26 agents de la CIA renvoyés devant la justice

le 16 février 2007 à 15h46 , mis à jour le 16 février 2007 à 16h13

Les agents sont poursuivis pour l'enlèvement à Milan, le 17 février 2003, de l'ex-imam égyptien Abou Omar, soupçonné de terrorisme.

TF1/LCI - L'ex-imam égyptien Abou Omar, enlevé à Milan par la CIA en 2003L'ex-imam égyptien Abou Omar, enlevé à Milan par la CIA en 2003 © TF1/LCI

Un juge italien a décidé vendredi de renvoyer devant le tribunal de Milan 26 agents de la CIA poursuivis pour l'enlèvement en Italie d'un ex-imam égyptien en 2003. La décision concerne aussi le général Nicolo Pollari, ancien chef des services de renseignement militaire italiens (SISMI), limogé en novembre pour son implication dans cette affaire.

Il figure sur la liste des accusés aux côtés, entre autres, des anciens responsables de la CIA en Italie, les Américains Jeff Castelli et Robert Seldon Lady, ou de l'ancien numéro 2 du SISMI, Marco Mancini. Le procès, sans précédent en Europe en ce qui concerne le nombre d'agents américains renvoyés devant la justice, débutera le 8 juin et il se déroulera par contumace en ce qui concerne les citoyens américains. Selon la presse italienne, la majorité des 26 agents a agi sous de faux noms et se trouve actuellement aux Etats-Unis.

Soupçonné de terrorisme, l'ex-imam égyptien Abou Omar avait été enlevé le 17 février 2003 à Milan par un commando de la CIA aidé par des agents italiens. Conduit à la base américaine d'Aviano, dans le Nord-Est de l'Italie, il avait été transféré en Egypte après le rapt, où il avait été incarcéré et affirme avoir subi des tortures. Relâché dimanche par les autorités égyptiennes, il a annoncé son intention de porter plainte contre Silvio Berlusconi pour obtenir dix millions d'euros de dommages-intérêts "pour son implication dans l'enlèvement en tant que chef du gouvernement (à l'époque des faits) et pour avoir permis à la CIA de le capturer".

Violation du secret d'Etat

L'enlèvement d'Abou Omar est l'un des cas dénoncés par le rapporteur du Conseil de l'Europe Dick Marty dans son étude sur les vols secrets de la CIA. Un mandat d'arrêt européen a été émis contre les 26 Américains mais la demande d'extradition adressée aux Etats-Unis est toujours sur le bureau du ministre italien de la Justice, seul autorisé à la transmettre. Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a fait comprendre qu'il suivrait la politique de son prédécesseur dans ce domaine et s'abstiendrait de demander l'extradition des agents américains pour ne pas tendre davantage les relations avec les Etats-Unis.

Le renvoi en justice des membres du SISMI risque également de faire long feu, le gouvernement italien ayant déposé un recours devant la Cour constitutionnelle contre le parquet de Milan, accusé d'avoir violé le secret d'Etat dans cette affaire en exploitant les écoutes téléphoniques des agents du SISMI. Si la Cour déclare ce recours admissible, le procès pourrait être suspendu dans l'attente d'une décision sur le fond. Ensuite, une décision de la Cour favorable au gouvernement aurait pour effet d'annuler la majeure partie des documents qui fondent l'accusation, rendant quasiment impossible la tenue du procès.

Trente-trois personnes au total ont été renvoyées devant la justice, deux des 35 accusés ayant négocié leur peine : six mois de prison transformés en amende pour un journaliste et un an et neuf mois de prison contre un carabinier.

D'après agence

le 16 février 2007 à 15:46
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