© LCIDonald Rumsfeld est-il en train de préparer l'opinion publique à un tournant dans la ligne de conduite adoptée par la Maison blanche en Irak ? Le secrétaire à la Défense a évoqué vendredi un retrait des troupes américaines avant la pacification totale du pays. Selon lui, attendre la paix totale serait "déraisonnable" car l'Irak "n'a jamais été parfaitement paisible et ne le sera vraisemblablement pas".
Si Rumsfeld n'a pas précisé ce qu'était un niveau "raisonnable" de paix, son discours contraste avec les propos du président George W. Bush qui ne cesse d'assurer que les Etats-Unis conserveront "la même direction" en Irak et entendent terminer "la tâche" entreprise. Il faut dire que John Kerry, l'opposant démocrate à la présidentielle, a promis un retrait des 140 000 soldats américains dans les 4 ans, s'il était élu. Une promesse qui a trouvé un certain écho dans l'électorat.
Le secrétaire à la Défense a reconnu que la présence des forces américaines représentait une "intrusion dans la vie" des Irakiens et qu'il fallait au plus vite remplacer les troupes occidentales par les forces de sécurité irakiennes. Selon lui, ces dernières peuvent déjà compter sur 100 000 hommes, formés et équipés. Ils seront 50 000 de plus pour les élections prévues en janvier.
Elections partielles ?
Ces élections sont l'autre point sur lequel Donald Rumsfeld a tenu un discours dissonant avec celui adopté par l'entourage présidentiel jusqu'alors. Washington sait d'ores et déjà que les violences incessantes risquent de rendre le scrutin contestable et tente d'y préparer l'opinion. Pour la première fois, Rumsfeld a reconnu jeudi que les élections n'auraient probablement pas lieu sur tout le territoire. "Imaginons (…) que vous ne puissiez le faire que dans trois quarts ou quatre cinquièmes du pays", a lancé Rumsfeld. "Eh bien, ainsi soit-il", a-t-il répondu à sa propre question.
Correctif immédiat du secrétaire d'Etat adjoint Richard Armitage : "Est-ce que ça va être compliqué? Oui, ce le sera (...)", a-t-il écrit au Congrès. Mais "la commission indépendante électorale travaille avec les Nations unies pour permettre l'organisation d'élections valables et crédibles et s'assurer que tout électeur en droit de voter aura la possibilité de mettre son bulletin dans l'urne", a-t-il promis. "Il n'y aura pas d'élections partielles, il y aura une élection. Tous les Irakiens pourront voter", a réaffirmé vendredi le Premier ministre irakien, Iyad Allaoui, à sa sortie d'une rencontre avec le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan à New York.
(Image : Donald Rumsfeld vendredi après une rencontre avec Allaoui)
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