Bush prononçant son premier discours sur l'Etat de l'Union depuis la défaite électorale face aux démocrates © TF1/LCIGeorge W. Bush a lancé mardi au Congrès un vibrant appel à l'unité sur l'Irak dans son discours annuel sur l'état de l'Union, sans rien céder cependant sur une stratégie en rupture avec les attentes des Américains et de la nouvelle majorité démocrate. Plus impopulaire que jamais, menacé de paralysie politique face à un Parlement dominé depuis début janvier par ses adversaires démocrates, il s'adressait pour la première fois en six ans à une audience en majorité hostile à sa politique. Il a parlé à la tribune avec, dans son dos, le vice-président Dick Cheney, l'un de ses plus fervents serviteurs, et la présidente démocrate de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, l'une de ses plus farouches adversaires.
Le président américain a appelé le pays à donner à son nouveau plan pour l'Irak, contre lequel le Congrès est entré en rébellion, "une chance de fonctionner". Il a invoqué le "scénario cauchemardesque" d'un retrait prématuré des Américains d'Irak et la menace d'un conflit sur le sol irakien entre extrémistes chiites, soutenus par l'Iran voisin, et sunnites. D'où un nécessaire envoi de troupes supplémentaires et, par ricochet, le projet d'augmenter les effectifs de l'armée américaine à titre permanent... qui devrait coûter 70 milliards de dollars sur cinq ans, selon l'évaluation du général américain Stephen Speakes.
"L'Amérique n'a pas le droit d'échouer en Irak"
"Une contagion de la violence pourrait déborder du pays et finalement toute la région pourrait être entraînée dans le conflit. L'Amérique n'a pas le droit d'échouer en Irak, parce que vous comprenez que cela aurait des conséquences funestes et de grande ampleur", a estimé Bush dans son discours pour justifier ces nouveaux sacrifices. Et il a tendu la main aux démocrates, leur proposant de se joindre à ses amis républicains dans un "conseil consultatif spécial". Afin de "partager des idées" sur la guerre et "montrer à nos ennemis que nous sommes unis dans notre volonté de victoire", a-t-il dit.
Dans le même esprit, il leur a offert de travailler ensemble à des initiatives de politique intérieure, comme la réduction de 20% sur dix ans de la consommation d'essence des Américains. Soucieux de montrer qu'il n'est pas voué à l'isolement, voire à l'inaction par la guerre en Irak et la cohabitation avec un Congrès hostile pour ses deux dernières années de mandat, il a insisté sur les domaines dans lesquels une entente lui semble possible : énergie, santé, immigration et éducation. Mais il a défendu sa décision vivement contestée de dépêcher 21.500 soldats supplémentaires pour empêcher l'Irak de sombrer dans le chaos, estimant qu'elle représentait "la meilleure chance de succès".
Une enquête pour le quotidien Washington Post et la chaîne ABC indique que 70% des Américains réprouvent la politique irakienne de Bush et 66% le renforcement du contingent américain. Selon le même sondage, 33% seulement des Américains approuvent et 65% désapprouvent l'action de Bush en général, ainsi revenu à la cote de popularité la plus basse de sa présidence.
D'après agence
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