Cheney, le vaccin qui fait mal

Par F.A., avec AFP, le 21 octobre 2004 à 11h08 , mis à jour le 21 octobre 2004 à 13h41

Alors que le pays est victime d'une pénurie de vaccins anti-grippe, le vice-président sortant s'est fait immuniser. Le camp démocrate ironise, en rappelant que George W. Bush a demandé de réserver ces vaccins aux plus vulnérables.

[Expiré] [Expiré] cheney afp © AFP

Depuis une dizaine de jours, la grippe a fait irruption dans la campagne électorale. Les Etats-Unis, qui importent la majorité de leurs vaccins, sont en effet victimes d'une pénurie consécutive à la suspension de la production de 46 à 48 millions de doses par les laboratoires britanniques Chiron, après une contamination bactérielle. De longues files d'attente, principalement de personnes âgées, se forment ainsi partout dans le pays devant les centres de soins et les pharmacies.

 

Pour éviter les bousculades, George W. Bush avait lancé un appel au calme lors du denier débat télévisé qui l'opposait à John Kerry le 13 octobre dernier : "mon message à nos concitoyens est : si vous êtes en bonne santé, ne vous faites pas vacciner contre la grippe cette année. Aidez-nous à donner la priorité à ceux qui ont besoin de ce vaccin, les personnes âgées et les jeunes" avait lancé le président. Le candidat démocrate avait répliqué en accusant son adversaire de ne pas avoir fait le nécessaire pour garantir des stocks suffisants.

 

"Faites ce que je dis, pas ce que je fais"

 

La polémique vient donc de rebondir une nouvelle fois : Dick Cheney, victime de quatre attaques cardiaques entre 1978 et 2000, a en effet été vacciné en début de semaine. "Il est vacciné chaque année sur la recommandation de ses médecins" a expliqué la porte-parole de la campagne républicaine. Outre le vice-président sortant, le secrétaire au Trésor, John Snow et le chef de la majorité républicaine au Sénat Bill Frist, ont également été vaccinés.

 

Le staff démocrate a vite exploité la situation : "Une fois de plus, l'administration Bush démontre qu'elle est l'administration du 'faites ce que je dis, pas ce que je fais'". "La Maison Blanche demande aux Américains de garder le calme face à la situation, mais certains de ses plus hauts responsables se font vacciner" a souligné le porte-parole de John Kerry.

 

Des sondages toujours aussi contradictoires


Au niveau national, selon les instituts et les jours, les résultats des enquêtes sont contradictoires, avec des scores qui oscillent entre 45% et 50 pour Bush ou Kerry.


Cette incertitude est la même Etat par Etat, notamment pour les "battleground states" où le combat final s'annonce très serré. Exemple avec l'Ohio, qui donnera vingt Grands électeurs à son vainqueur : Zogby y donne Bush gagnant (50-47), au contraire de l'Université de Cincinnati où Kerry mène avec 48% contre 46%. Rasmussen donne enfin les deux hommes à 47-47.

 

(photo afp-Roberto Schmidt : Dick Cheney, en meeting, le 07/10)

Par F.A., avec AFP le 21 octobre 2004 à 11:08
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