l'appel de l'argent voire "raison d'état", dans ces cas là, est le plus grand.

    Le 22/05/2012 à 15h04
  • patrouillebasse : @barbac56 pourquoi se sont les Libyens qui vous font vivre ?

    Le 22/05/2012 à 14h53
  • patrouillebasse : En 2007 je ne me souviens pas d'embargo sur la Lybie

    Le 22/05/2012 à 14h51
  • yannickatl : Il y avait un embargo sur la Lybie donc INTERDICTION de vendre en Lybie (surtout du materiel de surveillance). Cela n'a rien a voir avec votre exemple.

    Le 22/05/2012 à 13h38
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