© sxc.huClaque ou déroute ? A deux semaines des élections législatives de mi-mandat qui vont renouveler le Congrès, la question n'est plus de savoir si les républicains vont s'incliner face aux démocrates. La question concerne l'ampleur de leur défaite. Majoritaires à la fois à la Chambre des représentants et au Sénat, ils ne devraient, selon les derniers sondages, que garder, au mieux, le second.
Principale raison de ce probable cinglant désaveu pour l'administration Bush : le bourbier irakien. Le mois d'octobre s'annonce déjà comme l'un des plus meurtriers pour l'armée américaine depuis le début de la guerre en mars 2003. Le 7 novembre, jour du scrutin, le chiffre de 2 800 victimes devrait être dépassé. D'après le Pew Center, 51% des Américains citent l'Irak comme l'un des sujets les plus importants pour leur choix et 58% jugent que les choses se passent mal dans ce pays. Ces élections parlementaires s'apparentent donc comme un référendum sur la stratégie de la Maison-Blanche.
Prise de distance
Résultat : la bataille se déroulant en partie sur des bilans locaux, de nombreux sortants républicains craignant pour leur réélection prennent leur distance avec Washington. A l'instar de leurs adversaires démocrates, deux sénateurs influents, Chuck Hagel et John Warner, ont ainsi demandé un changement de cap radical. D'après les médias américains, la commission spéciale sur l'Irak, chargée de faire des propositions et présidée par l'ancien secrétaire d'Etat républicain James Baker, s'apprête d'ailleurs à suggérer des changements majeurs : soit un retrait des troupes par étapes, soit des discussions avec l'Iran et de la Syrie.
Les analystes restent toutefois prudents sur le rôle déterminant de l'Irak dans ces élections. "Le nom de George W. Bush ne sera pas sur les bulletins de vote", relève-t-on à la Brookings Institution. De leur côté, les démocrates doivent convaincre de leur capacité à agir différemment en Irak, au-delà de leurs critiques. "La seule chose qui les unit, c'est leur opposition à la politique de M. Bush dans ce pays. En revanche, leur programme concernant l'Irak est beaucoup plus flou" souligne Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l'Université de Virginie.
L'épouvantail ben Laden
Autre mauvaise nouvelle pour les républicains : les dernières enquêtes montrent que les électeurs font désormais autant confiance, voire plus, aux démocrates pour les questions de sécurité et de terrorisme, chasse gardée traditionnelle du parti de l'éléphant.
Pour sauver ce qui peut encore l'être, ils ont donc ressorti leur épouvantail : Oussama ben Laden. Le chef d'Al-Qaïda apparaît ainsi dans un clip télévisé stressant où il promet de nouveaux attentats. Pour les éviter, une seule solution : "votez républicain" (cliquez ici pour voir la vidéo).
Retour MYTF1
Chargement en cours...




