Nicolas Sarkozy effectue ce samedi un court voyage en Côte d'Ivoire grâce auquel la France souhaite ouvrir une nouvelle page dans ses relations, jadis privilégiées, avec le pays. Pour son premier séjour en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat effectue sa visite au pas de charge, mais toute en symboles. Il est arrivé samedi matin à Yamoussoukro, la capitale politique, pour un entretien avec Alassane Ouattara. Il a ensuite assisté à la cérémonie d'investiture du nouveau président.
L'Onu accuse Ouattara et Gbagbo de crimes contre l'humanité
Les Nations unies soulignent que les exactions commises par les partisans des deux hommes pourraient être qualifiées de "crimes contre l'humanité".
Publié le 10/06/2011
Côte d'Ivoire: Ouattara "très inquiet" pour les deux Français enlevés
Le nouveau président ivoirien évoque jeudi dans La Croix le sort du directeur de l'hôtel Novotel d'Abidjan et d'un chef d'entreprise, enlevés début avril et promet un gouvernement d'union nationale avant la fin mai.
Publié le 28/04/2011
Ouattara promet que Gbagbo sera jugé et appelle au calme
Quelques heures après la chute du président ivoirien sortant, Alassane Ouattara a annoncé une "nouvelle ère d'espérance" pour son pays, promettant une "procédure judiciaire contre Gbagbo" et ses proches et appelant à "s'abstenir de tout acte de représailles".
Publié le 11/04/2011
Avant de repartir, il fera avant un détour par Abidjan, la capitale économique, pour saluer la communauté et les soldats français. Accompagné par Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, et par Henri de Raincourt, le ministre chargé de la Coopération, il prononcera alors une allocution.
"Le printemps arabe a changé la donne"
Objectif global de ce voyage express : apporter un soutien politique à son "ami" Alassane Ouattara et, surtout, tourner enfin la page des relations souvent troubles entretenues par la France avec ses ex-colonies africaines dans ce pays qui en fut longtemps le symbole. Promise depuis son élection, cette "rupture" a tardé. Malgré le discours fondateur du Cap en 2008, proclamant la fin du rôle de "gendarme de l'Afrique" de la France, le renvoi sous pressions du ministre Jean-Marie Bockel, le recours persistant à la diplomatie parallèle et le soutien ambigu à quelques vieux "amis" du continent ont brouillé le message.
Mais cette fois c'est sûr, répète Nicolas Sarkozy, le "printemps arabe" a changé la donne. Plus question de protéger un autocrate allié au détriment des droits de l'Homme, a-t-il promis récemment en ajoutant : "Quand les peuples demandent leur liberté, la France sera à leurs côtés". En Côte d'Ivoire, c'est au nom de ce principe que la France a soutenu le vainqueur reconnu du scrutin présidentiel.
Premiers pas "positifs"
Et ce n'est que sous couverture juridique des Nations unies que les forces françaises Licorne ont, avec celles de l'Onu, ouvert le feu contre les troupes de Laurent Gbagbo et précipité sa chute le 11 avril. Malgré le mandat onusien, cette intervention a été décriée. A Abidjan, à Paris ou en Afrique, certains ont accusé Nicolas Sarkozy d'avoir, comme au bon vieux temps, mis au pouvoir Alassane Ouattara, violant ainsi sa promesse de faire preuve de "retenue" dans l'ancien "pré carré" français.
Loin de ces querelles, la France juge "très positifs" les premiers pas du président Ouattara et assure lui faire "toute confiance" pour juger les auteurs d'exactions, quel que soit leur camp, et apaiser un pays déchiré par six mois d'une crise violente et remettre son économie sur les rails.
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