
Au lendemain de vives critiques de John Kerry, qui a parlé de "guerre sans fin", et de la décapitation d'un otage américain en Irak, George W. Bush s'est adressé mardi devant l'Assemblée générale des Nations unies. Son discours était destiné à présenter le bilan de sa politique étrangère depuis l'an passé et ses projets pour l'avenir.
Le locataire de la Maison Blanche a, sans surprise, axé la majeure partie de son intervention sur l'Irak. Il a notamment défendu la guerre, en soulignant que la coalition menée par ses troupes avait fait respecter "les justes exigences du monde" envers Bagdad. Il a ajouté que les Nations unies devaient désormais "faire plus" pour construire un Irak "démocratique et libre". "Le dictateur (ndlr : Saddam Hussein) avait accepté en 1991 de respecter toutes les résolutions du Conseil de sécurité, puis il les a ignorées pendant plus de dix ans" a expliqué le président américain.
"Crédibilité"
Il a également déclaré que la bonne réponse à apporter aux événements en Irak n'était pas de quitter le pays mais d'y triompher. Il a souligné que l'Irak, tout comme l'Afghanistan, étaient aujourd'hui "sur la voie de la démocratie et de la liberté", avertissant que les attaques terroristes allaient cependant augmenter avant les élections qui doivent se tenir dans les deux pays -en octobre en Afghanistan, en janvier pour l'Irak.
Une intervention qui n'a pas manqué d'être rapidement commentée aux Etats-Unis... et le premier commentateur en a été, une nouvelle fois, le candidat démocrate à la présidence. Au cours d'une rare conférence de presse à Jacksonville, en Floride, John Kerry a jugé mardi que George W. Bush "avait manqué une opportunité très importante pour notre pays et notre monde" en ne "réussissant pas à parler clairement aux dirigeants" réunis pour l'Assemblée générale des Nations unies. "Le président doit s'adapter au monde réel", a-t-il ajouté, en ajoutant que "George W. Bush n'a pas la crédibilité pour mener le monde". Devant l'Onu, le président américain "a donné la leçon" aux dirigeants réunis "au lieu de leur montrer la voie", a ajouté le sénateur du Massachusetts, en prévenant : "nous avons besoin d'une approche fondamentalement différente afin de réussir en Irak". Mais avant même cette attaque en règle, dès la fin de son discours à l'Onu, George W. Bush avait lui-même déclaré que John Kerry n'était pas crédible sur la question de l'Irak : "mon adversaire a exprimé tant de positions différentes sur l'Irak que ses déclarations ne sont plus du tout crédibles".
Les autres thèmes abordés |
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Proche-Orient : George W. Bush a implicitement demandé aux dirigeants mondiaux de cesser tout contact avec Yasser Arafat. "Les dirigeants du monde devraient retirer tout soutien à un dirigeant palestinien qui trahit la cause de son peuple" a-t-il lancé, en proposant d'autre part aux pays arabes de normaliser leurs relations avec l'Etat hébreu.Il a également appelé une nouvelle fois Israël à "geler les implantations, démanteler les avant-postes non autorisés" dans les Territoires occupés, à "mettre fin aux humiliations quotidiennes des Palestiniens, ainsi qu'(à) éviter toute action qui ferait pression sur les négociations finales" pour un règlement de paix.
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Darfour : le président américain a demandé au gouvernement soudanais de "respecter le cessez-le feu qui a été signé et à stopper les tueries". Il s'est félicité de l'adoption samedi d'une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu, menaçant Khartoum de sanctions économiques si la région du Darfour n'était pas pacifiée.(photo : George W. Bush lors de son discours à l'ONU)
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