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Mali : une intervention militaire est-elle "inévitable" ?


le 29 juillet 2012 à 11h06 , mis à jour le 29 juillet 2012 à 11h08.
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Des rebelles au Nord-Mali, en mai 2012

Des rebelles au Nord-Mali, en mai 2012 / Crédits : TF1/LCI

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AfriqueC'est l'avis d'Alassane Ouattara, président de Côte d'Ivoire et qui assure la présidence tournante de la Cédéao, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest. Il s'en explique dans le Journal du Dimanche. Le Mali a aussi été au menu de Laurent Fabius lors de sa visite au Tchad.

Le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté le 5 juillet à l'unanimité une résolution qui soutenait les efforts de la Cédéao, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest, pour mettre fin à la crise dans le nord du Mali, contrôlé en grande partie par les islamistes, et laissait la porte ouverte à une intervention militaire. Or cette hypothèse, s'il faut en croire Alassane Ouattara, prend un peu plus consistance chaque jour. Fait rare, le président de la Côte d'Ivoire, qui assure actuellement la présidence tournante de la Cédéao, s'en explique ouvertement dans les colonnes du Journal du dimanche. "Une nouvelle demande de résolution auprès du Conseil de sécurité des Nations unies sera prochainement déposée au nom de la Cédéao que je préside actuellement", assure-t-il dans cet entretien. "Si la situation n'évolue pas favorablement, oui, il y aura une intervention militaire au Mali. Cela me paraît inévitable", ajoute-t-il. "Le fait que la France assure en août la présidence tournante du Conseil de sécurité de l'ONU est une très bonne nouvelle puisque nous sommes totalement en phase avec les autorités françaises. Je pense que nous pouvons parler en semaines et non en mois. Il y a urgence."
 
Précisément, le Mali a été au menu des entretiens du chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, lors de sa rencontre samedi avec le président tchadien Idriss Déby Itno. "Nous avons abordé les questions de coopérations bilatérale et également la question du Sahel, du Mali et du terrorisme", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères à l'issue d'une audience avec le président Deby, qui marquait la dernière étape de sa tournée africaine. "Le diagnostic fait par le président Déby sur la situation au nord Mali est un diagnostic très sévère. Le président Déby a constaté que le développement du terrorisme dans cette région constitue une menace pour l'ensemble des pays de la sous-région" a-t-il souligné.
 
Un Premier ministre de transition qui refuse de partir
 
Les islamistes se sont emparés du nord du Mali avec l'aide des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) en profitant de la confusion qui a suivi un coup d'Etat militaire le 22 mars. Ansar Dine, rejoint par d'autres groupes islamistes comme Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a ensuite évincé les insurgés touaregs et pris le contrôle de la moitié du territoire avec notamment Gao, Kidal et Tombouctou. Les islamistes ont depuis lors détruit de nombreux mausolées et tombeaux de saints musulmans à Tombouctou, suscitant de nombreuses protestations.
 
Alassane Ouattara précise qu'en cas d'intervention, qui se traduirait par un déploiement de gendarmes et de policiers dans un premier temps, puis de militaires, les forces africaines demanderont un appui logistique notamment à la France et aux Etats-Unis. "Je parle d'un appui logistique, matériel, je parle également de conseillers. Nous ne disposons pas non plus d'une aviation de combat et nous en aurons besoin. A l'inverse, je n'envisage pas la présence de troupes au sol qui ne soient pas africaines", dit-il. La Cédéao envisage de constituer une force composée à 50% de soldats maliens, et pour l'autre moitié de soldats du Niger, du Nigeria, du Tchad et d'autres pays, précise le président ivoirien. Jeudi soir, François Hollande avait réaffirmé lors d'un point de presse commun avec Alassane Ouattara que la France soutiendrait une éventuelle intervention africaine au Mali.
 
La Cédéao a donné jusqu'à la fin du mois aux responsables politiques maliens pour former un nouveau gouvernement, afin de remplacer le cabinet intérimaire qui n'est pas parvenu à stabiliser un pays auparavant considéré comme un modèle de démocratie dans la région. Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, soigné en France depuis deux mois après avoir été violemment battu par des manifestants qui avaient pris d'assaut le palais présidentiel, vient tout juste de rentrer dans son pays, où il l'attend cette tâche difficile. Pendant que le Premier ministre malien de transition, Cheikh Modibo Diarra, affirme qu'il compte rester à son poste. "Je ne démissionnerai pas", a-t-il lancé dans un entretien diffusé samedi soir par la chaîne de télévision privée Africable. Et d'argumenter : "Si je dois démissionner, à qui je dois remettre ma démission ? Parce que l'accord-cadre (de Ouagadougou) dit que le président (intérimaire) ne peut pas accepter ma démission". Cet accord, signé le 6 avril entre l'ex-junte qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré et la médiation ouest-africaine, avait prévu la remise du pouvoir aux civils, un président et un Premier ministre de transition.

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  • deleiya : à quand une intervention? c'est plus urgent que la syrie là...

    Le 30/07/2012 à 03h54
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