Une nouvelle fois, l'opposition sénégalaise appelle à manifester ce lundi à Dakar, à partir de 15 heures locales (16 heures à l'heure française). Et une nouvelle fois, cette manifestation est interdite par le pouvoir. Cet appel à défiler contre la candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade à sa propre succession, à quelques jours à peine du premier tour de la présidentielle prévu le week-end prochain, survient alors que les violences à Dakar ont fait un nouveau mort dimanche : il s'agit d'un jeune homme qui avait été blessé à la tête par une pierre lors d'affrontements avec des policiers à Rufisque, dans la banlieue de Dakar. En annonçant son décès lundi, son tuteur, un imam de la confrérie musulmane tidiane, a dénoncé : "La victime ne manifestait pas, il était allé à la pâtisserie acheter du pain pour le dîner de la famille".
Le Sénégal retient son souffle
Le premier tour de la présidentielle sénégalaise se déroule ce dimanche dans un climat de haute tension en raison de la volonté du président Abdoulaye Wade de briguer un troisième mandat. La crainte d'incidents, voire d'embrasement, est grande.
Publié le 26/02/2012
Youssou N'dour : "le Sénégal a honte"
Le Conseil constitutionnel sénégalais a confirmé la liste des candidats à la présidentielle de février. La candidature du chef de l'Etat Abdoulaye Wade, dont la validation avait provoqué des violences, est confirmée. Youssou N'dour, écarté, en appelle à la communauté internationale.
Publié le 30/01/2012
Sénégal : Youssou N'dour se dit menacé
Le chanteur, dont la candidature à la présidence du Sénégal a été écartée, fait état de "menaces" contre sa personne physique. Selon un de ses porte-parole, il a été "malmené" par des policiers. Après la validation de la candidature Wade, l'opposition lance "la résistance".
Publié le 29/01/2012
Le Sénégal s'embrase après le "coup de force" de Wade
Les violences à Dakar ont fait un mort après la validation de la candidature d'Abdoulaye Wade, qui brigue un troisième mandat présidentiel, bien que la Constitution limite le nombre de mandats possibles à deux. Youssou N'Dour, dont la candidature a été écartée, parle d'un "coup de force".
Publié le 28/01/2012
Macky Sall : qui est le nouveau président du Sénégal ?
Vainqueur de la présidentielle sénégalaise face à Abdoulaye Wade, Macky Sall fut le "poulain politique" du président sortant avant que les deux hommes ne rompent brutalement.
Publié le 29/02/2012
Ce décès porte à six le nombre de morts dans des violences liées à la candidature controversée du chef de l'Etat sortant, 85 ans dont 12 au pouvoir, à ce scrutin depuis fin janvier. La tension est très vive au Sénégal à six jours de l'élection présidentielle, et depuis près d'une semaine des violences ont lieu dans le centre de Dakar entre les forces de l'ordre et des opposants, essentiellement des jeunes, qui tentent de participer à des manifestations interdites. Ces manifestations, à l'appel du Mouvement du 23 juin (M23, coalition de partis d'opposition et d'organisations de la société civile) ont pour but d'exiger le retrait de la candidature de Wade que le M23 juge anti-constitutionnelle. Le M23 estime qu'Abdoulaye Wade a épuisé ses deux mandats légaux, ce que contestent les partisans du président qui soulignent que des réformes de la Constitution lui donnent le droit de se représenter.
La "profanation" de la mosquée de Dakar
La répression de ces manifestations par des policiers qui tirent des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc, utilisent des canons à eau et occasionnellement des pierres comme les manifestants, ont fait au moins une vingtaine de blessés depuis vendredi. Les manifestations se sont étendues à des banlieues dakaroises dimanche soir, lorsque des heurts ont éclaté à l'occasion d'un rassemblement devant une mosquée de la capitale à l'intérieur de laquelle un policier avait lancé des grenades lacrymogènes pendant les violences de vendredi. Un millier d'adeptes de la confrérie des Tidianes s'étaient rassemblés devant cette mosquée, la Zawiya El Hadj Malick Sy, rassemblement prévu d'avance, mais survenant deux jours après ce qui est considéré par les Tidianes comme "une profanation". Les fidèles, priant agenouillés devant la mosquée, ont été rejoints par des leaders du Mouvement du 23 juin, ainsi que par le célèbre chanteur Youssou Ndour, également opposant. Le rassemblement se déroulait dans le calme, mais, selon des témoins, la venue d'une personnalité considérée comme proche du pouvoir dont le nom n'a pas été précisé, a mis en colère des fidèles auxquels se sont joints des jeunes du quartier.
La "profanation" de la mosquée de Dakar, une première depuis le début de la contestation, a exacerbé les tensions dans la capitale et d'autres villes. Elle a profondément choqué les Tidianes qui, avec les Mourides, font partie des confréries les plus influentes du Sénégal, pays à 95% musulman. Des manifestations de colère ont eu lieu à Tivaouane, une des villes saintes des Tidianes, où la mairie tenue par un membre du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), a été saccagée et incendiée.
C'est dans ce climat que quelque 23.000 militaires et paramilitaires ont voté samedi et dimanche. Une mission d'une quarantaine d'observateurs de l'Union africaine conduite par l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo participera à la surveillance du scrutin.
| La France appelle à libérer les manifestants arrêtés |
"La France exprime sa vive inquiétude en raison de la montée des tensions de ces derniers jours au Sénégal. Elle déplore la mort d'un manifestant au cours de ce week-end", a déclaré lundi Vincent Floreani, un porte-parole du Quai d'Orsay, lors d'un point-presse. "La France rappelle son attachement à la liberté d'expression et de manifestation et appelle à la libération de toutes les personnes arrêtées lors des manifestations de ces derniers jours". |
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