L'Otan nie avoir bombardé le champ pétrolifère d'Al-Sarir Dans un message décousu de trois pages, Kadhafi s'adresse à Obama en l'appelant "notre fils" ou "excellence" et l'implore de faire cesser une "guerre injuste contre le petit peuple d'un pays en développement". Réponse sèche d'Hillary Clinton : il doit retirer ses troupes et partir en exil. Alors que les responsables insurgés accusent l'Otan de les avoir abandonnés, les forces pro-Kadhafi poursuivaient leurs bombardements sur la ville insurgée de Misrata. L'Otan promet "tout faire" pour venir en aide à la rébellion. Le chef d'état-major des insurgés lance un appel à l'aide : "Si l'Otan attend encore une semaine de plus, ce sera la fin de Misrata", affirme-t-il, dénonçant le manque de réactivité des frappes internationales, alors que la ville a été bombardée par les pro-Kadhafi toute la journée de mardi. Les insurgés exigent notamment que les forces de Mouammar Kadhafi suspendent leur offensive contre leurs positions. Après le départ du chef de la diplomatie libyenne, pilier du camp Kadhafi, les rumeurs de défection se multiplient. Un conseiller d'un fils du leader libyen, Saïf al-Islam, serait en pourparlers avec le gouvernement britannique. Alors que les bombardements ne semblent pas suffisants aux insurgés pour renverser le dirigeant libyen (qui a même repris Ras Lanouf mercredi matin), la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis n'excluent plus désormais de leur fournir des armes. Problème : ils outrepasseraient en partie le mandat de l'Onu. La France est prête à parler avec ses partenaires de la coalition euro-américano-arabe de la fourniture éventuelle d'armes aux insurgés libyens qui luttent contre Mouammar Kadhafi, a déclaré mardi Alain Juppé. Reportage de Liseron Boudoul, envoyée spéciale en Libye. Accompagnée par les forces de Kadhafi, l'équipe de TF1 a traversé le sud du pays par le désert. Dans la région de Sebah, les rebelles sont peu voire pas représentés. La confusion régnait toujours mardi en Libye. Plusieurs explosions ont été entendues à Tripoli, près de la résidence de Kadhafi. A l'Est de Syrte, les rebelles ont reculé. Le point avec notre envoyé spécial.
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L'Otan a nié jeudi avoir bombardé des installations pétrolières de l'important gisement d'Al-Sarir dans le sud-est de la Libye, rejetant ainsi des accusations du colonel Mouammar Kadhafi, dans un communiqué diffusé depuis son commandement à Naples.
Plusieurs rebelles tués dans un raid de l'Otan près de Brega
Au moins deux rebelles ont été tués et une dizaine blessés par un raid aérien de l'Otan jeudi à l'est du port pétrolier de Brega, où se déroulent de violents combats, a-t-on appris de sources hospitalières et auprès des insurgés. Certaines sources parlent de cinq victimes. L'Otan enquête sur cette éventuelle bavure.
Kadhafi écrit une lettre, Hillary Clinton lui répond
La première, l'agence officielle libyenne Jana avait annoncé mercredi que le colonel Kadhafi avait "envoyé un message au président américain Barack Obama". Un responsable américain a précisé par la suite que Washington avait reçu de nombreuses lettres de Kadhafi au cours des dernières années et que la dernière n'était pas prise plus au sérieux que les précédentes. "Ce n'est certainement pas la première fois" que Kadhafi écrit à Obama, a commenté Jay Carney, porte-parole du président américain. "Les conditions que le président a posées sont claires, des actes, pas des paroles", a-t-il ajouté. Selon l'agence Associated Press, Mouammar Kadhafi plaide auprès d'Obama pour un arrêt des frappes aériennes, dans un message décousu de trois pages. Il s'adresse à Obama en l'appelant "notre fils" ou "excellence" et l'implore de faire cesser une "guerre injuste contre le petit peuple d'un pays en développement". "Je pense que M. Kadhafi sait ce qu'il doit faire", a réagi Hillary Clinton lors d'une conférence de presse. "Il doit y avoir une décision concernant son départ du pouvoir et (...) son départ de Libye. Le plus tôt cela se produira, et le bain de sang cessera, le mieux ce sera".
L'appel de l'ONU pour Misrata
Alors que les combats s'y poursuivent, les Nations unies ont appelé à une cessation des hostilités autour de la ville libyenne de Misrata pour que de l'aide puisse parvenir aux blessés et que la population, que l'Otan a promis de protéger, puisse fuir les combats entre les rebelles et les forces du colonel Kadhafi. "La situation sur le terrain est critique pour un grand nombre de personnes qui ont un besoin immédiat de nourriture, d'eau potable et d'aide médicale d'urgence", a déclaré la secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les affaires humanitaires, Valerie Amos, en lançant cet appel. "La possibilité de quitter la ville est désormais une question de vie ou de mort. Nous avons besoin d'une cessation temporaire des hostilités dans cette zone pour que les gens puissent se mettre à l'abri, ainsi que leur famille, s'ils le veulent", a-t-elle insisté. Selon l'ONU, les morts et les blessés se comptent par centaines dans cette ville en proie à des combats continus depuis plus de 40 jours.
Dans la journée, l'Otan, mise en cause par les insurgés, a promis de protéger les habitants de cette ville de 300.000 habitants située dans l'ouest libyen et bombardée par les forces de Mouammar Kadhafi. Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a lui indiqué que Misrata pourrait désormais être ravitaillée par la mer par les insurgés, promettant que la coalition ferait en sorte "qu'à aucun moment les moyens militaires kadhafistes ne puissent l'empêcher".
Menaces sur Ajdabiya
Dans l'Est, les forces gouvernementales "avancent en direction d'Ajdabiya, aux mains des rebelles. Ils deviennent une menace directe pour cette ville et au-delà, pour Benghazi", fief de l'opposition, a prévenu depuis Naples un responsable de l'Otan, le contre-amiral britannique Russ Harding, commandant adjoint de l'opération "Unified Protector". Les combats se sont poursuivies ces dernières heures dans la région de Brega, à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest d'Ajdabiya. A Ajdabiya même, des soldats rebelles ont installé un poste de contrôle pour empêcher les jeunes inexpérimentés de rejoindre le front à quelques dizaines de kilomètres.
Résultat : face aux informations sur l'avancée des force kadhafistes, des milliers de civils ont quitté la ville.
Les pro-Kadhafi et la tactique de la guérilla
A Naples, un responsable de l'Otan a souligné les difficultés de frappes aériennes, les forces loyalistes se cachant parmi des civils. "Les forces gouvernementales libyennes ont évolué ces derniers jours vers des tactiques non-conventionnelles, se mélangeant au trafic routier et utilisant des civils comme boucliers dans leur avance" vers des sites tenus par les rebelles, a déclaré à la presse le contre-amiral britannique Russ Harding, commandant adjoint de l'opération "Unified Protector". Le ministère britannique de la Défense a annoncé que son aviation avait bombardé six véhicules blindés et six chars de l'armée libyenne dans les régions de Misrata et de Syrte.
Quatre journalistes portés disparus
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a annoncé jeudi, dans un communiqué, que quatre journalistes (un Sud-Africain, deux Américains et un Espagnol) étaient portés disparus depuis le 4 avril dans l'Est de la Libye.
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