© INTERNELe cas s'est déjà produit en 1800 (Jefferson-Burr à égalité) et en 1824 (aucune majorité absolue entre les quatre candidats). Cette année, le Washington Post estime la possibilité à seulement 1,5%. Le risque est donc minime mais il existe : John Kerry et George W. Bush pourraient se retrouver à égalité en terme de grands électeurs au soir du 2 novembre prochain.
La raison, simple, tient à la complexité du système électoral américain. Le nombre de votes au collège électoral, qui élit formellement le président, est en effet pair : 538 (équivalent aux 435 membres de la Chambre des représentants, aux 100 Sénateurs et aux 3 sièges du District de Columbia). Si l'élection est aussi serrée que prévue, un score de 269 partout n'est pas à exclure.
"Sur-représentation" des petits Etats
Le code électoral prévoit alors que ce soit la Chambre des représentants, nouvellement élue, qui élise le président. Mais chaque Etat ne disposerait alors que d'une voix –soit cinquante votes au total. Les Etats très peuplés comme le Texas ou la Californie se retrouveraient donc avec le même poids que des Etats comme le Montana ou les deux Dakota. Cette sur-représentation des "petits" Etats dans ce cas de figure est l'un des arguments avancés par les partisans d'une réforme du mode de désignation du président. De leur côté, les 100 Sénateurs se chargent de choisir le nouveau vice-président.
Au cas où une nouvelle égalité à 25-25 se dégage à la Chambre des représentants, le nouveau vice-président prendrait alors les rênes du pays. Et si le vote des Sénateurs pour le désigner se termine encore par une égalité à 50-50, le Speaker de la Chambre des représentants (ou le président du Sénat en cas d'empêchement) deviendrait le nouveau locataire de la Maison Blanche. Evidemment, une situation, si rocambolesque, n'a statistiquement presque aucune chance de voir le jour.
(photo-montage : George W. Bush, à gauche ; John Kerry, à droite)
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