Attentat à Bagdad, au premier jour du ramadan, le 23 septembre 2006 © TF1/LCIA quelques semaines des législatives du 7 novembre, c'est une fuite dont George W. Bush se serait bien passé. Les conclusions d'un rapport confidentiel -Tendances du terrorisme mondial : implications pour les Etats-Unis- des services de renseignements américains sont en effet désastreuses : "La guerre en Irak a aggravé le problème général du terrorisme", explique le texte, publié par The New York Times. Interrogé par l'autre quotidien de référence, un responsable des services secrets confirme dans The Washington Post qu'"il s'agit d'une analyse très franche de la situation, qui énonce des évidences".
Le rapport ne contient aucune indication quant à la probabilité de nouvelles actions terroristes sur le sol américain. Mais il souligne que la menace générale que fait courir le terrorisme s'est accrue depuis le 11 septembre 2001, contrairement à ce qu'indique le président américain. "Le monde est plus sûr parce que Saddam Hussein n'est plus au pouvoir et la guerre en Irak est le front principal de la guerre comme le terrorisme", avait-il lancé le 11 septembre dernier, lors des célébrations du 5e anniversaire des attaques contre le WTC et le Pentagone.
Les 16 agences de renseignements du gouvernement, qui ne peuvent être soupçonnées de faire de la politique, s'accordent à dire que si les Etats-Unis ont causé des dommages importants à Al-Qaïda et entravé sa capacité à planifier et à diriger des opérations majeures, les réseaux islamistes se sont décentralisés et étendus. Nombre des nouvelles cellules terroristes ne sont pas connectées à une structure centrale et se développent indépendamment. Elles communiquent uniquement entre elles et trouvent leur inspiration, idéologie et tactiques sur les quelque 5 000 sites internet islamistes.
La Maison-Blanche minimise
L'opposition démocrate a évidemment sauté sur l'occasion pour attaquer la stratégie de l'administration républicaine, qui a lancé une campagne agressive pour convaincre les électeurs que la mission irakienne s'inscrit dans une "guerre mondiale contre le terrorisme", qu'ils seraient moins en sécurité si les GI's se retiraient maintenant d'Irak et, implicitement, que les républicains sont les meilleurs garants de leur sécurité. Ce rapport "devrait représenter le coup de grâce pour les explications bidon du président Bush au sujet de la guerre en Irak", lance l'influent sénateur du Massachusetts, Edward Kennedy. "Combien faudra-t-il de rapports indépendants, combien de morts, jusqu'où l'Irak doit-il plonger dans la guerre civile pour que la Maison-Blanche se réveille et change de stratégie en Irak", souligne-t-il.
Sans surprise, la Maison-Blanche a réagi en tentant de minimiser la portée des révélations de la presse et en affirmant que l'administration Bush n'avait pas l'intention de modifier sa stratégie contre le terrorisme islamiste. "Nous avons toujours dit que les terroristes étaient déterminés. Maintenir la pression et rester dans l'offensive est le meilleur moyen de gagner la guerre contre le terrorisme", lance le porte-parole du président.
D'après agences
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