Une journaliste de TF1 qui se rendait dimanche dans le Nord du Mali en a été empêchée "pour des raisons de sécurité" avant d'être refoulée vers Bamako pour rejoindre la France. "Nos services ont, pour des raisons de sécurité, empêché Mme Liseron Boudoul, journaliste française de TF1, de continuer la route pour le Nord du Mali, zone actuellement très dangereuse", a affirmé un responsable de la
direction nationale de la police.
La police malienne donne de plus amples détails : "Nos services ont stoppé Mme Liseron Boudoul à San (480 km au nord de Bamako). Elle a déclaré qu'elle allait dans un camp de réfugiés. Mais pour nous, elle allait dans le Nord aux mains des groupes armés. Nos agents ont refoulé la journaliste à Bamako contre son gré. Elle a été entendue et elle est rentrée en France dimanche soir". Selon un autre responsable des autorités, la journaliste aurait été "verbalement très violente" avec des agents de police. Cette dernière information n'a pas été confirmée de source indépendante. La journaliste "n'a contrevenu à aucune règle", a réagi Antoine Guélaud, directeur de la rédaction de TF1. Selon lui, elle n'a pas été "verbalement très violente". Il y a plutôt eu "un vif échange entre elle et les policiers parce que ces derniers lui avaient confisqué son matériel et son passeport". Elle s'est rendue au Mali pour réaliser plusieurs reportages sur l'aide humanitaire et les familles de réfugiés, a ajouté M. Guélaud.
L'organisation Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait récemment menacé de s'en prendre aux journalistes étrangers qui envisageaient de se rendre dans le nord du Mali. Le coup d'Etat militaire qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré à Bamako, a accéléré la chute de cette immense région désertique aux mains du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) et surtout du mouvement islamiste Ansar Dine et de son allié Aqmi qui retient en otage six Français dans le Sahel.





