Rebelles libyens à Ras Lanouf, 7 mars 2011 © TF1/LCINouvelles attaques sur Misrata L'organe politique de la rébellion libyenne, le CNT, espère une reconnaissance internationale lors de la réunion mercredi à Doha du Groupe de contact sur la Libye, à laquelle doivent participer une vingtaine de pays et d'organisations régionales et internationales. La question de la fourniture d'armes pourrait également être étudiée. Deux semaines après la reprise en main des opérations militaires de la coalition en Libye, les ministres britannique et français des Affaires étrangères demandent une "intensification" . Sans départ de Kadhafi, pas de négociation possible, ont en substance répondu lundi les insurgés libyens à la feuille de route proposée par la médiation de l'Union africaine. Parler du départ de Kadhafi est "ridicule", a rétorqué son fils. La feuille de route proposée par l'Union africaine et acceptée par Mouammar Kadhafi dimanche prévoit notamment la "cessation immédiate des hostilités", mais Misrata, seule ville encore aux mains des rebelles, était bombardée lundi. Une délégation de présidents africains a rencontré dimanche après-midi à Tripoli Mouammar Kadhafi pour plaider une trêve dans les combats entre son armée et la rébellion, qui ont repris de plus belle à Ajdabiya et à Misrata. Le secrétaire général de l'Otan estime qu'il n'y avait "pas de solution militaire" au conflit en Libye" et qu'il fallait une solution politique. Sur le terrain, les rebelles perdent du terrain. Alors que la situation de la ville assiégée par les pro-Kadhafi est dramatique, l'UE compte lancer une mission pour secourir la population. Très critique sur les interventions militaires étrangères en Libye, mais aussi en Côte d'Ivoire, l'Union africaine tente de négocier un cessez-le-feu. Les combats faisaient rage vendredi entre rebelles et forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi dans la ville de Misrata assiégée et pilonnée sans relâche depuis un mois et demi par les troupes gouvernementales. Au moins deux rebelles et un médecin ont été tués jeudi par un raid aérien dans la région de Brega, théâtre de combats entre insurgés et forces pro-Kadhafi. A l'étranger, les inquiétudes grandissent quant au risque d'un enlisement du conflit. Des avions de l'Alliance atlantique ont touché jeudi une position des insurgés opposés à Mouammar Kadhafi près de Brega, dans l'est du pays. Il y aurait au moins deux morts. Le chef d'état-major des insurgés lance un appel à l'aide : "Si l'Otan attend encore une semaine de plus, ce sera la fin de Misrata", affirme-t-il, dénonçant le manque de réactivité des frappes internationales, alors que la ville a été bombardée par les pro-Kadhafi toute la journée de mardi. Prenant des libertés avec la résolution 1973 de l'ONU, Obama a donné son feu vert à des actions de la CIA sur le sol libyen. L'Otan a pris le commandement des opérations militaires alors que le cap des 2000 sorties aériennes a été franchi. Le camp Kadhafi enregistre une défection de taille. Les insurgés exigent notamment que les forces de Mouammar Kadhafi suspendent leur offensive contre leurs positions. Après le départ du chef de la diplomatie libyenne, pilier du camp Kadhafi, les rumeurs de défection se multiplient. Un conseiller d'un fils du leader libyen, Saïf al-Islam, serait en pourparlers avec le gouvernement britannique. Alors que les bombardements ne semblent pas suffisants aux insurgés pour renverser le dirigeant libyen (qui a même repris Ras Lanouf mercredi matin), la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis n'excluent plus désormais de leur fournir des armes. Problème : ils outrepasseraient en partie le mandat de l'Onu. La France est prête à parler avec ses partenaires de la coalition euro-américano-arabe de la fourniture éventuelle d'armes aux insurgés libyens qui luttent contre Mouammar Kadhafi, a déclaré mardi Alain Juppé. Malgré la poursuite du pilonnage de la coalition internationale, les insurgés libyens n'ont pu pousser leur avantage en prenant Syrte, la ville natale du colonel Kadhafi. Ils ont même dû reculer devant le feu des forces loyalistes, qui progressent aussi à Misrata. Les rebelles ont essuyé des tirs nourris lundi matin par les forces de Mouammar Kadhafi à 140 km à l'est de sa ville natale, Syrte, bombardée dans la nuit par la coalition dont les opérations sont désormais commandées par l'Otan. <b> Analyse -</b> Luis Martinez, chercheur au Ceri et auteur de "Violence de la rente pétrolière", souligne sur TF1 News que le dirigeant libyen va notamment tenter de profiter du blocage militaire pour trouver des alliés sur la scène internationale. Les rebelles ont repris dimanche des terminaux pétroliers et projettent d'exporter du pétrole d'ici "moins d'une semaine". Les opérations en Libye sont passées sous commandement de l'Otan, qui veut limiter les frappes à la protection des civils. L'Italie propose l'ébauche d'un plan prévoyant l'exil de Kadhafi. Les rebelles ont repris samedi les villes stratégiques d'Ajdabiya et Brega dans l'est de la Libye. Dimanche, l'Italie propose l'ébauche d'un plan prévoyant l'exil du colonel Kadhafi. Alors que les raids de la coalition se poursuivaient vendredi, des contacts auraient été établis par des proches de Kadhafi en vue d'un cessez-le-feu ou d'un sauf-conduit. Les insurgés pénétraient dans la soirée dans Ajdabiah, selon Al Djazira. Une quarantaine de pays participent à Londres à la première réunion du "groupe de contact" sur la Libye, chargé du "pilotage politique" des frappes militaires désormais sous commandement de l'Otan et de la préparation de l'après-Kadhafi. Reportage de Liseron Boudoul, envoyée spéciale en Libye. Accompagnée par les forces de Kadhafi, l'équipe de TF1 a traversé le sud du pays par le désert. Dans la région de Sebah, les rebelles sont peu voire pas représentés. La confusion régnait toujours mardi en Libye. Plusieurs explosions ont été entendues à Tripoli, près de la résidence de Kadhafi. A l'Est de Syrte, les rebelles ont reculé. Le point avec notre envoyé spécial. Alors que les insurgés libyens progressent rapidement en direction de l'ouest et de la capitale libyenne, l'homme de la rue, qu'il soit pro ou contre Kadhafi redoute les jours à venir. Reportage. Aidée par les frappes aériennes de la coalition internationale, l'opposition libyenne a repris le contrôle du site pétrolier de Ras Lanouf. Mais leur avancée a été stoppée lundi par les forces de Kadhafi. Selon Maurice Olivari, envoyé spécial de TF1 en Libye, il est indubittable que les agents de la CIA sont sur place et y étaient sans doute avant le début de l'intervention. Quant à l'opportunité d'une aide terrestre aux insurgés, là est la question.
