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Accusations de viols en Centrafrique : "Ils m'ont dit qu'ils me donneraient des rations"

Sophie Levy par
le 17 mai 2015 à 20h00
Temps de lecture
3min
Une victime présumée de viols en Centrafrique témoigne dans Sept à Huit, le 17 mai.
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Afrique Au moins 14 militaires français envoyés en Centrafrique sont soupçonnés d'avoir commis des abus sexuels sur des enfants entre décembre 2013 et mai 2014. L'une des victimes présumées, un garçon de 10 ans, s'est confiée dans Sept à Huit dimanche. Attention, certains propos peuvent choquer.
Assis sur une chaise, ses pieds ne touchent pas le sol. C'est tout ce que l'on verra de ce petit garçon de 10 ans dans le reportage diffusé par Sept à Huit ce dimanche. Avec cinq autres enfants, il accuse des militaires français envoyés en Centrafrique d'abus sexuels. Les faits auraient eu lieu entre fin 2013 et mai 2014. Ils sont restés inconnus du public jusqu'à la publication d'un article du Guardian le 29 avril 2015.
Dans le reportage de Sept à Huit, l'enfant de 10 ans livre son témoignage avec des mots très crus qui peuvent choquer. Il raconte qu'il marchait près d'un checkpoint de l'aéroport de Bangui quand des soldats français l'ont interpellé. "Ils m'ont dit qu'ils me donneraient des rations si je couchais avec eux. J'ai accepté". Le garçon avoue alors avoir eu plus de dix fois des relations sexuelles avec ces hommes. "Ça se passait dans un abri construit avec des sacs remplis de sable, c'était l'endroit où ils dormaient", se souvient-t-il. "Quand j'avais faim, j'allais les voir". L'enfant affirme aussi avoir fait l'objet de pressions pour ne pas parler et des menaces de mort s'il ne respectait pas sa promesse. "Ils m'ont dit 'quand on te baise les fesses, il faut que tu ne le dises à personne'".
Trois soldats identifiés
Ce garçon ne serait pas le seul à avoir subi ces abus. Il affirme d'ailleurs qu'ils étaient "nombreux". Six ont été interrogés par l'Onu à Bangui. Leurs témoignages sont consignés dans une note confidentielle rédigée en juillet 2014. Les propos sont similaires à ceux du petit garçon de 10 ans. Par exemple, un enfant raconte avoir été abordé par un militaire vers 21h. Il lui aurait donné une ration puis lui aurait montré des vidéos pornographiques sur son téléphone avant de lui demander de faire la même chose. Un autre enfant de 11 ans se montre très explicite : "l'homme a mis un préservatif et m'a demandé de sucer son bangala".
Alexis Nguitté est le premier à avoir entendu ces témoignages. Instituteur en charge d'une association de protection de l'enfance, il menait en février 2014 une enquête sur la vie quotidienne des enfants. C'est à cette occasion qu'il rencontre les victimes présumées de sévices sexuels. "Ce sont des faits que je ne pouvais pas garder sous silence", affirme-t-il. Il donne donc l'alerte. Après neuf mois d'enquête préliminaire, une information judiciaire a été ouverte à Paris le 7 mai dernier. A ce jour, trois soldats ont été identifiés. D'après les informations de Sept à Huit, ils appartiennent à un même régiment militaire qui était en charge des postes de contrôle à l'aéroport de Bangui.
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