Soldats américains en Irak © TF1/LCIUn soldat américain, Paul Cortez, a été condamné jeudi par une cour martiale du Kentucky à 100 ans de prison pour avoir participé au viol et au meurtre d'une jeune fille irakienne de 14 ans et de trois membres de sa famille. Le sergent, âgé de 24 ans, avait choisi de plaider coupable des chefs d'inculpation qui pesaient contre lui, parmi lesquels assassinat, viol, association de malfaiteurs, obstruction à la justice, incendie criminel, afin d'éviter d'être condamné à mort. En pleurs, il a témoigné avant sa condamnation devant les membres de la prestigieuse 101e division aéroportée à laquelle il appartenait. Et devant, ses deux frères et ses parents, il a martelé : "Je vous aime, je suis désolé pour ce que j'ai fait".
En novembre, un autre soldat américain, James Barker, 23 ans, qui avait également plaidé coupable dans cette affaire, avait écopé d'une peine de prison à perpétuité. Trois autres hommes sont accusés d'avoir participé à la même équipée sauvage que ces deux hommes dans la nuit du 11 au 12 mars à Mahmoudiyah, à 30 km au sud de Bagdad. Ces trois hommes, parmi lesquels Steven Green, considéré comme le meneur du groupe et poursuivi devant une cour fédérale parce qu'il n'est plus soldat, risquent la peine de mort. Les soldats Jesse Spielman et Bryan Howard doivent quant à eux comparaître devant une cour martiale.
Le récit du drame
La nuit du drame, les cinq hommes, alors tous membres de la 101e division aéroportée, se sont rendus, habillés de vêtements sombres qu'ils ont ensuite brûlés, chez une jeune fille repérée quelques jours plus tôt. Selon l'accusation, Steven Green a immédiatement tué son père, sa mère et sa petite soeur. Avec James Barker et un autre soldat, il a ensuite violé l'adolescente puis l'a abattue de plusieurs balles. Les soldats ont alors tenté de brûler le corps de la jeune fille pour effacer les traces du viol. Cortez a raconté à l'audience avoir décidé que la jeune fille, Abeer Kassem Hamza al-Janabi, "était un bon plan pour une relation sexuelle avec une femme irakienne", car son père était le seul homme qui se trouvait alors dans la maison.
Le quadruple meurtre, d'abord attribué à des milices irakiennes puis révélé lors d'un "debriefing sur le stress au combat", a soulevé l'indignation aux Etats-Unis comme en Irak, où le Premier ministre Nouri al-Maliki a demandé que son gouvernement soit associé à l'enquête et souhaité la fin de l'immunité accordée aux soldats américains. Quatre autres soldats de la 101e division aéroportée sont aussi poursuivis pour avoir abattu trois prisonniers irakiens en mai lors d'un raid au nord de Bagdad. Deux ont été condamnés, l'un à neuf mois de prison, l'autre à 18 ans.
D'après agence
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