© INTERNEQuand tf1.fr a évoqué la question pour la première fois début septembre, il s'agissait plus de politique-fiction que d'un risque réel –le Washington Post l'estimait à 1,5%. Mais au fur et à mesure que le scrutin s'est rapproché, les observateurs se sont mis à évoquer de plus en plus cette possibilité : John Kerry et George W. Bush pourraient bel et bien se retrouver à égalité en terme de Grands électeurs au soir du 2 novembre. Un tel résultat, quoique exceptionnel, ne serait cependant pas unique. Il a déjà eu lieu en 1800 (Jefferson-Burr à égalité) et en 1824 (aucune majorité absolue entre les quatre candidats).
La raison, simple, tient à la complexité du système électoral américain. Le nombre de votes au collège électoral, qui élit formellement le président, est pair cette année : 538 (équivalent aux 435 membres de la Chambre des représentants, aux 100 Sénateurs et aux 3 sièges du District de Columbia). Si l'élection est aussi serrée que prévue, un score de 269 partout n'est pas à exclure. Selon ses dernières projections, basées sur les différents rapports de force dans les Etats acquis à l'un des deux candidats et sur les 11 "battleground states" où ils sont encore au coude à coude, le Washington Post souligne que 33 combinaisons différentes pourraient aboutir à ce ratio 269-269.
Un ticket Bush-Edwards ou Kerry-Cheney ?
Le code électoral prévoit alors que ce soit la Chambre des représentants, nouvellement élue, qui élise le président. Mais chaque Etat ne disposerait alors que d'une voix –soit cinquante votes au total. Les Etats très peuplés comme le Texas ou la Californie se retrouveraient donc avec le même poids que des Etats comme le Montana ou les deux Dakota. Cette sur-représentation des "petits" Etats dans ce cas de figure est l'un des arguments avancés par les partisans d'une réforme du mode de désignation du président. De leur côté, les 100 Sénateurs se chargent de choisir le nouveau vice-président. En théorie, rien n'empêcherait donc que les Etats-Unis se retrouvent dirigés par un duo Bush-Edwards ou Kerry-Cheney. Néanmoins, à la vue de la configuration actuelle du Congrès et des projections sur le scrutin législatif qui se déroulera également mardi, les républicains devraient garder la majorité et au Sénat et à la Chambre de représentants. Cela garantirait de fait la victoire de George W. Bush.
Au cas où une nouvelle égalité à 25-25 se dégage à la Chambre des représentants, le nouveau vice-président prendrait alors les rênes du pays. Et si le vote des Sénateurs pour le désigner se termine encore par une égalité à 50-50, le Speaker de la Chambre des représentants (ou le président du Sénat en cas d'empêchement) deviendrait le nouveau locataire de la Maison Blanche. Evidemment, une situation, si rocambolesque, n'a statistiquement presque aucune chance de voir le jour.
(photo-montage : George W. Bush, à gauche ; John Kerry, à droite)
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