© INTERNELe mois d'août n'est plus ce qu'il était dans les campagnes électorales américaines. Considérant que les électeurs prêtaient moins d'attention à la politique en cette période estivale, les candidats, soucieux d'économiser argent et énergie, n'assuraient généralement que le strict minimum, surtout quand les Jeux Olympiques se déroulaient en plein milieu, comme c'est le cas en 2004. Mais cette année, la bataille s'annonce si serrée que les deux camps ont décidé de ne pas faire l'impasse sur ces quatre semaines.
John Kerry, qui n'a que modérément profité de la convention démocrate dans les sondages, a ainsi entamé un voyage qui le mènera de la côte Est à la côte Ouest. Il axera ses interventions sur son programme économique. Pour s'assurer le maximum de retombées dans les médias locaux, il s'arrêtera essentiellement dans des villes moyennes. A l'instar de Bill Clinton en 1992, il pourrait également publier ses propositions dans un livre.
Dérision à la convention républicaine
Chez les Républicains, les conseillers de George W. Bush ont préparé un emploi du temps hebdomadaire à leur champion. Le président sortant vantera son bilan et expliquera ce qu'il entend faire d'un éventuel second mandat. Mais son camp compte aussi attaquer John Kerry en focalisant l'attention sur son séjour au Vietnam et ses décisions prises à Washington. Pour dégonfler les multiples décorations brandies par son adversaire, le locataire de la Maison Blanche fera remarquer que le sénateur du Massachusetts n'est resté sur place que quatre mois. A l'opposé, il ironisera sur ses vingt ans passés au Capitole -les longues carrières à Washington sont souvent considérées comme un désavantage. Le site de réélection de George W. Bush donne déjà le ton. Y sont répertoriées, selon les Républicains, les lois adoptées sur proposition de John Kerry : il n'y en aurait qu'une dizaine. Utilisant ses différents votes, ils comptent mettent en lumière ses tendances de gauche et ses revirements sur de multiples sujets, notamment l'Irak.
L'apogée de ces attaques aura lieu lors de la convention républicaine, qui se tiendra fin août à New York. George W. Bush devrait tourner en dérision et se moquer de son concurrent. Qu'en pensent les conseillers de ce dernier ? Paradoxalement, ils n'ont rien contre. "La campagne de Bush devient trop négative. Il pourrait s'aliéner les électeurs encore indécis". Ce sont eux qui feront la différence.
(photo-montage : George W. Bush, à gauche ; John Kerry, à droite)
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