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Mali : le président veut lancer les négociations avec les islamistes


le 30 juillet 2012 à 08h48 , mis à jour le 30 juillet 2012 à 09h13.
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Dioncounda Traoré, président intérimaire du Mali, lors d'une allocution télévisée (29 juillet 2012)

Dioncounda Traoré, président intérimaire du Mali, lors d'une allocution télévisée (29 juillet 2012) / Crédits : AFP / H. Kouyate

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AfriqueLe président intérimaire du Mali, Dioncounda Traoré, a de fait écarté le Premier ministre Cheick Modibo Diarra dans la gestion de la transition en réduisant ses attributions et en créant de nouveaux organes pour gérer la crise dans le nord du pays occupé par les islamistes.

Avant son retour vendredi dans son pays, Dioncounda Traoré, président intérimaire du Mali, a passé deux mois en convalescence en France. Deux mois pour se remettre des coups reçus de la part des manifestants qui avait pris d'assaut le palais présidentiel fin mai. Désormais, il reprend les affaires publiques en main, sous le regard inquiet d'une communauté internationale qui redoute un éclatement du pays, dont toute la partie Nord est aux mains des islamistes. Dans un discours retransmis à la télévision d'Etat dimanche soir, le président intérimaire a appelé les Maliens à pardonner et à s'unir derrière les efforts déployés pour résoudre la crise politique. "Etant donné la complexité de la crise et la profondeur de la détresse de notre peuple (...), en tant que patriotes et démocrates, nous devons paver ensemble la voie que nous suivrons pour libérer notre pays de tous ces envahisseurs", a-t-il dit. Il a surtout écarté le Premier ministre Cheick Modibo Diarra dans la gestion de la transition en réduisant ses attributions. Et il a annoncé la création de plusieurs organes et commissions destinés à sortir de l'impasse un pays plongé dans la crise politique depuis le coup d'Etat du 22 mars.
 
Dioncounda Traoré a ainsi annoncé la mise en place d'un Haut conseil d'Etat qu'il dirigera lui-même, la formation d'un gouvernement d'union nationale avec des consultations qu'il va lui-même mener et d'une "commission aux négociations" avec les islamistes qui contrôlent depuis quatre mois le nord. Un gouvernement d'union nationale est une exigence des voisins ouest-africains qui avaient donné le 31 juillet comme délai pour le former. Mais en faisant cette annonce attendue, Dioncounda Traoré a précisé que les négociations pour former la future équipe dirigeante "seront menées par le président de la République lui-même" et non par le Premier ministre Diarra, en poste depuis le 17 avril et de plus en plus contesté par notamment un large front de partis politiques et syndicats qui lui reprochent de n'avoir "aucune stratégie" pour libérer le nord.
 
Les voisins du Mali de plus en plus inquiets
 
Profitant de la confusion qui a suivi un coup d'Etat militaire le 22 mars, les islamistes se sont emparés du nord du Mali avec l'aide des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA). Ansar Dine, rejoint par d'autres groupes islamistes comme Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a ensuite évincé les insurgés touaregs et pris le contrôle de la moitié du territoire avec notamment Gao, Kidal et Tombouctou. Une situation qui inquiète suffisamment les voisins du Mali pour expliquer l'annonce faite ce week-end par le président ivoirien Alassane Ouattara, qui assure également la présidence tournante de la communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest : il a indiqué que la Cédéao déposerait "prochainement" une nouvelle demande de résolution auprès du Conseil de sécurité de l'ONU pour une intervention militaire au Mali. Le 5 juillet déjà, ce même Conseil de sécurité avait adopté à l'unanimité une résolution qui soutenait les efforts de la Cédéao pour mettre fin à la crise dans le nord du Mali, et laissait la porte ouverte à une intervention militaire.
 
Officiellement, la Cédéao avait donné aux responsables politiques maliens un délai courant jusqu'à la fin du mois de juillet pour former un nouveau gouvernement, afin de remplacer le cabinet intérimaire qui n'est pas parvenu à stabiliser un pays auparavant considéré comme un modèle de démocratie dans la région.

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