© AFP"Je n'organiserai et ne participerai plus à des soirées sushi, parce que je respecte les leaders et les principes de l'ANC." Kenny Kunene devra sans doute écrire ce mea culpa plus de cent fois au tableau avant de rentrer en grâce auprès des caciques du Congrès national africain (ANC), l'ancien mouvement de lutte anti-apartheid, au pouvoir depuis l'avènement de la démocratie en 1994.
Making of de la spéciale "Zoom sur" l'Afrique du Sud
A l'occasion de la Coupe du monde, Claire Chazal et ses équipes consacrent un "Zoom sur" l'Afrique du Sud samedi dans l'édition de 13 heures. En exclusivité sur TF1 News, voici le making of du tournage.
Publié le 11/06/2010
Kenny Kunene est un ancien détenu qui a fait fortune dans les mines et le divertissement. Symbole d'une bourgeoisie sud-africaine noire décomplexée, il défraye régulièrement la chronique en dépensant des sommes folles dans des soirées extravagantes. Samedi, pour le lancement d'une boîte de nuit au Cap, il a servi des sushis que les invités, membres de la jet-set ou hommes politiques, pouvaient gober à même le corps dénudé de mannequins.
| "Vous me rappelez la vie sous l'Apartheid: vous me dites à moi, un homme noir, ce que ma vie devrait être !" |
"Servir des sushis sur le corps de femmes est un acte anti-ANC et anti-révolutionnaire", s'était insurgé le l'ANC. Jusqu'alors, Kenny Kunene avait traité avec mépris les critiques de la puissante confédération syndicale Cosatu, pour qui ces fêtes "reviennent à cracher au visage des pauvres!" "Vous me rappelez la vie sous l'Apartheid: vous me dites à moi, un homme noir, ce que ma vie devrait être!", avait rétorqué le riche homme d'affaires. Mais le coup de semonce de l'ANC semble avoir eu plus d'effet.
La polémique a rapidement pris une tournure raciale. "J'ai essayé de me convaincre que cela n'avait rien à voir avec les races, mais quand un millionnaire blanc, Preston Haskell, dépense 12 millions de rands pour une fête, y a-t-il débat ?", s'interrogeait ce week-end un associé de Kenny Kunene. Et d'enfoncer le clou: "J'ai l'impression que nous, les Noirs, devons juste rester à notre place".
Sous le régime ségrégationniste de l'Apartheid, les Noirs étaient cantonnés dans les emplois non qualifiés et ne pouvaient pas ouvrir d'entreprises dans la grande majorité du territoire réservé aux Blancs. Dix-sept ans après la chute du régime, le revenu moyen des Noirs est toujours huit fois inférieur à celui des Blancs et 43% de la population vit avec moins de deux dollars par jour. Mais une minorité, surnommée les Diamants noirs, s'est sortie de la pauvreté et commence à jouir des plaisirs matériels. Ce qui ne plaît pas au Cosatu... ni à une partie de l'ANC visiblement.
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