Augusto Pinochet Molina, petit-fils de l'ex-dictateur chilien © TF1/LCIIl s'appelle Augusto Pinochet Molina. Il est petit-fils de l'ex-dictateur, et jusqu'à mardi, il était capitaine de l'armée chilienne. Mais lors des obsèques du général défunt, mardi à Santiago, le capitaine Augusto Pinochet Molina, prenant la parole sans autorisation, avait justifié le coup d'Etat militaire dirigé il y a 33 ans par son grand-père. Il avait qualifié ce dernier d'homme ayant "renversé un régime marxiste en pleine guerre froide". Il avait aussi critiqué les juges enquêtant sur les crimes de la dictature, estimant qu'ils étaient "plus en quête de renommée que de justice". Au petit-fils du général Pinochet, qui avait défendu le bilan de son grand-père, s'était violemment opposé celui d'un ex-chef de l'armée, assassiné par le régime, et qui était venu cracher sur le cercueil du dictateur...
Sanction immédiate pour le jeune Pinochet : "On lui a communiqué la gravité de sa faute et on l'a informé qu'il allait être congédié", a déclaré le commandant de l'armée. La présidente socialiste chilienne Michelle Bachelet avait elle-même réclamé des poursuites. La confrontation au beau milieu des obsèques a aussi fait les gros titres des journaux.
Plainte pour "sédition" et "non respect des devoirs militaires"
La presse a ainsi révélé mercredi que l'individu qui avait été évacué par la police lundi pour avoir craché sur le cercueil de Pinochet était Francisco Cuadrado Prats, 39 ans, petit-fils de l'ancien chef de l'armée, le général Carlos Prats, un fidèle d'Allende, assassiné en 1974 à Buenos Aires avec son épouse par la police de la dictature. Celui-ci, un artiste peintre, a confié au journal El Mercurio qu'il avait voulu venger ses grands-parents et que c'était "un crachat de mépris". Ironie de l'Histoire, c'est le général Prats, loyal au président socialiste Salvador Allende, qui avait conseillé au chef de l'Etat de nommer Pinochet à la tête de l'armée. Trois semaines plus tard, Pinochet s'emparait du pouvoir par les armes et un an après il faisait assassiner Prats et son épouse, Sofia Cuthbert, en pleine rue d'un quartier chic de Buenos Aires.
Mais après son exclusiuon de l'armée, la controverse Pinochet n'est sans doute pas close. Des avocats défenseurs des droits de l'homme ont déjà porté plainte contre l'ex-capitaine pour "sédition" et "non respect des devoirs militaires".
D'après agence
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