
D'un côté, Dick Cheney, 63 ans, homme de l'ombre qui ne prête pas trop attention à son look. De l'autre, John Edwards, 51 ans, homme du Sud aux origines modestes, à l'apparence soignée et au style flamboyant. Les deux candidats à la vice-présidence symbolisent à eux seuls l'antagonisme qui prévaut dans cette élection 2004.
L'unique débat télévisé qui va les opposer ce mercredi à 21 h locales (3h, heure de Paris) à l'Université de Cleveland, dans l'Ohio, s'annonce donc aussi vif que celui de vendredi dernier entre Bush et Kerry. Et même si son importance et l'attente qu'il suscite sont forcément moindres, ce duel sera néanmoins suivi avec intérêt par les observateurs. Tout d'abord parce que le ticket démocrate est revenu à la hauteur de son adversaire républicain dans les sondages –John Kerry est même donné en tête selon Newsweek. Ensuite, parce que, comme jeudi, l'Irak devrait être au cœur de l'affrontement.
Considéré comme l'un des faucons de l'équipe Bush, Dick Cheney n'exprime aucun remord sur la guerre. Au contraire, il la lie, encore plus que le président sortant, à la lutte contre les terroristes d'Al-Qaïda et affirme que ceux qui, comme John Kerry, s'y opposent, ne sont pas à la hauteur du nouvel enjeu créé par les attentats du 11 septembre 2001. "Je pense que l'idée selon laquelle il faudrait se retirer et rester à l'abri de nos océans, sans poursuivre agressivement les terroristes et ceux qui les soutiennent, est totalement irresponsable" a-t-il affirmé la semaine dernière. Privilégiant l'ironie pour se moquer du sénateur du Massachusetts, le vice-président pousse la critique très loin. Il a ainsi provoqué un tollé en avertissant que si les électeurs faisaient le "mauvais choix le 2 novembre", les Etats-Unis pourraient être à nouveau la cible de terroristes.
Chargé de répliquer, John Edwards a alors dénoncé l'attitude "non américaine" de Cheney, qui "a franchi la ligne rouge en agitant la peur". Depuis, le sénateur de Caroline du Nord martèle que "George W. Bush et Dick Cheney sont prêts à tout dire et tout faire pour sauver leurs postes". Il a ainsi délaissé ses harangues sociales sur "l'Amérique à deux vitesses", celle des riches et celle des autres "qui travaillent, mais ne s'enrichissent pas", qui lui a permis de s'imposer sur le ticket de Kerry après avoir brillé durant les primaires en début d'année. Plus globalement, le staff démocrate mise sur ses talents d'orateur pour contrer le discours bien rôdé de Dick Cheney, souvent présenté comme l'un des vice-présidents les plus influents de l'histoire américaine.
(photo-montage : Dick Cheney, à gauche ; John Edwards, à droite)
Adultère et détournements de fonds : l'ex-étoile démocrate risque 30 ans de prison
John Edwards, candidat à la vice-présidence en 2004 et adversaire de Barack Obama lors des primaires démocrates de 2008, est jugé pour avoir utilisé des fonds de campagne afin d'entretenir sa maîtresse et cacher le scandale.
Publié le 27/04/2012
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