Une révélation détonante

Par A.G. (avec afp), le 26 octobre 2004 à 09h49 , mis à jour le 26 octobre 2004 à 16h18

L'annonce de la disparition de près de 400 tonnes d'explosifs en Irak place George W. Bush sur la défensive alors qu'il axe la dernière semaine de sa campagne sur son bilan dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

[Expiré] [Expiré] "Whouah!" © AFP/ Robyn Beck

Près de 400 tonnes d'explosifs ont disparus en Irak. Volatilisés. D'après le New York Times, qui a révélé l’affaire lundi, les explosifs étaient stockés dans "l'un des sites les plus sensibles d'Irak" qui était "censé être sous contrôle américain". Ils auraient disparu dans les semaines qui ont suivi la chute de Bagdad, en avril 2003. A une semaine de l’élection présidentielle américaine, la révélation est détonnante.

Le porte-parole de la Maison Blanche, Scott McClellan, a admis lundi que le président Bush avait été mis au courant par l’Agence internationale de l’énergie atomique de cette disparition… il y a une dizaine de jours. Le Pentagone a demandé l’ouverture d’une enquête sur les circonstances possibles de la disparition, a-t-il par ailleurs annoncé, avant de tenter de minimiser l’affaire en remettant " les choses en perspective " : "les forces de la coalition ont nettoyé et inspecté un total de 10.033 caches de munitions et plus de 163.000 tonnes de munitions sont sous contrôle et prêtes à être détruites". McClellan a par ailleurs rappelé que dans les semaines qui ont suivi l'invasion de l'Irak en mars 2003, "il y avait un certain nombre de priorités" dont "la protection des gisements pétroliers pour qu'ils ne soient pas détruits" et la mise en place des infrastructures pour la reconstruction du pays.

"L'incroyable incompétence de Bush"

Sans surprise, John Kerry, le candidat démocrate à la présidentielle du 2 novembre, a immédiatement utilisé ces révélations contre son adversaire avec lequel il est au coude à coude dans les sondages. "Après avoir été averti des dangers que représentaient ces importants stocks d'explosifs en Irak, ce président n'a pas réussi à les faire garder", a-t-il dit au cours d'une réunion électorale à Dover, dans le New Hampshire, stigmatisant "l'incroyable incompétence de ce président et de cette administration".

La lutte contre le terrorisme et la guerre en Irak sont le thème central de la campagne. M. Bush a ainsi accusé lundi son rival d'avoir une "stratégie de  pessimisme et de retrait" en Irak et d'être incapable de mener la guerre contre  le terrorisme.

Halliburton et le génie militaire mis en cause

Bunnatine Greenhouse, une haute responsable du Génie militaire  américain, accuse des membres de l'état-major de ce corps spécialisé de l'armée d'avoir facilité l'octroi au groupe Halliburton de contrats sans appel d'offre  en Irak et dans les Balkans. Dans une lettre adressée au secrétaire par intérim pour l'armée de terre, elle affirme avoir été soumise à de multiples pressions de ses supérieurs pour que Kellog Brown and Root (KBR), une filiale du groupe Halliburton qu'avait dirigé Dick Cheney avant de devenir vice-président américain, reçoive des contrats représentant plusieurs milliards de dollars. "Ces pratiques ont un impact direct sur l'intégrité du programme fédéral d'attribution des contrats", fait-elle valoir dans cette lettre. Selon des sources judiciaires militaires, le dossier a été transmis pour  examen par Les Brownlee à l'inspecteur général des armées.

Mme Greenhouse a décidé de saisir les plus hautes autorités du Pentagone après que le commandant en chef du Génie a, au début du mois, exclu toute enquête sur ces abus, selon son avocat, Michael Kohn.

Photo d'ouverture : Georges Bush lors d'un meeting (archives)

Par A.G. (avec afp) le 26 octobre 2004 à 09:49
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