"Il n'y a pas de formule magique" pour sortir du bourbier irakien

le 06 décembre 2006 à 06h48 , mis à jour le 06 décembre 2006 à 22h15

Le rapport de la commission coprésidée par James Baker sur l'Irak a été remis à Bush. Elle préconise un retrait progressif, sans fixer de calendrier.

TF1/LCI George W. Bush reçoit le rapport sur la stratégie en Irak, remis par James Baker, le 6 décembre 2006.George W. Bush reçoit le rapport sur la stratégie en Irak, remis par James Baker, le 6 décembre 2006. © TF1/LCI

"La situation en Irak est grave et se détériore". Au lendemain de la reconnaissance par le futur patron du Pentagone, Robert Gates, que les Etats-Unis ne sont pas en train de gagner en Irak, le rapport publié sur ce même thème par une commission indépendante était extrêmement attendu. Fruit d'un travail de huit mois de dix républicains et démocrates, il a été remis ce mercredi au président George W. Bush. Renforçant sa crédibilité, le Groupe est coprésidé par un ex-secrétaire d'Etat, James Baker, homme de confiance de la famille Bush, et un ex-parlementaire démocrate, Lee Hamilton. Il compte parmi ses membres un ex-secrétaire général de la Maison Blanche, une ex-membre de la Cour suprême et un ancien ministre de la Justice, Edwin Meese.

 Alors que 140.000 militaires américains sont présents en Irak, que près de 3000 soldats et personnels assimilés sont morts depuis mars 2003, que 22.000 ont été blessés et que le coût de la guerre dépasse les 350 milliards de dollars, le Groupe préconise un retrait progressif d'ici début 2008 de l'essentiel des troupes de combat américaines, sans pour autant fixer de calendrier précis.  Si les conditions le permettent, le Pentagone serait ainsi appelé à retirer 15 brigades de combat et à laisser quelque 70.000 hommes, notamment une force de réaction rapide, des instructeurs et des logisticiens. Stratégiquement, l'armée américaine passerait d'un rôle de combat à un rôle de soutien à son homlogue irakienne.

La Syrie et l'Iran remises dans le jeu ?

Sur le plan diplomatique, le document appelle l'administration Bush à surmonter sa réticence à dialoguer directement avec la Syrie et l'Iran, pour les inviter à une conférence régionale sur l'Irak.  Il souligne également qu'un engagement renouvelé des Etats-Unis en faveur de la résolution du conflit israélo-palestinien est indispensable pour améliorer la situation en Irak. Sur le plan politique, il insiste sur le fait que le gouvernement irakien doit faire des progrès substantiels pour ne pas perdre le soutien américain.

Le président américain, qui avait d'avance fait valoir qu'il n'était pas dans l'obligation d'appliquer les recommandations de la commission Baker, s'est engagé à en étudier "très sérieusement" les conclusions lorsque le rapport lui a été remis. Sa défaite électorale en novembre et le désarroi de l'opinion américaine devant la dégradation quotidienne de la situation en Irak lui laissent, il est vrai, une faible marge de manoeuvre. Une décision présidentielle sur la politique à mener en Irak est attendue dans les semaines à venir, selon la Maison Blanche.

D'après agence

le 06 décembre 2006 à 06:48
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16 Commentaires

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  • Francois, le 07/12/2006 à 11h24

    A Regis de Paris : je trouve regrettable que vous parliez des GIs en ces termes. Ils ne font qu'obéir aux ordres et sont aussi les victimes de la politique de leur président. Il ne faut pas se tromper : le régime de Saddam était incroyablement meurtrier pour la population irakienne. Les confrontations actuelles ne viennent que du fait que la chappe de plomb tyranique qu'avait mis Saddam sur son pays a cessé. Il faut savoir également que ce pays composé de 3 factions qui se haissent a été créé de toutes pièces par les ex-colonisateurs... Il faut aussi comprendre qu'une grande partie des américains a suivi Bush par naiveté et bonté. Une volonté de libérer ce pays du joug d'un tyran et de tenter d'y rétablir la liberté, et que la majorité des américains accepte de payer le coût humain pour faire progresser la liberté dans le monde. Je parle du peuple américain et non des gouvernants. Qui en France est prêt à mourir avec le but d'apporter la liberté dans un pays étranger ?... C'est pour cela que les américains (le peuple) n'ont pas compris la position française. Reconnaissons un petit peu cette noblesse du peuple américain, qui il est vrai a été dupé par ses gouvernants, mais qui verse son sang pour la liberté. Certaines réactions que je qualifie d'anti-américanisme primaire me paraissent déplacées. De plus, les Etats-Unis ont fait une grosse erreur, mais ce rapport est aussi un exemple pour nous : républicains et démocrates ont réfléchi ensemble aux moyens et actions pour corriger cette erreur. Encore un exemple pour la France... La France aussi a commis des erreurs, mais à ma connaissance on n'a jamais eu de comités bi-partisans pour oeuvrer à la résolution de ces erreurs. Certes les américains font des erreurs, mais sur certains points nous pourrions nous inspirer de leur exemple...

