Pinochet : "Ce n'est pas ma faute"

Par D.H. (avec agence), le 17 décembre 2006 à 18h43 , mis à jour le 20 décembre 2006 à 17h35

Dans un entretien inédit enregistré en 99 et publié dimanche, l'ex-dictateur, mort il y a une semaine, nie avoir ordonné des assassinats et tortures.

[Expiré] [Expiré] augusto pinochet © AFP/M.Ugarte

Une semaine pile après la mort à 91 ans de l'ex-dictateur, le quotidien chilien La Tercera a publié dimanche les extraits d'une interview d'Augusto Pinochet enregistrée sur vidéo en mai 1999 à Londres. Il y affirme n'avoir "jamais" ordonné les assassinats, tortures et violations des droits de l'Homme commis par les militaires et les agents de son régime.

"Je n'ai jamais donné un ordre malintentionné. J'ai prescrit qu'aucune personne détenue ne soit soumise à une contrainte", déclare-t-il, rendant les agents subalternes de son régime responsables des plus de 3000 personnes tuées ou disparues sous la dictature, de 1973 à 1990. Si ces agents "ne m'ont pas suivi, ce n'est pas ma faute", affirme-t-il. "Quand j'apprenais qu'un type quelconque avait exercé des contraintes (sur des détenus), j'ouvrais une instruction et le traduisais en justice. Je ne pouvais tout de même pas les fusiller", argumente l'ex-dictateur au sujet de ses subordonnés.

"Il fallait être ferme" avec les opposants

Cet entretien avait été réalisé par l'historienne Patricia Arancibia Clavel, soeur d'Enrique Arancibia Clavel, un ancien agent de la police secrète chilienne (Dina) condamné en 2002 en Argentine à la prison à perpétuité pour l'assassinat en 1974 à Buenos Aires de Carlos Prats, un général chilien opposé au coup d'Etat du 11 septembre 1973 et fidèle au président Salvador Allende.

Dans l'interview, Pinochet explique qu'il a créé la Dina et nommé à sa tête le général Manuel Contreras car, à cette époque, "il fallait être ferme" avec les opposants. "A cette époque je n'avais pas de remords. Il fallait un homme courageux parce que ceux d'en face l'étaient encore davantage", a-t-il dit. Le général Contreras purge actuellement une peine de 12 ans de prison au Chili pour plusieurs cas d'opposants "disparus" sous la dictature. En 1995, il avait une première fois été condamné à sept ans de prison pour l'assassinat à Washington d'Orlando Letelier, ex-ministre des Affaires étrangères d'Allende.

Par D.H. (avec agence) le 17 décembre 2006 à 18:43
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3 Commentaires

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  • Gwan, le 17/12/2006 à 19h40

    Il est évident que l'on fait au général Pinochet un faux procès.Son coup d'état en 1973 a permis de sauver son pays de la banqueroute economiqe et sociale maladroitement organisée par le gouvernement Allende et Cuba.

  • Patou, le 17/12/2006 à 19h27

    Très facile de dire ce n'est pas moi c'est les autres.Il n'a pas eu le courage de reconnaitre ses crimes

  • Gui, le 17/12/2006 à 19h10

    A quand l'interview inédite d'Hitler expliquant qu'il n'y est pour rien si on a maltraité les déportés, qu'il ne voulait que les faire travailler dans des camps et que ce n'est pas de sa faute si on n'a pas suivi ses indications...

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