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Les forces libyennes ont de nouveau bombardé mercredi soir Misrata, troisième ville de Libye, à 200 km à l'est de Tripoli. Un habitant aurait trouvé la mort dans des affrontements, ont déclaré des rebelles joints par téléphone dans la ville insurgée, assiégée par les loyalistes. "Des mortiers, des chars et de l'artillerie ont été utilisés pour bombarder " la ville, a déclaré un insurgé. "Des sources médicales m'ont dit qu'une personne était morte et cinq autres ont été blessées."
Mise en cause, l'Otan assure faire tout son possible
Selon ce témoin, les précédentes frappes aériennes de l'Otan, qui dirige depuis le 31 mars l'intervention militaire internationale engagée onze jours plus tôt en Libye, ont visé des brigades kadhafistes dans le sud de Misrata. Mais ces frappes manqueraient d'efficacité : "Nous ne savons pas si ces frappes sont efficaces. Nous ne ressentons aucune différence. La situation est la même", a poursuivi ce représentant des insurgés avant d'ajouter : "Qu'on nous donne des armes et nous nous le ferons nous-mêmes."
De fait, plus généralement, les insurgés libyens accusent l'Otan d'avoir réduit les interventions. L'Alliance atlantique assure quant à elle que Misrata est la priorité de ses attaques, mais explique que la tâche est compliquée car les forces de Kadhafi utiliseraient des remparts humains pour se protéger des attaques aériennes.
Les promesses de l'Otan
Mise en cause par les insurgés, l'Otan "va tout faire pour protéger les civils de Misrata", a déclaré une porte-parole de l'Organisation. A Naples, un responsable de l'Otan a toutefois souligné la difficulté de la tâche, les forces loyalistes se cachant parmi des civils. "Les forces gouvernementales libyennes ont évolué ces derniers jours vers des tactiques non-conventionnelles, se mélangeant au trafic routier et utilisant des civils comme boucliers dans leur avance" vers des sites tenus par les rebelles, a déclaré à la presse le contre-amiral britannique Russ Harding, commandant adjoint de l'opération "Unified Protector".
L'offensive des pro-Kadhafi se poursuit sur tous les fronts
Dans l'Est, les forces gouvernementales "avancent en direction d'Ajdabiya, aux mains des rebelles. Ils deviennent une menace directe pour cette ville et au-delà, pour Benghazi", fief de l'opposition, a prévenu le contre-amiral Harding, alors que les combats se poursuivaient mercredi dans la région de Brega (est), à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest d'Ajdabiya.
Les Etats-Unis reçoivent un message de Kadhafi
La Maison Blanche a exigé mercredi de Mouammar Kadhafi des actes et non des mots après avoir reçu un message du dirigeant à la suite du retrait par les Etats-Unis de leurs avions de combat en Libye. "Nous pouvons confirmer qu'il y a eu une lettre, évidemment pas la première" du leader libyen, a indiqué aux journalistes le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney, à bord de l'avion Air Force One. Mais sans dévoiler la teneur du message, M. Carney a rappelé que le président Obama disait depuis des semaines qu'un cessez-le-feu en Libye dépendrait "d'actes et non de mots (et) d'une fin des violences".
Plus tôt mercredi, l'agence officielle Jana avait annoncé que le colonel Kadhafi avait "envoyé mercredi un message au président américain Barack Obama suite au retrait des Etats-Unis de la coalition agressive colonialiste croisée contre la Libye", a indiqué l'agence sans donner de détails sur le contenu du message.
Un pétrolier quitte Tobrouk, dans l'Est libyen
Le pétrolier Equator, qui peut transporter jusqu'à un million de barils de brut, a quitté mercredi le port de Tobrouk, contrôlé par la rébellion, dans l'est de la Libye, a-t-on appris de sources proches des transporteurs maritimes. Le mystère demeure sur l'identité de l'acheteur de la cargaison. L'Equator avait accosté mardi dans le port de Marsa al Hariga, près de Tobrouk. Une première vente de pétrole aiderait le gouvernement d'opposition libyen à payer les salaires et à affermir la crédibilité du Conseil national de transition (CNT). Le 27 mars, le Qatar avait donné son accord aux rebelles libyens pour commercialiser le pétrole extrait dans l'est du pays, contrôlé par les opposants au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
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