  • Ben, le 07/12/2006 à 10h36

    Bush est à mes yeux un criminel de guerre.

  • Frank, le 07/12/2006 à 00h46

    La bêtise persiste et signe: après avoir livré une guerre qui était une monumentale erreur, l'administration US montre une fois de plus que la c...rie humaine n'a pas de limite. Ils menacent les irakiens de leur retirer leur support politique, militaire et financier si le gouvernement irakien ne réussit pas à améliorer la sécurité du pays. Bien sûr, retirer le peu de support qu'ils ont va les aider à atteindre leurs objectifs. Quand l'ONU ne veut pas nettoyer le m..ier irakien, on oblige les irakiens à le faire. Tout le monde se doit de faire le nettoyage, sauf les premiers responsables. Pauvre Irak.

  • Jules, le 06/12/2006 à 23h50

    Et heureusement que Nicolas Sarkosy n'était pas président quand Bush a déclaré la guerre à l'Irak sinon nous serions dans le même bourbier étant donné son allégeance vis à vis des Américains. Combien de victimes aurions nous ? Pourvu qu'il ne le devienne jamais !!

  • Al sid cheikh, le 06/12/2006 à 23h43

    Depuis qu'il ont envahi l'irak pour y apporter la démocratie "de force", il y a plus de mort sous l'occupation américaine que pendant toutes les années ou saddam a imposé la dictature; mais imposer la démocratie n'est-ce pas une forme de dictature ? et bush va quand même s'en sortir.....

  • Nadia shuman, le 06/12/2006 à 19h56

    Voilà le sort des enfants obstinés voilà le sort des......, ça prêterait presque à rire s'il n'y'avait pas toute cette tragédie. y'aura t-il un TPI pour juger les responsables de cette guerre qui a détruit Un Pays vieux de 3000 ans et endeuillé plus de 2000 familles américaines.

  • Dominique, le 06/12/2006 à 18h46

    Enfin en voila une personne qui ai raisonable !!!!!!!

  • Hachemi, le 06/12/2006 à 18h26

    Faut-il se lamenter à ce que les américains soient dans un bourbier? Bien fait pour eux!!!Fallait pas voter pour un président débile!!!Fallait pas y aller et destituer illégalement un président élu,en l'occurence Saddam Hussein.heureusement que Jacques Chirac dans sa sagesse et son flair, n'a pas embarqué la France dans cette galére, ce que n'a pas fait le toutou Blair.Messieurs les Anglo-Américains"démerdez vous!!!" et au lieu de votre crédo sacro saint sur la démocratie, laissez les peuples tranquilles et restez chez vous!!!!

  • Michel Bernard, le 06/12/2006 à 18h23

    S'il y a des ressources exploitables en Syrie, en Iran et en Palestine, les Etats-Unis n'auront aucun scrupules à renouer le dialogue et à encourager le développement de ces pays. Comptons sur l'équipe de G Bush pour trouver son intérêt même chez son pire ennemi. MB

  • ABISHA, le 06/12/2006 à 18h23

    Cette formule est vivement vraie car la force ne peut rien résoudre les conflits planetaires notamment celui de l'irak. si les Etas-unis n'acceptent de jouer la diplomatie par la négociation des pays voisins de l'irak surtout l'iran et la syrie, le chao continuera toujours à règner. or cette acceptation impliquerait pour bush une défaite alors que pour lui cela serair difficile à avaler.cela impliquear aussi que ces deux pays sont les maîtres des lieux alors que bush les sous-éstiment tout en leur ménaçant, donc cette dans sera difficile à danser par bush, et pourtant elle semblerait porteuse d'espoirs de paix. l'autre problème est que les Etants veraient mal à envisager une diplomatie pour arriver à une solution paisible alors que bush et les siens ont rejetté les propositions unisiennes. Là aussi c'est la dérive totale de voir les états unsi être contre l'ONU.Une autre question relève de la situation israélo-palestinien, puisque les arabes sont hostiles de la politique menées par les etants-unsi alors qu'ils sont les seuls à pouvoir résoudre ce conflit de longue date.Aller en Irak était une erreur fondée sur des mensonges diplomatiques, alors aujourd'hui, Bush ne trouve pas facile de quitter ce pays avec échec total qu'il n'accepte pas. Se mettre sur table ronde devant une onu digne et les pays arabes pour résoudre les problèmes de cette région serait la seule solution, malgré la réticence de Bush.

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