© AFP/K.Bleier"Non, monsieur". Non, les Etats-Unis ne sont pas en train de l'emporter en Irak, a estimé mardi Robert Gates, successeur désigné de Donald Rumsfeld à la tête du Pentagone, en réponse à une question du sénateur Carl Levin. Il a ajouté que Washington n'était pas non plus en train de perdre "au stade actuel".
L'ancien directeur de la CIA, qui intervenait dans le cadre de son audition de confirmation devant la commission des forces armées du Sénat, a déclaré que George Bush attendait de lui un regard neuf sur la guerre et que toutes les options étaient envisagées. "Le cap que nous suivrons l'année prochaine ou dans les deux années à venir déterminera si les peuples américain et irakien, et le prochain président des Etats-Unis, assisteront à une amélioration lente et régulière de la situation en Irak et dans la région, ou s'ils seront confrontés au risque très réel d'une conflagration régionale", a-t-il dit.
Il a ainsi estimé que l'Arabie saoudite, la Turquie et la Syrie s'impliqueraient tous de plus en plus dans le conflit si les Etats-Unis abandonnaient l'Irak au chaos. "Ma plus grande préoccupation, si nous menons mal l'affaire dans l'année ou les deux années qui viennent, et si nous laissons l'Irak dans le chaos, est qu'une série de puissances régionales s'impliqueront en Irak", a-t-il dit.
"Franchise" appréciée par les démocrates
En ce qui concerne le problème de l'Iran et de son programme nucléaire, Gates a déclaré : "Je pense qu'une action militaire contre l'Iran ne serait décidée qu'en dernier ressort absolu." "Nous avons vu en Irak qu'une fois la guerre engagée, elle devient imprévisible, et je crois que les conséquences d'un conflit militaire avec l'Iran pourraient être passablement dramatiques", a-t-il ajouté.
Le président Bush a choisi Gates pour le poste de secrétaire à la Défense en remplacement de Rumsfeld, artisan de l'intervention militaire en Irak qui a remis sa démission au lendemain de la défaite des républicains aux élections de mi-mandat du 7 novembre. Des sénateurs ont dit s'attendre à ce que Gates soit rapidement confirmé au Pentagone, en partie parce qu'ils tiennent à refermer le chapitre Rumsfeld.
Plusieurs sénateurs démocrates ont chaleureusement applaudi la "franchise" de Robert Gates. "C'est quelque chose qui faisait douloureusement défaut à prédécesseur", a notamment déclaré Hillary Clinton.
D'après agence
Retour MYTF1
Chargement en cours...




