© AFP/M. LongariLes primaires ne commenceront que dans un an, pour un scrutin présidentiel programmé en novembre 2008. Pourtant, la course à la Maison-Blanche est bel et bien lancée outre-Atlantique. Mardi, le plan de bataille de Rudolph Giuliani, probable candidat à l'investiture républicaine, se retrouvait dans la presse, après que l'ancien maire de New York l'a oublié dans un hôtel (lire notre article).
Dans l'autre camp, c'est désormais Barack Obama qui se trouve dans la ligne de mire. Le sénateur noir démocrate de l'Illinois, âgé de 45 ans, est LA star montante de la politique américaine. Même s'il n'a pas annoncé officiellement sa candidature aux primaires, ses dernières interventions ne laissent plus planer trop de doute sur la question. Les sondages montrent d'ailleurs qu'il est l'un des mieux placés pour représenter son camp, après Hillary Clinton.
"Junkie"
Et les premières attaques se basent sur un livre publié il y a onze ans. Dans Les rêves de mon père, un ouvrage publié après qu'il a été le premier noir à devenir rédacteur à la Harvard Law Review (publication juridique d'Harvard), Barack Obama confessait notamment avoir consommé de la marijuana et surtout de la cocaïne -mais pas d'héroïne- lorsqu'il était lycéen puis étudiant. A l'époque, le livre n'avait été tiré qu'à 20 000 exemplaires. Depuis, surfant sur la popularité de son auteur, élu pour la première fois au Sénat en 2004, il s'en est écoulé 800 000 copies.
D'où la question qui se pose désormais : cette naïve "confession", faite avant qu'il ne commence réellement sa carrière politique, pourrait-elle nuire à sa future campagne présidentielle ? "Je pense que le pays cherche un homme ouvert, honnête et candide sur lui-même plutôt que quelqu'un qui a le nez rivé sur les sondages et les groupes d'opinion", estime son porte-parole, interrogé par le Washington Post. "Qui va jeter la première pierre ?", s'inquiète cependant Anita Dunn, son ancienne conseillère.
Clinton et Bush aussi
A bien y regarder, de vieux routiers de la politique américaine affirment que les dégâts pourraient être minimes. "Les électeurs démocrates sont typiquement assez ouverts d'esprit sur ce genre de sujets et donc plus compréhensifs sur l'usage de drogues. D'autant que c'est de l'histoire ancienne", relève Rhodes Cook, un analyste indépendant.
D'ailleurs, en 1992, la confession de Bill Clinton sur sa consommation de marijuana et sa célèbre formule "mais je n'avais pas inhalé" ne l'avait pas empêché de gagner la présidentielle. Tout comme l'aveu fait par George W. Bush de son passé d'ancien alcoolique. Au contraire, sa rédemption avait été appréciée par une large partie de l'électorat conservateur.
Les démocrates s'installent au Congrès |
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