© AFP/A. Al-SaadiUn cap symbolique a été franchi ce week-end : selon les chiffres du Pentagone, 3003 soldats américains sont morts en Irak depuis l'invasion du pays en mars 2003. A ces victimes, il faut ajouter 22.100 blessés. Alors que seulement 139 soldats étaient morts pendant l'invasion de l'Irak proprement dite, du 19 mars au 30 avril 2003...
L'annonce de ce bilan intervient alors que George W. Bush a commencé à remanier son équipe de conseillers et de généraux sur l'Irak et doit annoncer mercredi sa nouvelle stratégie dans un pays en proie à des violences confessionnelles qui, selon les Nations Unies, font plus de 100 morts civils par jour depuis l'été. Le président devrait annoncer un renfort pour les 132.000 soldats américains déjà stationnés en Irak, dans l'objectif de réduire la violence entre communautés, sécuriser Bagdad et obtenir la stabilité politique qui permettra aux troupes de rentrer au pays. Les chiffres varient toutefois fortement selon les médias. CBS News, citant des sources militaires américaines, a affirmé que Bush s'apprêtait à annoncer l'envoi de 9000 hommes, 11.000 autres restant en alerte au Koweit et aux Etats-Unis. Pour sa part, CNN a annoncé que Bush cherchait à envoyer de 20.000 à 40.000 hommes et que l'annonce pourrait en être faite en début de semaine.
"On n'a jamais eu suffisamment de troupes en Irak"
Mais une telle annonce, attendue, ne suscite guère l'adhésion. Toute décision d'augmenter le nombre des forces américains risque de rencontrer l'opposition des démocrates, de certains républicains influents et même de la hiérarchie militaire. Le chef de la majorité démocrate au sénat, Harry Reid, a ainsi réaffirmé samedi l'opposition de son parti à l'envoi de renforts, estimant qu'il était temps au contraire de commencer le rapatriement des forces américaines.
Quant à l'ancien commandant des forces de l'Otan au Kosovo, le général Wesley Clark, il a estimé dimanche que l'envoi de troupes en Irak ne serait "pas suffisante", arriverait "trop tard". "On n'a jamais eu suffisamment de troupes en Irak", écrit dans le journal britannique, l'Independent on Sunday, le général Clark qui fut le commandant en chef des forces de l'Otan de 1997 à 2000. "Au Kosovo, on avait 40.000 hommes pour une population de deux millions. En Irak, la proportion appellerait une force d'au moins 500.000 hommes, aussi ajouter 20.000 hommes de plus ce n'est pas assez et c'est trop tard". Il y a pire, estime le militaire : "l'envoi de plus de troupes fragiliserait les forces américaines, saperait encore plus leur moral et ferait courir le risque de s'aliéner davantage la population irakienne".
D'après agence
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