George W. Bush reçoit le rapport sur la stratégie en Irak, remis par James Baker, le 6 décembre 2006. © TF1/LCI"La situation en Irak est grave et se détériore". Au lendemain de la reconnaissance par le futur patron du Pentagone, Robert Gates, que les Etats-Unis ne sont pas en train de gagner en Irak, le rapport publié sur ce même thème par une commission indépendante était extrêmement attendu. Fruit d'un travail de huit mois de dix républicains et démocrates, il a été remis ce mercredi au président George W. Bush. Renforçant sa crédibilité, le Groupe est coprésidé par un ex-secrétaire d'Etat, James Baker, homme de confiance de la famille Bush, et un ex-parlementaire démocrate, Lee Hamilton. Il compte parmi ses membres un ex-secrétaire général de la Maison Blanche, une ex-membre de la Cour suprême et un ancien ministre de la Justice, Edwin Meese.
Alors que 140.000 militaires américains sont présents en Irak, que près de 3000 soldats et personnels assimilés sont morts depuis mars 2003, que 22.000 ont été blessés et que le coût de la guerre dépasse les 350 milliards de dollars, le Groupe préconise un retrait progressif d'ici début 2008 de l'essentiel des troupes de combat américaines, sans pour autant fixer de calendrier précis. Si les conditions le permettent, le Pentagone serait ainsi appelé à retirer 15 brigades de combat et à laisser quelque 70.000 hommes, notamment une force de réaction rapide, des instructeurs et des logisticiens. Stratégiquement, l'armée américaine passerait d'un rôle de combat à un rôle de soutien à son homlogue irakienne.
La Syrie et l'Iran remises dans le jeu ?
Sur le plan diplomatique, le document appelle l'administration Bush à surmonter sa réticence à dialoguer directement avec la Syrie et l'Iran, pour les inviter à une conférence régionale sur l'Irak. Il souligne également qu'un engagement renouvelé des Etats-Unis en faveur de la résolution du conflit israélo-palestinien est indispensable pour améliorer la situation en Irak. Sur le plan politique, il insiste sur le fait que le gouvernement irakien doit faire des progrès substantiels pour ne pas perdre le soutien américain.
Le président américain, qui avait d'avance fait valoir qu'il n'était pas dans l'obligation d'appliquer les recommandations de la commission Baker, s'est engagé à en étudier "très sérieusement" les conclusions lorsque le rapport lui a été remis. Sa défaite électorale en novembre et le désarroi de l'opinion américaine devant la dégradation quotidienne de la situation en Irak lui laissent, il est vrai, une faible marge de manoeuvre. Une décision présidentielle sur la politique à mener en Irak est attendue dans les semaines à venir, selon la Maison Blanche.
D'après agence
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