Jeffrey Skilling, ex-PDG d'Enron condamné à 24 ans de prison © TF1/LCI "Les crimes de cette ampleur méritent une sanction sévère", a assuré le juge Sim Lake en rendant la sentence. Jeffrey Skilling, l'ex-PDG d'Enron, a été condamné à 24 ans et 4 mois de prison lundi à Houston, au Texas, pour sa responsabilité dans la faillite en 2001 du géant du courtage en énergie. Il a également été condamné à verser 45 millions de dollars de dommages et intérêts aux investisseurs d'Enron. A 52 ans, l'ancien dirigeant d'Enron avait été reconnu coupable le 10 mai de 19 chefs d'accusation, notamment de fraude et de complot. Il a indiqué qu'il comptait faire appel de ce jugement.
Jeffrey Skilling est ainsi l'ancien dirigeant d'Enron le plus lourdement condamné dans ce procès qui entendait juger le scandale d'entreprise le plus important de l'histoire américaine. Il comparaissait seul car son coaccusé Kenneth Lay, lui aussi reconnu coupable en mai, est décédé en juillet d'un arrêt cardiaque. Les deux hommes avaient symbolisé les abus du monde de l'entreprise au tournant du siècle. Grevé par quelque 40 milliards de dollars de dettes, le courtier en énergie avait fait faillite fin 2001 à la suite de malversations comptables orchestrées par ses dirigeants.
Il clame son innoncence
"Je suis innocent de ces accusations", a assuré, Jeffrey Skilling au cours de l'audience, en promettant d'"exercer tous (ses) droits constitutionnels". Lors de leur procès, Jeffrey Skilling et Kenneth Lay avaient affirmé qu'ils n'étaient pas au courant des montages financiers du directeur financier Andrew Fastow qui avait créé des sociétés financières parallèles pour masquer les pertes du groupe. Andrew Fastow avait, lui, plaidé coupable et a accepté de collaborer avec la justice, ce qui lui avait valu une condamnation de six ans de prison seulement. Il avait été appelé à témoigner contre ses anciens patrons et avait affirmé qu'ils étaient au courant et que Jeffrey Skilling l'avait encouragé dans ses activités.
Lors de son procès, Jeffrey Skilling n'a cessé de plaider la bonne foi. Il avait soutenu aux jurés qu'il avait vendu pour plus de 60 millions de dollars d'actions d'Enron dans les mois qui avaient précédé la faillite car il entendait ainsi "diversifier" son portefeuille en raison des inquiétudes pesant sur l'économie américaine après les attentats du 11 septembre 2001. Il avait pris le poste de PDG d'Enron début 2001 avant de démissionner à la surprise générale en août. Quelques mois plus tard, Enron, dont le chiffre d'affaires approchait 100 milliards de dollars, avait fait faillite, mettant au chômage plusieurs milliers de personnes et ruinant ses actionnaires.
(D'après agence)
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