La Maison-Blanche. © sxc.hu/SkyringAlors que les primaires débuteront en janvier 2008, la campagne commencera quant à elle au lendemain des élections législatives du 7 novembre. De nombreux candidats, officieux et officiels, se dégagent, aussi bien chez les républicains que chez les démocrates. LCI.fr passe en revue les principaux avec Frank Baumgartner, professeur de sciences politiques à l'Université de Penn State, en Pennsylvanie.
- PARTI REPUBLICAIN
Le parti de l'éléphant se trouve dans une situation qui n'était pas arrivée depuis 1928 : ni le président, ni son vice-président, ne sont en effet candidats. George W. Bush ne peut se représenter après avoir effectué ses deux mandats. De son côté, Dick Cheney, atteint de problèmes cardiaques, a depuis longtemps fait savoir qu'il ne briguerait pas la Maison-Blanche. Résultat : la course à l'investiture est plus ouverte que jamais.
- John McCain, 69 ans.
L'influent sénateur républicain de l'Arizona est un électron libre, au verbe haut, qui n'hésite pas à s'opposer à la discipline de vote de son parti. Déjà candidat aux primaires en 2000, il
avait longtemps menacé George W. Bush. Depuis, ce vétéran du Vietnam a été l'un des plus féroces partisans de la guerre en Irak, mais a ensuite vivement demandé la démission de Donald Rumsfeld pour l'impréparation des troupes. Il a aussi fait voter un amendement contre la torture après le scandale d'Abou Ghraib.
"Il est le favori logique chez les républicains. Son sort dépendra en partie de Bush. Si le président le soutien, alors il a de fortes chances d'obtenir l'investiture. Son côté 'indépendant' serait un atout en raison de la méfiance désormais inspirée par les républicains. Il peut ainsi se présenter comme un 'républicain pour le changement'", explique Frank Baumgartner. Un bémol : son âge.
- Rudolph Giuliani, 62 ans.
L'ancien maire républicain de New York -une ville à forte majorité de sympathisants
démocrates- surfe toujours sur la sympathie engendrée pour sa réaction lors des attentats du 11-Septembre. Son bilan à la tête de "Big Apple", notamment la diminution de la criminalité et la prospérité économique, joue également en sa faveur. Et il n'est pas lié aux ratés de l'administration Bush.
"Cela m'étonnerait néanmoins qu'il se lance dans la course. Sa réputation nationale est un peu trop limitée. Comme 'candidat possible', il se trouve dans une très bonne situation, qui lui permet notamment de multiplier les sources de financement", indique Frank Baumgartner. Un autre bémol : ses prises de position en faveur de l'avortement, auquel la plupart des électeurs républicains sont opposés.
- Condoleezza Rice, 51 ans.
Officiellement, la secrétaire d'Etat n'a jamais dit qu'elle souhaitait se lancer dans la course à l'investiture. Mais certains se prennent à rêver d'un duel avec Hillary Clinton.
"A la fois comme première femme et comme premier candidat de couleur pour représenter les républicains, ce serait très intéressant et elle marquerait des points face aux démocrates. Mais elle est trop identifiée à la guerre en Irak et n'est pas vraiment une politicienne avec des réseaux et des contacts", note Frank Baumgartner.
Conclusion : à l'heure actuelle, John McCain est le favori logique pour gagner l'investiture.
- PARTI DEMOCRATE
Dans l'opposition depuis 8 ans, le parti n'a pas de candidat "naturel". Ils sont nombreux à vouloir le représenter en 2008.
- Hillary Clinton, 59 ans.
Candidate à sa réélection au poste de sénatrice de New York, la femme de l'ex-président est la favorite des sondages pour les primaires du parti de l'âne. Cliquez ici pour lire notre article.
- Al Gore, 58 ans.
L'ancien vice-président de Bill Clinton, battu dans les circonstances que l'on connaît en 2000,
s'est fait discret depuis. Absent en 2004, il est revenu sur le devant de la scène avec son cheval de bataille, le réchauffement climatique, au cœur du documentaire La vérité qui dérange (cliquez ici pour voir son interview sur le sujet). "Néanmoins, je ne pense pas qu'il se lance. Il a été très affecté en 2000 et a depuis changé de vie", estime Frank Baumgartner.
- John Kerry, 62 ans.
Il est traditionnellement rare de voir un candidat battu se représenter quatre ans plus tard. Et il est encore plus rare qu'il obtienne l'investiture -le dernier en date est le démocrate Adlai Stevenson en 1956. "Kerry sera candidat à l'investiture, c'est certain. Mais il aura beaucoup mal. Il a déjà eu sa chance. Il ne l'a pas saisie", observe Frank Baumgartner.
- Jonathan Edwards, 53 ans.
L'ancien co-listier de John Kerry n'a pas fait savoir s'il était partant. Mais il n'a pas non plus fermé la porte, en laissant actifs les clubs politiques qui le soutiennent. Comme simple candidat à la vice-présidence, il a été moins marqué politiquement par la défaite de 2004 que John Kerry.
- Barack Obama, 45 ans.
C'est l'étoile montante du parti démocrate. Si le sénateur noir de l'Illinois se lance dans la course, il s'agira surtout d'un galop d'essai pour 2012 ou 2016. "Son manque d'expérience est effectivement un handicap. Mais il se trouve un peu dans la situation de Kennedy en 1960 qui, lui aussi, n'avait siégé que deux ans au Sénat avant d'être élu", remarque Frank Baumgartner.
Conclusion : en l'état actuel de la course, la situation est très obscure. "Un candidat encore inconnu, comme l'étaient Carter en 1974 et Clinton en 1990, peut très bien chambouler l'équilibre fragile", souligne Frank Baumgartner.
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