Le 11 septembre hante la campagne

Par Fabrice AUBERT, avec AFP, le 11 septembre 2004 à 18h01 , mis à jour le 11 septembre 2004 à 17h14

En pleine campagne électorale axée en partie sur la lutte contre le terrorisme, le 3e anniversaire des attentats du 11 septembre prend encore plus d'importance. Les familles des victimes font notamment désormais partie du paysage politique.

wtc © INTERNE

"Il est absolument essentiel de faire le bon choix le 2 novembre. Car si nous faisons le mauvais choix, le danger est que nous soyons frappés de nouveau". Dans un discours prononcé en début de semaine, Dick Cheney, le vice-président, a implicitement affirmé que l'Amérique risquerait de vivre un nouveau 11 septembre si John Kerry était élu. Evidemment, le candidat démocrate et ses soutiens ont vivement répliqué en affirmant qu'il ferait "tout" ce qu'il pourra "pour protéger" les Etats-Unis

 

Lancée à quelques jours du 3e anniversaire des attaques terroristes contre le World Trade Center et le Pentagone, cette déclaration démontre une nouvelle fois comment le camp Bush utilise la menace terroriste pour convaincre les électeurs indécis. "La technique de la peur" s'indigne Alex, l'un des grands témoins de tf1.fr. Le récent bond du président sortant dans les sondages au lendemain de la Convention républicaine et de son discours axé sur un "monde plus sûr" semble donner pour l'instant raison à cette stratégie. Plus que les résultats globaux, un chiffre montre le déficit de John Kerry sur le sujet : Bush bénéficie d'une avance de 21 à 28 points lorsque les Américains sont interrogés uniquement sur le candidat le plus capable à faire face au terrorisme, effaçant ainsi les progrès qu'avait esquissés le sénateur du Massachusetts au début de l'été. 

 

"Honteux"

 

Cette focalisation de la campagne sur la lutte contre le terrorisme prend d'autant plus d'importance que les familles des victimes du 11 septembre font désormais partie du paysage politique, souvent au travers d'associations, parfois à titre individuel. Elles se sont transformées en gardien de la mémoire des presque 3000 disparus et ne ratent pas une occasion d'exprimer leurs opinions. Des structures comme "Les familles des victimes du 11 septembre pour un lendemain de paix" sont ainsi nées avec l'objectif de transformer "leurs douleurs communes en action pour la paix". Elle a ainsi été à l'origine de manifestations pour critiquer le déroulement de la Convention républicaine à New York. Selon une enquête du New York Times, sur 339 parents des victimes de l'effondrement des deux tours jumelles, plus de la moitié aurait préféré qu'elle se déroule dans une autre ville.

 

Un quart des mécontents reproche également aux républicains de récupérer politiquement les attaques à des fins électorales. Monica Gabrielle, qui a perdu son mari dans les attentats et se présente comme une électrice indépendante, se plaint que la Convention ait "augmenté les risques". "Qu'ils profitent de l'occasion pour parler des thèmes qui sont des conséquences directes des attentats du 11 septembre et de la guerre en Irak", demandait-elle alors. La guerre en Irak "n'a rien à voir avec le 11 septembre. Des innocents meurent à cause de faux renseignements et cela a créé une nouvelle sorte de terrorisme. C'est honteux" estime-t-elle.

 

                                   (photo d'archives : l'attentat contre le WTC, le 11/09/2001)

Par Fabrice AUBERT, avec AFP le 11 septembre 2004 à 18:01
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