© AFP/M.LimaMalgré le scandale de l'achat d'un dossier anti-opposition ayant éclaboussé son Parti des travailleurs (PT) à deux semaines du premier tour, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva part grand favori du second tour de l'élection présidentielle, organisé ce dimanche. Lula, qui a manqué de peu la réélection au premier tour en raison même de ce scandale, a depuis effectué un redressement spectaculaire.
Le 1er octobre, il avait recueilli 48,6% des suffrages exprimés, contre 41,6% à Geraldo Alckmin, son adversaire du Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB). Selon les derniers sondages, il obtiendrait désormais 61% des voix contre 39% à l'ancien gouverneur de l'Etat de Sao Paulo.
Vote de protestation
Selon les analystes qui prévoyaient au départ un second tour difficile pour Lula, il apparaît maintenant que le bon score réalisé par Alckmin au premier tour reflétait plus un vote de protestation qu'une adhésion au candidat du PSDB et à son programme. "Le non, incarné par Alckmin au premier tour, a rassemblé 40 millions de voix. Mais ce n'étaient pas ses voix, mais celles de personnes décidées à soumettre Lula à un second tour. Aujourd'hui, Lula récupère une bonne partie de l'électorat du non, grâce aux bons chiffres de son gouvernement", selon l'institut de sondages Ibope.
Les Brésiliens les plus pauvres constituent toujours les gros bataillons des électeurs de Lula : grâce aux programmes d'aide sociale, à la hausse du salaire minimum et au ralentissement de l'inflation, la misère a reculé en quatre ans, même si le Brésil connaît un taux de croissance plus faible que la plupart des pays émergents. Et comme rien n'est venu étayer l'affaire du "dossiergate", Lula a regagné entre les deux tours des électeurs dans pratiquement tous les segments de l'électorat, que ce soit par revenu, par niveau de scolarité, par âge ou par sexe.
"Le sûr contre le douteux"
De son côté, hormis ses attaques sur le thème de la corruption du gouvernement, Alckmin a basé sa campagne sur son image d'administrateur compétent dans l'Etat de Sao Paulo, capable de soumettre l'Etat brésilien à un "choc de gestion". L'équipe de campagne de Lula a habilement retourné ce thème au contenu programmatique vague pour lancer un procès d'intention contre le candidat du PSDB : Alckmin envisagerait en fait de nationaliser les principales compagnies comme Petrobras, Banco do Brasil, les Postes, et de mettre en péril l'emploi par une politique drastique de diminution des dépenses de l'Etat.
Alckmin s'est démené lors de tous les débats pour dénoncer ces "mensonges" et une campagne d'insinuation sur l'éventuelle suppression du programme d'assistance aux plus pauvres "Bourse Famille". Mais le candidat du PSDB s'est retrouvé sur la défensive face au slogan de la campagne de Lula : "Je n'échange pas le sûr contre le douteux, c'est de nouveau Lula que je veux".
D'après agences
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