© AFPJamais ou presque une campagne présidentielle américaine n'aura été marquée par un tel antagonisme A tous les niveaux. Politique et idéologique bien sûr. Ensuite, au niveau des hommes. George W. Bush et John Kerry, mais aussi leur colistier, Dick Cheney et John Edwards. Ce contraste se retrouve également chez les épouses des prétendants à
Autant Laura Bush est discrète et effacée, autant Teresa Heinz-Kerry n'hésite pas à se mettre en avant, parfois trop au goût des conseillers de son mari. Même s'il ne s'agit que d'un détail, la couleur qu'elles portaient chacune lors de leur discours aux conventions républicaine et démocrate illustre parfaitement cette différence de comportement : Laura Bush s'était présentée à la tribune du Madison Square Garden habillée avec un discret vert turquoise pâle, à l'opposé du rouge flamboyant choisi par Teresa Heinz-Kerry à Boston.
Dans le plan de campagne républicain, Laura Bush représente la mère de famille traditionnelle, soutenant son mari dans la difficulté comme elle a pu le faire lors de ses problèmes de boisson. A l'opposé d'une Hillary Clinton, elle intervient de fait très peu dans le débat politique sur le fond. Par rapport à l'élection de l'an 2000, elle est néanmoins plus utilisée, notamment dans les spots de campagne et dans les "swing states", les Etats indécis. Objectif : atténuer l'image belliqueuse de George W. Bush, ses interventions étant généralement centrées sur le côté bon mari et bon père de son époux. Elle ose cependant aborder quelques sujets controversés, comme la recherche sur les cellules souches.
Teresa, atout ou handicap pour Kerry ?
A l'opposé, Teresa Heinz-Kerry affiche une personnalité très affirmée. Loin de toute langue de bois, l'héritière de l'empire du ketchup –son premier mari, le sénateur républicain H. John Heinz III est décédé accidentellement en 1991- est connue pour son fort caractère, son dynamisme et son franc-parler. Au début de la Convention démocrate, elle avait par exemple créé un mini-scandale en lançant "Ferme ta gueule" à un journaliste qui la harcelait sur un point du discours qu'elle venait de prononcer. Contrairement à Laura Bush, elle est très engagée dans la vie publique. Depuis le décès de H. John Heinz, elle gère ainsi la Fondation du même nom, se consacrant surtout aux problèmes d'environnement et d'éducation.
Après être passée dans le camp démocrate en 2002, sept ans après son mariage avec John Kerry, elle participa activement à la campagne des primaires, avant de se consacrer à celle pour la Maison Blanche. Son thème favori : la protection sociale. Loin des grands meetings, elle multiplie les réunions de quartier où George W. Bush reste une cible de prédilection : "Seul un idiot ne voudrait pas du plan de mon mari pour la Sécurité sociale. Bien sûr, il y a des idiots". Le staff de campagne du sénateur du Massachusetts s'inquiète néanmoins de sa trop grande présence. D'un côté, elle semble appréciée des femmes. De l'autre, elle pourrait faire de l'ombre à son époux, voire le mettre dans l'embarras en raison d'éventuelles déclarations trop directes. Surtout, son côté bourgeois et son accent portugais -elle est née au Mozambique- agacent l'Amérique profonde. Le risque en vaut-il la peine ? Les femmes représentent évidemment la moitié des votants. Mais reste à savoir si l'électorat, hommes et femmes confondus, est vraiment influencé ou non dans son choix par l'épouse d'un candidat.
(photo-montage afp : Laura Bush, à gauche ; Teresa Heinz-Kerry, à droite)
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