L'heure de la sentence pour Nathalie Gettliffe

le 04 décembre 2006 à 08h41 , mis à jour le 04 décembre 2006 à 08h52

La juge canadienne devrait décider du sort de la Française, emprisonnée depuis avril dernier, ce soir vers 19 heures, heure française.

[Expiré] [Expiré] nathalie gettliffe © AFP

Nathalie Gettliffe, emprisonnée depuis avril au Canada, où elle a accouché en prison, devrait être fixée sur son sort ce lundi à 19 heures, heure française. La juge Marvyn Koenigsberg a entendu jeudi et vendredi derniers les arguments du ministère public et de la défense sur la peine devant être imposée à cette Française qui a plaidé coupable en novembre de l'enlèvement de deux de ses enfants nés de son mariage avec le Canadien Scott Grant. Elle avait fui pour la France avec ses deux aînés, aujourd'hui âgés de 11 et 12 ans, alors que plus rien n'allait entre elle et son ex-mari, dont elle s'était séparée en 2000, en raison notamment de son appartenance à une Eglise controversée, décrite en France comme une secte.

Nathalie Gettliffe avait été arrêtée en avril à Vancouver pour avoir quitté le Canada en 2001 avec ses deux enfants, contrevenant à une décision de justice, un délit passible de 10 ans de prison. Qualifiant cette affaire de "vraiment horrible", la juge a déclaré que l'élément "le plus important" dont elle tiendrait compte dans sa décision est que Nathalie Gettliffe n'a pas semblé avoir mesuré les conséquences pour les enfants de sa décision de les priver de leur père en les emmenant en France. "Le plus grand mal subi par les enfants, ce n'est pas les cinq ans qu'ils ont passés en France. C'est qu'ils haïssent leur père", a-t-elle dit.

Des excuses et des larmes à l'audience

Au tribunal, Nathalie Gettliffe a présenté en larmes ses excuses à ses enfants et son ex-mari, dit qu'elle assumait "pleinement la responsabilité" de ses actes et exprimé le souhait de "pouvoir quitter aussi rapidement que possible" la prison "afin de reprendre ma relation avec mes enfants et travailler avec leur père". Le ministère public a accusé pour sa part la Française de "s'être comportée" depuis le début "comme la victime" dans cette affaire, alors que "les vraies victimes" sont plutôt ses deux enfants et son ex-mari, contre lequel elle n'a cessé de proférer des "mensonges" pour justifier ses actes.

L'accusation a requis une sentence de deux ans, moins un crédit de 10 mois pour le temps déjà passé en prison et une mise à l'épreuve de trois ans. En général, le temps passé en préventive compte double au Canada, mais l'accusation demande que cette période ne s'applique qu'à partir du moment où les enfants ont été remis à leur père par la justice française, début juillet, et non à compter d'avril. L'avocat de la jeune femme, Me Richard Fowler, a plaidé le contraire sur ce point et demandé que la peine n'excède pas 16 à 18 mois, soutenant que sa décision n'était pas "préméditée". La juge a le pouvoir d'imposer une peine supérieure ou moindre que celles requises par les parties.

(D'après agence)

le 04 décembre 2006 à 08:41
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