Soldats américains en Irak © TF1/LCIUn rapport de l'armée américaine sur le drame d'Haditha, où 24 civils irakiens ont été tués en 2005, révèle la confusion et la rage des Marines accusés des meurtres. Publié ce week-end par le Washington Post, il compile des centaines de témoignages de soldats américains et irakiens, ainsi que de civils survivants. Et il montre notamment que les Marines, sous le feu d'une attaque, n'ont pas respecté leurs règles d'engagement.
Le 19 novembre 2005, alors qu'un petit groupe de Marines escortaient des soldats irakiens, une bombe artisanale explosait sous l'un des véhicules, tuant le conducteur sur le coup, un membre de leur unité. Le convoi stoppé par l'attaque subissait aussitôt des tirs. Les soldats américains arrêtaient alors un taxi qui arrivait dans l'autre sens, obligeant son conducteur et ses quatre passagers désarmés à sortir.
Selon des témoins, le sergent Frank Wuterich les a alors abattus un par un, à bout portant, puis un autre Marine a tiré plusieurs salves sur les corps à terre. Les Marines "agissaient comme des fous. Ils criaient et hurlaient", a témoigné le sergent Asad Amer Mashoot, l'un des soldats irakiens présents dans le convoi.
"Tirer d'abord et poser les questions après"
Les soldats américains ont ensuite pénétré dans plusieurs maisons, attaquant les pièces à la grenade avant de les balayer à l'arme automatique, tuant de nombreux civils, parmi lesquels 4 femmes et 6 enfants. "Je leur ai dit de tirer d'abord et de poser les questions après", a témoigné le sergent Wuterich, interrogé par les enquêteurs en février 2006, en expliquant que des insurgés se cachaient dans ces maisons. Les règles d'engagement des Marines recommandaient alors pourtant de limiter au maximum les "dégâts collatéraux".
Le sergent Wuterich a été inculpé le mois dernier de 12 meurtres. Agé de 26 ans, il risque la réclusion criminelle à perpétuité. Trois autres soldats ont été inculpés de meurtres, et quatre autres pour n'avoir pas fourni un rapport exact des événements ou pour ne pas avoir correctement enquêté après le drame.
Selon le Washington Post, le rapport de l'armée conclut que l'encadrement militaire a été rapidement informé du drame mais les officiers intermédiaires ont estimé que les Marines avaient agi de manière appropriée, et les officiers supérieurs n'ont eu que des informations partielles. Un mois après le drame, l'armée a versé 38.000 dollars de dommages aux familles des civils tués dans deux des maisons, en expliquant que le drame n'aurait jamais eu lieu si les insurgés n'avaient pas tiré depuis ces maisons. Mais aucune enquête n'a été diligentée avant qu'un journaliste du magazine Time ne vienne poser des questions après avoir reçu une vidéo tournée par des Irakiens le lendemain du drame.
D'après agence
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