© afp / Jeff Haynes62,5 millions de téléspectateurs pour le premier débat. Près de 47 millions pour le second, qui a subi pourtant la concurrence féroce du sport. Ils seront encore nombreux devant leur écran mercredi pour cet ultime face-à-face entre les deux candidats à la présidence, à Tempe en Arizona. De mémoire d'Américain, cela fait très longtemps qu'une campagne électorale n'a suscité un tel engouement. Et l'influence des débats télévisés est encore plus probante cette année : ils ont complètement relancé une campagne en perte de vitesse. Preuve en est le taux record des inscriptions de dernière minute sur les listes électorales et surtout la remontée fulgurante de John Kerry dans les sondages depuis le premier round.
Des sondages serrés
Assis sur une confortable avance après la convention républicaine, le président sortant voit aujourd'hui son adversaire empiéter sur ses plates bandes. Les derniers sondages les mettent quasi à égalité. Ainsi, l'étude USAToday/CNN/Gallup donne un point d'avance au démocrate à 49% contre 48%, Zogby lui accorde 3 points de plus, tandis que ABC News lui, donne l'avantage au républicain. Et il reste, certes de moins en moins, des indécis et des indépendants à convaincre. Selon l'étude Zogby, ils atteignent respectivement 6% et 16%. L'issue du scrutin n'a donc jamais paru aussi incertaine. D'où l'enjeu crucial de ce dernier débat.
D'autant que ce dernier porte sur les questions économiques et sociales, très peu abordées depuis le début de la campagne, dominée jusqu'alors par le conflit irakien. Chaque camp affûte ses arguments. George W. Bush a préparé le terrain ces derniers jours en dénonçant dans ses meetings l'attitude "gauchiste" de John Kerry dans son programme. Le démocrate prônerait une mainmise de l'Etat dans la vie des citoyens, une quasi-insulte aux Etats-Unis. "Mon adversaire veut renforcer l'Etat, je veux l'utiliser pour donner plus de pouvoirs aux gens", a déclaré le président sortant. John Kerry balaie d'un revers de main cette attaque : "tout cela se sont des étiquettes et les étiquettes ne veulent rien dire". De plus en plus confiant ces dernières semaines, le sénateur du Massachusetts apparaît assez à l'aise à la veille de ce troisième face-à-face.
Un Kerry à l'aise dans cet exercice
Et il a de quoi. Georges Bush a été meilleur dans le second débat, dans une confrontation directe avec le public. Mais autant il aime ce genre d'exercice, autant son adversaire démocrate préfère la forme du premier débat : face caméra. Excellent orateur, John Kerry sait jouer devant elle. George Bush semble plus mal à l'aise dans ce cas. Autre avantage pour le démocrate : les thèmes nationaux. L'Irak et la politique étrangère sont les terrains de prédilection du président sortant. Les questions intérieures sont, elles, l'apanage du candidat démocrate.
Mais rien n'est encore joué et force est de constater que personne ne peut préjuger de ce qui va se passer. Seules les chaînes de télévision se frottent les mains : ce troisième débat sera très suivi, dans un pays qui se découvre un intérêt pour la vie politique, comme jamais auparavant.
(Photo : premier débat entre G. Bush et J. Kerry le 30 septembre. AFP/Jeff Haynes)
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