Bush-Kerry, épisode 2

Par F.A., avec AFP, le 08 octobre 2004 à 18h33 , mis à jour le 07 octobre 2004 à 19h28

Les deux candidats à la Maison Blanche se retrouvent ce soir pour leur deuxième duel télévisé. Ils répondront en direct à des questions posées par des électeurs. L'économie et l'Irak figurent au menu.

[Expiré] [Expiré] bush kerry débat © AFP

2 candidats, 90 minutes, 150 électeurs et un animateur. George W. Bush et John Kerry se retrouvent ce soir à 21 h locales (3h, heure de Paris) à l'Université Washington de Saint-Louis, dans le Missouri, pour le deuxième de leurs trois débats télévisés. Ce face-à-face sera donc le seul à faire intervenir en direct des électeurs, mais ceux-ci devront soumettre leurs questions au préalable à l'animateur, en l'occurrence Charles Gibson, l'un des journalistes vedettes de ABC. Les règles draconiennes du premier duel ayant été renouvelées, les deux prétendants à la Maison Blanche ne pourront pas s'adresser directement l'un à l'autre.

 

Alors que John Kerry a profité du premier débat pour refaire son retard dans les sondages –il est même repassé en tête selon Newsweek, cette deuxième prestation est très attendue par le corps électoral et par l'ensemble des observateurs. Au contraire de vendredi dernier, le candidat démocrate, qui a montré ses qualités d'orateurs, se présente en position de favori. L'émission va en effet porter en partie sur l'économie, qui ne passe pas pour le point fort du bilan du président sortant. Un président sortant qui devra de nouveau également évoquer les difficultés rencontrées en Irak. Sur la forme, il devra surtout éviter les grimaces dans les moments délicats, des signes largement interprétés en sa défaveur la semaine dernière.

 

Kerry plus crédible sur l'économie

 

Côté économie, les électeurs font, selon les sondages, davantage confiance au sénateur du Massachusetts pour gérer les affaires, en particulier le système médical et les retraites. La ligne de défense de George W. Bush sur ce point est claire : "Quand j'ai pris mes fonctions en 2001, la bulle spéculative des années 90 avait éclaté, notre économie se dirigeait vers la récession. A cause des attentats du 11 septembre, près d'un million d'emplois ont été perdus en trois mois", a-t-il affirmé mercredi. Il assure que ses réductions d'impôts ont permis de relancer l'économie et de créer 1,7 million d'emplois sur les 12 mois écoulés, ramenant le taux de chômage à 5,4% pour 6,4% en juin 2003. Réplique de Kerry : Bush est le premier président depuis les années 30 sous le mandat duquel le bilan en termes de créations d'emplois se traduit par un déficit, de l'ordre d'un million. Le camp républicain attend en conséquence avec anxiété les chiffres du chômage pour septembre qui seront publiés vendredi matin.

 

Les questions sur l'Irak devraient aussi poser des problèmes à Bush. Depuis le débat de Miami, son ancien représentant en Irak, Paul Bremer, a souligné que le nombre de soldats déployés  avait été, dès le début de la guerre en mars 2003, insuffisant. Le chef des inspecteurs américains en Irak a de son côté admis mercredi devant le Congrès qu'il n'y avait pas de stocks significatifs d'armes de destruction massive cachés dans le pays avant le déclenchement du conflit. Kerry devrait ne pas manquer d'utiliser cet argument.

 

Le troisième et dernier débat, sur les questions intérieures, se déroulera le mercredi 13 octobre.

 

(photo afp-archives : John Kerry, à droite ; George W. Bush, à gauche, lors du premier débat, vendredi 30 septembre)

Par F.A., avec AFP le 08 octobre 2004 à 18:33
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